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La Prière de Jean de Santeul « Ô Vierge Sainte, Tu portes le Soleil glorieux qui bientôt doit éclairer l'univers » :

« Où T'emporte une sainte ardeur, ô Vierge, la Gloire des vierges ? Où vas-Tu et pourquoi, d'un pas rapide, gravir les hauteurs des montagnes ? C'est l'Esprit Saint qui Te presse, Toi toute pleine de la Divinité ; la prérogative de Mère de Dieu n'ôte rien à la charité. Jeune Vierge, Tu visites une mère unie à Toi par les liens du sang, et Tu la félicites des faveurs dont le Ciel l'a comblée. Oh ! Qu’elle n'est pas Votre joie ! Vous admirez l'une et l'autre le double prodige dont la nature elle-même s'étonne : une femme féconde en ses vieux ans, une Vierge féconde en sa virginité. Tu portes, voilé dans Ton sein, comme sous un nuage, le Soleil glorieux qui bientôt doit éclairer l'univers. Aux premières Paroles de la Vierge, et sous l'action puissante de l'Esprit Saint, Jean a tressailli, quoique renfermé dans les entrailles maternelles. Il a reconnu l'Enfant-Dieu, et Celui qu'il a reconnu, il brûle de L'annoncer au monde. Prophète déjà, malgré son enfance, il proclame, autant qu'il peut, que le Christ est venu. L'un remplit déjà l'office de Rédempteur, l'autre celui de hérault ; les barrières du sein maternel ne les empêchent pas de s'acquitter de leurs nobles fonctions. Heureux enfant, heureuse mère, heureux pontife, heureuse maison, qui, grâce à une mère vierge, méritent d'accueillir un Dieu ! Montagnes, abaissez vos cimes altières sous les pas de la Vierge, devant qui s'inclineraient volontiers les astres eux-mêmes. Celle qui se tenait recluse en Sa maison, ose se reproduire au-dehors ; la pudeur, toujours craintive pour elle-même, se défend par la charité. Elle va, la noble Vierge, et ne ralentit point Sa marche ; Elle tremble d'être vue, et ne tremble pas moins de voir, crainte d'ôter quelque chose à Sa pudeur. Heureuse la terre qu'Elle foula de Son pied, heureux le sentier, heureuses les collines qui sentirent le Dieu présent avec sa Mère. Plus heureux, vous encore qui, de la bouche d'une Mère vierge, eûtes le bonheur d'ouïr de célestes paroles ! »

Ainsi soit-il.


Jean de Santeul (1630-1697)

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Voir également du Chanoine Jean de Santeul :
La Prière de Jean de Santeul pour la Visitation « Ô Vierge Sainte, Tu portes le Soleil glorieux qui bientôt doit éclairer l'univers »
La Prière de Jean-Baptiste de Santeul « Ô Vierge Mère, combien de glaives transperceront Ton âme ! »
La Prière du Chanoine Jean-Baptiste de Santeul pour l’Assomption « Ô Reine des Cieux, écoute du haut de ton Trône, les vœux de Tes clients »