La Prière de François Coppée « Ma Mère, intercédez donc pour moi, s’il Vous plaît » :

« Prenant le chapelet qui s’use sous mes doigts,
Ce soir, j’ai récité l’Ave dix fois, vingt fois.
Ayant péché, j’étais d’une tristesse amère.
Mais, simplement, ainsi qu’un fils devant sa mère,
Mains jointes, à genoux, les yeux mouillés de pleurs,
J’ai répété : « Priez pour nous, pauvres pécheurs ! »
Et dans mon cœur je sens la paix renaître.
Je crois, j’espère en Dieu, je sais qu’il est un maître
Miséricordieux, bon, clément, paternel.
Pourtant il est aussi, sur son trône éternel,
Mon juge, et quand je songe à ma vie, il me semble
Que je suis bien souillé, bien coupable, et je tremble.

Oui, mais la Bonne Vierge est là, qui me défend.

Souvenez-vous. Jadis, quand vous étiez enfant
Et, pour vous châtier de quelque grave faute,
Quand le père irrité se levait, la main haute,
Votre mère arrêtait le bras prêt à frapper.

Or, dans le saint récit qui ne peut nous tromper,
Jésus-Christ sur la croix, montrant Jean à Marie,
Lui dit : « Voilà ton fils ! » C’est pourquoi je la prie,
À l’heure de la mort, d’implorer mon pardon.
Car, quand Jésus lui fit ce mystérieux don,
Il lui léguait ainsi l’humanité chrétienne
Tout entière, et ta mère, ô Seigneur, est la mienne.

Ma Mère, intercédez donc pour moi, s’il Vous plaît.
Dans le creux de ma main, je vois mon chapelet,
Et, pour moi, ses grains noirs sont comme une semence
Qu’avec un grand espoir je jette au ciel immense.
Chaque Ave va bientôt, miracle merveilleux !
S’épanouir aux pieds de la Reine des Cieux
Et, suave parfum, ma prière fleurie
Montera doucement vers la Vierge Marie ».

Ainsi soit-il.


François Coppée (1842-1908)

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Voir également de François Coppée :
Le Poème de François Coppée « Ils veulent, à présent, par leurs iniques lois, éloigner nos enfants du Dieu né dans l’étable »
La Prière de François Coppée à réciter en égrenant son chapelet « Ma Mère, intercédez donc pour moi, s’il Vous plaît »