La Prière du R. P. J.-M.-L. Monsabré « Ô Dieu de justice, sauvez la France, la fille aînée de l’Église de votre Fils » :

« Humilions-nous, brisons nos cœurs, et, d'une commune voix, répétons sans cesse : « Nous avons péché, Seigneur, ayez pitié de nous ». Pescavimus ! Miserere ! Ô Dieu, ô notre unique Espoir ! Vous voulez nous sauver, je le crois ; mais, comme nous Vous attendons ; Vous aussi, Vous nous attendez. Tous les sacrifices que nous pourrions faire pour nous délivrer de l’ennemi, tous les dons que des mains libérales viendraient déposer sur l’autel de la patrie... misère et néant ! Vous ne sauriez accepter tout cela. Il Vous faut quelque chose auparavant, c’est notre esprit broyé et notre cœur contrit et humilié. Mais quand notre esprit sera broyé, quand notre cœur sera contrit et humilié, ô Dieu de justice, Vous vous montrerez doux, clément, plein de bon vouloir pour la pauvre Sion, Vous rebâtirez Votre infortunée Jérusalem. Vous la rebâtirez telle qu’elle était ; avec ses murailles et ses frontières, là où vous les aviez placées. Et alors, d’un cœur joyeux, Vous accepterez notre sacrifice de justice, nos offrandes, nos holocaustes ; alors, nous immolerons, sur Vos autels, des victimes. Des victimes ! Que dis-je ? Il n’y en aura qu’une : la France, dont toute la vie sera désormais consacrée à Votre gloire. C’est justice: « Sacrificium justitiæ ». Ô Jésus, doux Agneau, mort pour nous sur la Croix ; je reviens à Vous. Vous êtes sorti glorieux du tombeau, et les anges ont chanté : « Christus surrexit verè ». Le Christ est ressuscité vraiment. Mais, depuis que Vous êtes ressuscité, Vous ne cessez pas de Vous immoler chaque jour à la Gloire de votre Père. Il en sera ainsi de la pauvre France. Quand elle sera sortie du tombeau de ses iniquités et de l’abîme de ses infortunes, quand les peuples auront chanté en voyant sa vie nouvelle : Gallia surreæit verè, alléluia ! Elle immolera richesse, influence, force, vie, tout pour la Gloire de Dieu, pour la Gloire du Père qui lui a donné un si beau territoire et de si grands biens, pour la Gloire du Fils qui l’a choisie comme la fille aînée de son Église, pour la Gloire du Saint-Esprit qui lui a communiqué le souffle de la charité. « Gloria Patri, et Filio, et Spiritui sancto », maintenant et toujours comme au commencement, et dans tous les siècles des siècles. « Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in sæcula sæculorum. Amen. »


R. P. Jacques Monsabré (1827-1907) - « Conférences de Notre-Dame de Paris : Avent 1869 - Carême 1872 à 1890 », pages 296-298, chez Joseph Albanel Paris (1870)

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Voir également du R. P. Jacques Monsabré :
La Prière du R. Père Monsabré « Ô Dieu, on m'a haï sans raison, laissez-moi bénir votre Amour »
La Prière du R. P. Monsabré « Demeurez avec nous, ô Dieu, parce qu’il se fait tard et que le jour s’en va »
La Prière du R. P. Jacques-Marie-Louis Monsabré « Ô Dieu de justice, sauvez la France, la fille aînée de l’Église de votre Fils »