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La Prière de M. l’Abbé Jean-Baptiste Pagani « Ô bon Jésus, dites au moins une Parole qui me rende digne d'une telle Faveur » :

« Agneau immaculé, sacrifié pour nous sur la Croix, rappelez-Vous que je suis une de ces âmes que Vous avez rachetées par Vos grandes douleurs et par Votre mort. Faites, Seigneur, que je sois tout à Vous, de même que Vous voulez être tout à moi aujourd'hui par la Très Sainte Communion. Je me donne tout à Vous, afin que Vous fassiez de moi ce que Vous voudrez. Je Vous offre ma volonté ; enchaînez-la par les doux liens de votre Amour, afin qu'elle soit pour toujours soumise à Votre très sainte Volonté. Je ne veux plus vivre pour satisfaire mes désirs, mais pour contenter Votre bonté. Détruisez en moi tout ce qui Vous déplaît ; faites que ma pensée ne s'arrête, ne se fixe que sur les choses qui Vous plaisent. Je Vous aime, mon cher Sauveur, de toute la force de mon cœur, et je souffre de ne pouvoir Vous aimer autant que Vous le méritez. Venez, ô mon bien-aimé Seigneur, venez en mon âme, qui Vous désire; je ne veux pas que ma misère me décourage, m'abatte et me tienne éloigné de Vous ; elle m'excite, au contraire, à venir pour Vous recevoir, afin que Vous m'en délivriez par Votre grâce. Je Vous loue, cher Jésus, Vous rends grâce, Vous chéris. Oui, je Vous aime de toute mon âme, et avec toutes mes affections. Faites, Seigneur, que je continue à Vous aimer pendant la vie et dans l'éternité. Quand je pense à toutes les offenses que je Vous ai faites, ô cher Jésus, je reste en votre Présence en proie à la honte et à la confusion. Hélas ! Peccavi in coelum et coram te ! J'ai péché de la manière la plus impie, la plus criminelle. Non sum dignus vocari filius tuus : Je ne mérite pas même le nom de Votre fils, ce serait déjà trop pour moi de compter au nombre de Vos esclaves les plus dévoués ; et cependant Vous me conviez à un banquet sublime ; Vous faites descendre du Ciel la musique des Anges et des Séraphins qui viennent fêter l'heureux jour où je Vous reçois dans mon sein ; Vous ouvrez pour me ranimer les Plaies de votre Cœur. Ô cher Père ! Ô cher Jésus ! Pourquoi ne suis-je pas tombé mort à Vos pieds de la douleur de Vous avoir offensé ? Pourquoi n'ai-je pas été frappé de la foudre, avant de pécher contre Vous. Je Vous ai trop offensé, Seigneur, trop outragé; désormais, je préférerai mille fois mourir que de Vous offenser encore. Mais Vous savez bien, Seigneur, et je le sais trop moi-même par une funeste expérience, combien peu je puis me fier à mes résolutions ; fortifiez-les donc par votre Grâce puissante, et lorsque Vous verrez que je suis sur le point d'abuser des sentiments du corps ou des puissances de l'âme, privez-moi du pouvoir de Vous offenser ; dépouillez-moi de cette force ; privez-moi de la santé de la vie même plutôt que de me laisser retomber dans le péché. Hélas ! Qu’il ne m'arrive plus de Vous outrager, Vous qui êtes mon unique bien. Purifiez-moi avec les flammes de Votre ardent Amour, embrasez-moi, brûlez mon cœur, afin qu'il ne se sépare plus de Vous dans l'éternité. Ô divine douceur de cette Union ! Ô charité de mon Jésus ! Ô suavité d'amour ! Ô Substance délicieuse ! Ô Sacrement auguste ! Miel céleste ! Ô Vous l'objet de tous mes vœux ! Je Vous vois venir vers moi, accompagné des Anges qui forment Votre cour, pour m'honorer de Votre très affectueuse Visite. Que daignez-Vous donc faire, ô mon Jésus, mon Bien ? Mérité-je que Vous entriez dans la demeure de mon âme ? Dites au moins une Parole qui me rende digne d'une telle Faveur. Seigneur, je ne suis pas digne de ce précieux honneur ; mais je sais que Votre bonté est infinie. Je ne mérite pas de Vous avoir pour hôte dans mon âme impure, et cependant je n'hésite pas à accepter cette Grâce ; parce que Vous avez dit que Vous trouviez Vos délices à habiter parmi les fils des hommes. Venez donc, ô mon aimable Seigneur, et remplissez en moi l'objet de Votre venue. Je suis un misérable, mais votre Bonté m'empêche de regarder ma misère. Venez dans mon âme pour la sanctifier ; prenez possession de mon cœur, et purifiez-le ; pénétrez dans mon corps, et gardez-le ; ne me séparez plus de votre Amour; détruisez, ô bon Jésus, tout ce que Vous voyez en moi de contraire à Votre saint Amour ; habitez en mon âme, afin qu'elle ne devienne pas entièrement indigne de Vous recevoir. Ô Mère du Rédempteur, Vous qui la Première de toutes les créatures, Le reçûtes dans Vos entrailles vierges, ayez compassion d'un pauvre pécheur ; priez pour moi, afin que je reçoive dignement Votre divin Fils, que je L'embrasse avec un amour parfait, que mon âme soit selon son Cœur, toujours prête à exécuter Sa sainte Volonté ».

Ainsi soit-il.


R. P. Giovanni Battista Pagani (1806-1860) – « L'âme dévote à la Très Sainte Eucharistie », p. 69-72, chez Delsol (1843)


Voir également de l’Abbé Giovanni Battista Pagani :
La Prière de l’Abbé Pagani avant la Sainte Communion « Venez, ô bon Jésus, dans mon âme qui Vous désire »
La Prière de l’Abbé J-B Pagani « Que je sois consolé, ô bon Jésus, par une de Vos pieuses Visites dans l'instant de mon agonie mortelle »
La Prière de M. l’Abbé Jean-Baptiste Pagani avant de recevoir la Sainte Communion « Ô bon Jésus, dites au moins une Parole qui me rende digne d'une telle Faveur »