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La Prière de l’Abbé J-B Lasausse « Ô mon Dieu, je Vous consacre ma vie d'une manière qui Vous soit très-agréable » :

« Verbe éternel, souverain Pontife des biens invisibles, Prêtre et Victime du Très-Haut, Vous qui sondez les reins et les cœurs, Vous connaissez les motifs qui m'ont animé en célébrant votre Puissance et votre Grandeur, en publiant vos Bienfaits et en retraçant la mémoire des richesses de votre Amour, dans le Sacrement de votre Corps et de votre Sang. Mais, grand Dieu, comment un pécheur aussi criminel que moi a-t-il l'audace d'annoncer vos Justices ! Comment croire que votre Nom, adoré dans le Ciel et sur la terre, puisse être glorifié par une bouche impure telle que la mienne ? Quoique le plus misérable d'entre les enfants d'Adam, daignez tirer votre Gloire de ma bouche. Oui, Seigneur, je désire, en inspirant à mes semblables de l'amour et de la vénération pour le plus auguste de vos Sacrements, Vous venger de mon indifférence et de ma tiédeur, dans les adorations et les louanges que j'ai adressées à l'Agneau immolé sur nos autels. Mon cœur soupire après le plus grand des bonheurs, celui de Vous connaitre, de Vous aimer, ô mon Dieu, et d'être aimé de Vous. Divin Sauveur, acceptez le désir sincère que j'ai eu de satisfaire à votre Justice et de m'élever jusqu'à Vous, qui êtes la souveraine Grandeur et la Béatitude éternelle ; recevez les témoignages de foi et de respect, d'anéantissement et de reconnaissance que j'ai voulu Vous rendre en composant ces Offices. Daignez en agréer l'offrande, malgré mon indignité, bénir mes efforts, remplir mes désirs et seconder le zèle dont j'ai été toujours enflammé pour la vérité de votre Présence réelle dans le Mystère de l'Eucharistie, pour la gloire de votre Maison, l'honneur de votre Nom adorable, et les intérêts de votre Religion sainte. Ô Dieu caché et anéanti, je désire porter les vœux et les cœurs de tous les peuples de l'univers aux pieds de Vos autels, où coule chaque jour le Sang du Dieu qui nous a rachetés, et où se renouvelle le Sacrifice d'expiation offert sur le Calvaire, pour étendre et multiplier les adorations et les hommages qui Vous sont dus, et Vous dédommager des attentats, des blasphèmes et des outrages que les enfants d'Israël ont vomi contre Vous, dans le divin Sacrement de votre immense Charité. Que ma joie serait vive et mon bonheur parfait, Sauveur adorable, si pour la réparation de tant de sacrilèges et d'irrévérences, j'étais trouvé digne d'offrir à Votre souveraine Majesté le sang qui coule dans mes veines, et que je désire verser, afin de Vous consacrer ma vie d'une manière qui Vous soit très-agréable, ô Dieu de Grandeur, de Puissance et d'Amour. Ô Jésus, mon divin Pasteur, établissez au milieu de mon âme le siège de votre Empire, pour me rendre digne de manger tous les jours ce Pain céleste qui contient l'Auteur de la vie, et d'être comme pleinement rassasié de Dieu à l'heure de mon trépas, afin que votre Miséricorde, ô Juge des vivants et des morts, m'introduise dans le sein de l'Eternité bienheureuse, d'où Vous êtes sorti pour attirer toutes choses à Vous. Loué soit et remercié à tout moment le très-saint et divin Sacrement de l'autel. »

Ainsi soit-il.


Abbé Jean-Baptiste Lasausse (1740-1826) – « Le zélé serviteur de Jésus-Christ ou l'Adorateur du verbe éternel », pages 10-12, chez Duprat-Duverger, 1810