La Prière de Paul Pellisson « Ô Sainte Trinité, il n'appartient qu'à Vous de réunir au grand et véritable Corps des Chrétiens tous ceux qui Vous adorent et Vous invoquent » :

« Mais c'est Vous, Père Eternel, Père des Miséricordes, qui commencez et qui finissez en nous Votre propre Ouvrage. Fils éternel, Fils bien-aimé, c'est Vous qui par Amour pouvez tirer toutes choses au Père et à Vous. Esprit Eternel et Saint, c'est Vous qui touchez les esprits. Unité que nous adorons en la Trinité, il n'appartient qu'à Vous de réunir au grand et véritable Corps des Chrétiens tous ceux qui Vous adorent, et qui Vous invoquent. Pour les péchés des hommes, Seigneur, Vous avez justement affligé votre Eglise de tant de schismes. Veuillez la consoler pour l'honneur de votre Nom même. Le grand Roi que Vous nous avez donné, comblé de tant de bénédictions, couronné de tant de gloire, fait Sa plus grande Gloire pourtant de n'être que votre Image. Que Ses soins et Ses travaux ne soient aussi qu'une légère image des Vôtres. Qu'on Vous reconnaisse, qu'on Vous obéisse en Lui, d'une obéissance véritable et sincère. Pasteur des pasteurs, ne courrez-vous point après ces brebis égarées, soit qu'elles Vous layent, soit qu'elles Vous cherchent ; et que deviendra cette Bonté infinie qui Vous a fait mettre jusqu'à votre Vie pour elles ? Encore que tout le troupeau ne puisse vivre sans Vous, si Vous écoutez ses voeux et ses souhaits, Vous le quitterez plutôt que d'abandonner celles qui périssent. Fortifiez, Seigneur, ce qui est infirme, guérissez ce qui est malade, rétablissez ce qui est démis ou rompu, rapportez sur vos épaules ce qui n'est pas en état de Vous suivre. Vos entrailles ont été émues de compassion, quand Vous avez vu une grande multitude errante après Vous au désert, comme brebis sans pasteur, prête à défaillir en chemin, si on la renvoyait sans nourriture. Vos Apôtres doutaient ; mais cinq pains se sont multipliés entre vos Mains pour se partager à cinq mille personnes, et demeurer néanmoins en plus grande abondance qu'auparavant. Pain descendu du ciel, Pain du ciel, Pain de vie, Pain vivant, il ne Vous est pas plus difficile de Vous multiplier Vous-même pour la nourriture de Vos fidèles, sans qu'il y ait aucun changement en Vous. Que le cœur de nos Frères brûle en eux, quand Vous leur expliquerez les Ecritures qu'ils croyent entendre, et n'entendent pas. Obligez-les de Vous désirer, afin qu'ils Vous forcent de demeurer avec eux. Que leurs yeux soient ouverts à la fin pour Vous reconnaître en la fraction du pain ; et que tous ensemble, en ces sacrés symboles d'union et de paix, ou plutôt en Votre propre Corps, et en Votre propre Sang, nous ne soyons qu'un avec Vous, comme Vous n'êtes qu'un avec Votre Père céleste. Amen. »

Paul Pellisson (1624-1693)

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