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La Prière du Révérend Père Monsabré à la Sainte Trinité « Ô Trinité sainte, ayez pitié de ma misère ! » :

« Ô Trinité sainte ! Père, Fils et Saint-Esprit, ayez pitié de ma misère ! Ne laissez pas mon âme abandonnée dans la patrie des ombres ; mais appelez-moi un instant vers votre inaccessible Lumière, et faites-moi entrevoir de loin les merveilles de votre Vie. Vous êtes fécond, ô mon Dieu, Vous l'êtes depuis les siècles des siècles et à jamais ; Votre fertile nature ne peut ni se passer ni se lasser de produire. Toute vie, quand elle n'est pas condamnée par des influences ennemies à une perpétuelle stérilité, toute vie ici-bas hésite avant de porter son fruit. La plante essaye ses forces dans un germe, se développe petit à petit, et n'envoie que des gouttes lentes et timides au bourgeon qui se dégage, s'entr'ouvre et s'épanouit en fleur. La fleur attend les baisers du soleil et les caresses de la brise pour célébrer son mystérieux hyménée. Le fruit patient laisse passer sur lui les saisons. Moins rapide encore, l'homme traverse les nombreuses années de son enfance et de son adolescence avant de pouvoir aspirer aux honneurs de la paternité. Qu'il est long à venir, l'enfant de ses désirs ! Quelles mortelles angoisses précèdent sa naissance ! Enfin, le voici ! Une voix joyeuse a chanté au foyer domestique : « Un Fils nous est né ! » Mais ce Fils restera-t-Il toujours près de ceux qui L'adorent ? Ne faudra-t-il pas pleurer bientôt son départ pour l'autre monde ? Ô incertaine et passagère fécondité des mortels, Vous nous êtes une Source de douleurs autant que de joies ! Mais Votre nécessaire fécondité ne connaît point d'ennemis, ô mon Dieu ! Elle dure toujours, et supprime les lenteurs du temps. Avec une admirable promptitude, Vos processions saintes s'accomplissent sans que rien de précipité nuise à leur perfection. Toujours anciennes, toujours nouvelles, elles marchent à travers toutes les époques et joignent dans une immuable présence les lointaines extrémités du temps. Au commencement le Verbe était : « In principio erat Verbum ». Il était sans commencement, Il est aujourd'hui, toujours engendré. Les jours d'une fécondité épuisée ne viennent interrompre ni l'incessante génération de Dieu ni l'incessante procession de son Amour. Il est toujours Père, toujours Fils, toujours Esprit-Saint. Ô merveilleuse Éternité ! »

Ainsi soit-il.

R. P. Jacques Monsabré (1827-1907) - « Célébrités Catholiques » de Louis Colin, pages 38-39, chez Victor Palmé, 1878

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Voir également du R. P. Jacques Monsabré :
- La Prière du R. Père Monsabré « Ô Dieu, on m'a haï sans raison, laissez-moi bénir votre Amour »
- La Prière du R. P. Monsabré « Demeurez avec nous, ô Dieu, parce qu’il se fait tard et que le jour s’en va »
- La Prière du R. P. Jacques-Marie-Louis Monsabré « Ô Dieu de justice, sauvez la France, la fille aînée de l’Église de votre Fils »
- La Prière du Révérend Père Monsabré « Ô mon Dieu, ayez pitié de la France souteneuse de l’impiété et de la révolution »
- La Prière pour restaurer le Dimanche dans notre vie du Révérend Père Monsabré « Ô mon Dieu, Vous ne Vous êtes réservé sur la semaine qu’un seul Jour »
- La Prière du Révérend Père Monsabré au pied de la Croix « Viens, ô France chanter à Jésus crucifié ton hymne national »
- La Prière du Révérend Père Monsabré à la Sainte Trinité « Ô Trinité sainte, ayez pitié de ma misère ! »