Le Mercredi des Cendres : l'imposition des Cendres, par où l'Eglise commence le Saint temps de Carême, est une cérémonie vénérable par son antiquité. Dès les premiers siècles du Christianisme, on imposait en ce jour les Cendres aux pécheurs condamnés à la pénitence publique. Les saints Prophètes et les plus anciens Patriarches ont souvent témoigné leur douleur d'avoir péché contre Dieu, et leur repentir, en se revêtant d'un cilice et en se couvrant la tête de poussière et de cendres ; et Notre Seigneur Lui-même nous représente cette action comme un symbole de pénitence, lorsqu'il reproche aux villes incrédules de la Judée de n'avoir pas fait pénitence dans le cilice et dans la cendre. Cette cérémonie est encore pour nous comme un emblème et un souvenir de la mort ; aussi l'Eglise, en répandant sur notre front la poussière et la cendre, nous invite solennellement à ne pas oublier notre mortalité ; et de peur que les enchantements du monde ne nous fassent perdre de vue la honte de notre première origine ct l'humiliation de notre dernière fin, elle va même jusqu'à adresser à chacun de nous la terrible sentence prononcée par Dieu contre Adam prévaricateur : « Ô homme ! Souviens-toi que lu es poussière et que tu retourneras en poussière ».

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La Prière de M. l’Abbé Dupanloup « Cendre et poussière en ta naissance et en ton cercueil » :

« Où prends-tu ta fière arrogance,
Ô mortel ! D’où vient ton orgueil ?
Cendre et poussière en ta naissance,
Cendre et poussière en ton cercueil.

Ah ! Ne perds jamais la mémoire
De ce jour où tu dois finir ;
On foule aux pieds la fausse gloire
En rappelant ce souvenir.

Laisse là le soin des richesses,
Qui le vient sans cesse agiter ;
En vain pour elles tu t'empresses,
Il les faudra bientôt quitter

Les plaisirs flattent ton envie,
Leur douceur séduit aisément ;
Mais souviens-toi qu'avec la vie
Ils passeront dans un moment.

Où sont-ils ces foudres de guerre,
Qui faisaient trembler l'univers ?
Ce n'est plus qu'un peu de poussière,
Restes qu'ont épargné les vers.

Fuis loin de moi, vaine parure,
A mes yeux tu n'as plus de prix :
Pour ce corps, triste pourriture,
Je dois n'avoir que du mépris.

Puisqu'au monde il n'est rien de stable,
Que tout passe et fuit à nos yeux,
Si nous voulons un bien durable,
Ne le cherchons que dans les deux.

Ainsi soit-il. »

Mgr Félix Philibert Dupanloup (1802-1878) - « Manuel des Catéchismes » p. 170-171

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Voir également de Mgr Félix Dupanloup :
La Prière de Mgr Félix Dupanloup « Ô Mère de douleur, souffrez donc que nous Vous appelions notre Mère »
La « Prière pour la conversion des hérétiques, des infidèles et de tous les pécheurs » de Mgr Félix Dupanloup
La « Prière du Catéchiste » de Mgr Félix Dupanloup
La Prière de Mgr Dupanloup pour la Toussaint « Ô grands Saints, que la Grâce qui a triomphé en Vous se fasse sentir à nos âmes ! »
La Prière de Mgr Félix Dupanloup devant le Saint Sacrement « Ô mon Jésus, je suis désormais à Vous sans partage »
La Prière de M. l’Abbé Dupanloup pour le Mercredi des Cendres « Cendre et poussière en ta naissance et en ton cercueil »