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La Prière de Jean-Baptiste de Santeul « Ô Vierge Mère, combien de glaives transperceront Ton âme ! » :

« Nations, soyez dans l'étonnement ; un Dieu se fait victime, le Législateur se soumet de Lui-même à la Loi, on rachète aujourd'hui le Rédempteur du monde et une Mère sans tâche vient se purifier. Suivant l'usage des mères, la Vierge Mère se tient éloignée du Temple, le nombre de jours voulus ; qu'appréhendais-Tu d'entrer dans le sanctuaire, Toi qui étais devenue déjà le Temple même de Dieu. Une triple Victime est offerte sur un seul autel : la vierge Prêtresse immole Son honneur virginal ; un tendre Enfant, Ses membres délicats ; un vieillard, sa vie. Hélas ! Combien de glaives transperceront Ton âme ! À combien d'amères douleurs n’es-Tu point réservée, ô Vierge ! Cet Agneau sacré que Tu portes dans Tes bras doit rougir l'autel de Son sang. Dans un corps délicat, et victime prématurée, le Christ déjà prélude à Ses funérailles ; Il croîtra, et, devenu homme, expiera par Sa mort, par l'effusion de Son sang, tous les crimes du monde. Gloire souveraine au Père, Gloire souveraine au Fils, Gloire souveraine à l'Esprit-Saint, Eux dont la véritable Foi nous enseigne la Trinité, et dont Elle adore l'unité. Ouvre les portes sacrées du temple, ô Sion ; le Christ, Prêtre et Victime, fait Son entrée. Que les vaines figures disparaissent devant la Vérité, qui se révèle aux cœurs. Il ne faudra plus immoler des animaux sans nombre ; l'on ne verra plus fumer le sang. Voilà que, pour fléchir son Père, Dieu Lui-même vient s'offrir sur Ses propres autels. Tout entière à la pensée de la Divinité, ici cachée, et, les yeux modestement baissés, la Vierge porte dans Ses bras le Dieu qu’Elle a mis au monde, puis Elle présente de tendres colombes, offrande du pauvre. Là se sont rencontrés tous les âges, tous les sexes, inspirés de la Présence d'un Dieu ; ils s'en retournent heureux d'avoir vu le Christ, récompense d'une foi qui soupira, durant tant d'années, après Sa venue. Au milieu de tous ces témoins, Elle T'offrait, Seigneur, dans Sa foi, le sacrifice d'un magnanime silence, la Mère silencieuse du Verbe, qui se taisait, mais combien de choses ne cachait-Elle pas au fond de Son âme ! Gloire souveraine au Père, Gloire souveraine au Fils, Gloire souveraine à l'Esprit-Saint, Eux dont la véritable Foi nous enseigne la Trinité, et dont Elle adore l'unité. La vapeur de l'encens parfume les temples, les Mystères saints nous réclament ; déjà s'avance la Victime ; suivons-La, et, d'un cœur pur, d'un cœur empressé, immolons-nous avec Elle. Que la Foi resplendissante nous donne la lumière, que la brûlante charité nous prête les feux, que l'espérance nous apporte l'encens, et que l'odeur des bonnes œuvres ne manque point ici. Pourquoi prolonger encore une vie coupable ? Qu’il nous soit donné de mourir avec le fortuné vieillard, afin que nous jouissions aussi de Celui que nous avons vu immoler sur l'autel. Gloire souveraine au Père, Gloire souveraine au Fils, Gloire souveraine à l'Esprit-Saint, Eux dont la véritable Foi nous enseigne la Trinité, et dont Elle adore l'unité. »

Ainsi soit-il.


Jean de Santeul (1630-1697)

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Voir également du Chanoine Jean de Santeul :
La Prière de Jean de Santeul pour la Visitation « Ô Vierge Sainte, Tu portes le Soleil glorieux qui bientôt doit éclairer l'univers »
La Prière de Jean-Baptiste de Santeul « Ô Vierge Mère, combien de glaives transperceront Ton âme ! »
La Prière du Chanoine Jean-Baptiste de Santeul pour l’Assomption « Ô Reine des Cieux, écoute du haut de ton Trône, les vœux de Tes clients »