Le concile de Trente dit que l'homme peut recevoir la Communion de trois manières : la première, par le Sacrement seul ; la seconde, par l'esprit seulement ; la troisième, sacramentellement et spirituellement à la fois.

La première manière est celle des perfides qui communient en état de péché mortel, comme fit Judas ; la troisième est celle de ceux qui communient en Grâce ; la seconde est celle de ceux qui ne pouvant recevoir sacramentalement le Corps du Seigneur, Le reçoivent en esprit, par les actes de vive foi, d'ardente charité et d'ardent désir de s'unir à Jésus sacramentel, par lesquels ils participent aux fruits du divin Sacrifice.

De grands Trésors de Grâce sont renfermés dans cette Communion spirituelle que les chrétiens pratiquent si peu de nos jours ; elle est si utile, qu'elle peut quelquefois produire les mêmes Grâces que la Communion Sacramentale, et de plus grandes encore. Car, si elle est accompagnée d'un vif et ardent désir de s'unir à Jésus, elle est plus agréable au Cœur de Dieu qu'une foule de Communions réelles accomplies avec tiédeur, non par la faute du Sacrement, mais de ceux qui Le reçoivent froidement. Notre Sauveur Jésus-Christ chérit tant cette manière spirituelle de communier, qu’Il s'est complu souvent à exaucer, par des miracles visibles, les pieuses demandes de Ses serviteurs, soit les communiant de Ses propres mains, comme cela arriva à la Bienheureuse Claire de Montfaucon, à Sainte Catherine de Sienne et à Sainte Liduina ; soit de la main des Anges, comme il arriva à Saint Bonaventure et à Saint Stanislas Kostca ; soit des mains de Sa tendre Mère, comme il fut accordé au Bienheureux Sylvestre. Et vous ne devez pas être étonné de ces amoureuses Grâces, car la Communion Spirituelle enflamme d'Amour divin l'âme qu'elle unit ainsi à Dieu, et la dispose à recevoir de Lui les Faveurs les plus signalées.

Or, vous pouvez faire ces Communions Spirituelles au moins une fois par jour, à votre convenance, et avec une préparation réfléchie, afin qu'elle s'accomplisse avec toute la dévotion possible, et qu'elle soit utile, complétant en quelque sorte les effets de la Communion Sacramentelle. Le temps le plus propice pour cet acte de sainte Piété est celui de la Messe, ou de la Visite à Jésus dans le Sacrement de l'autel.

Faites alors un Acte de Contrition, afin de purifier la demeure de votre cœur, où vous invitez votre Seigneur à venir se reposer ; puis, ravivez votre foi en la Présence de Jésus-Christ dans le divin Sacrement.

Considérez la Grandeur et la Majesté de ce Dieu qui se tient caché sous le voile des Accidents Eucharistiques ; concevez ce grand Amour et cette Bonté infinie qui Lui font supporter sans peine, et même désirer ardemment de s'unira vous ; éclatez en désirs affectueux, mêlés d'humilité et de désirs d'humiliation, en vue de votre propre indignité et de l'Amabilité infinie de votre Seigneur. Puis, voyant que vous ne pouvez vous unir réellement à Lui par le moyen de la Communion Eucharistique, abandonnez-vous à des élans d'affection intérieure ; unissez-vous à Dieu par les liens d'un Amour mystique, paisible et calme. Imaginez-vous que Marie Très Sainte, ou quelque Saint avocat, vous présente la Particule sacrée ; figurez-vous que vous La recevez, et embrassez Jésus-Christ dans votre cœur, et répétez, avec des transports d'ardente affection, ces paroles :

La Prière de M. l’Abbé Jean-Baptiste Pagani sur la Communion Spirituelle « Ô mon Jésus, venez dans ce pauvre cœur qui Vous désire » :

« Venez, ô mon Jésus, venez dans ce pauvre cœur qui Vous désire ; venez apaiser mes brûlants désirs ; venez et sanctifiez mon âme ; venez, ô très doux Jésus, venez dans mon sein ».

Ainsi soit-il.


Après avoir prononcé cette invocation, renfermez-vous en vous-même et considérez, silencieuse, avec les yeux de la foi, votre Dieu qui est tout Bonté ; enfin, éclatez en élans d'amour, de reconnaissance et de louanges ; demandez-Lui les Grâces dont vous savez que vous avez un plus grand besoin, et faites les mêmes actes que vous avez coutume de faire après la Très Sainte Communion. En agissant ainsi, vous retirerez de cette Communion Spirituelle, non seulement une utilité présente, mais encore un grand avantage pour l'avenir, parce qu'elle vous disposera admirablement à la dévotion nécessaire pour vous nourrir réellement à la Table sainte du Corps très saint du Rédempteur.

Ainsi, de même qu'un bois qui se maintient à une température élevée est plus disposé à s'enflammer en s'approchant du foyer ; de même un cœur qui se maintient dans un état d'amoureuse ardeur pour Jésus, est tout disposé à s'enflammer, en s'approchant de cette Fournaise d'amour qui brûle toujours dans le divin Sacrement.


R. P. Giovanni Battista Pagani (1806-1860) – « L'âme dévote à la Très Sainte Eucharistie », p. 405-408, chez Delsol (1843)


Voir également de l’Abbé Giovanni Battista Pagani :
La Prière de l’Abbé Pagani avant la Sainte Communion « Venez, ô bon Jésus, dans mon âme qui Vous désire »
La Prière de l’Abbé J-B Pagani « Que je sois consolé, ô bon Jésus, par une de Vos pieuses Visites dans l'instant de mon agonie mortelle »
La Prière de M. l’Abbé Jean-Baptiste Pagani avant de recevoir la Sainte Communion « Ô bon Jésus, dites au moins une Parole qui me rende digne d'une telle Faveur »
La Prière de M. l’Abbé Jean-Baptiste Pagani sur la Communion Spirituelle « Ô mon Jésus, venez dans ce pauvre cœur qui Vous désire »