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La Prière du Révérend Père Joseph de Gallifet « Seigneur, apprenez-nous à prier » :

« Les disciples de Jésus-Christ Lui disaient autrefois : « Seigneur, apprenez-nous à prier ». Je Vous fais la même demande, ô mon Dieu ! Vous le savez, mon esprit est presque toujours oisif et stérile dans la prière. Je Vous prie tous les jours sans ferveur et sans attention, mes lèvres se remuent et ma voix se fait entendre, mon cœur ne sent rien ; je prononce des paroles qui expriment des sentiments que je n'ai pas ; les distractions emportent la plus grande partie du temps que j'emploie à un exercice si saint. Si je fais quelquefois de faibles et inutiles efforts pour élever mon esprit jusqu'à Vous, il retombe, il s'appesantit vers la terre, et en Vous disant ce que je ne pense pas, ce que je ne sens pas, je deviens semblable à un airain sonnant et à une cymbale retentissante. Donnez-moi donc, Seigneur, la science et le goût de la prière, c'est la science du salut. Cette Grâce renferme en quelque sorte toutes les autres. Quand je saurai prier, je saurai Vous servir, je serai sûr d'attirer sur moi Vos plus précieuses Bénédictions. Hélas ! Ma vertu n'est si faible et si languissante que parce que mon esprit est volage et mon cœur insensible dans la prière. Instruisez-moi donc Vous-même, Seigneur, dans cette Science divine, animez mes prières, et Vous donnerez des forces à ma vertu. »

Ainsi soit-il.


L'utilité de l'Oraison Mentale :
« Un Chrétien ne devrait mesurer l'utilité d'un exercice, que par le fruit spirituel qui lui en revient. N'est-ce pas une chose déplorable, qu'élevés comme nous le sommes à un état surnaturel, nous ne soyons sensibles qu'à ce qui est naturel, qu'à ce qui regarde le corps ? On juge utile tout ce qui sert au bien de ce corps ; tout ce qui nous procure quelque intérêt temporel ; et on ne forme pas le même jugement de ce qui sert au bien de l'âme, et qui procure l'intérêt éternel. Ô mon Dieu ! Jusques à quand ramperons-nous ainsi dans la poussière ? Ne nous élèverons-nous jamais au-dessus des sens ? Les biens spirituels ne règleront-ils jamais nos jugements ? Considérez donc que l'oraison mentale est une source féconde de toute sorte de biens spirituels ; de toutes les connaissances surnaturelles ; de toutes les affections saintes qui naissent de ces connaissances ; de toutes les Grâces attachées à la prière. C'est là où on se remplit l'esprit des vérités de la foi, et où l'on apprend à pratiquer toutes les vertus ; là où l'on apprend à connaître Dieu, à Le craindre, à L'aimer, à Le servir. On apprend à se connaître soi-même, et à se mépriser, à connaître le néant des créatures, et à s'en détacher ; à estimer les biens de la Grâce, et à les rechercher. Là on apprend à connaître l'énormité du péché, et à le fuir comme le souverain mal ; la nécessité de la pénitence ; le danger de la différer. C'est là qu'on étudie les Leçons et la Morale de Jésus-Christ, qu'on travaille à former en soi un esprit et un cœur chrétien. C'est là où l'on reçoit les Lumières qui découvrent les Perfections de Jésus-Christ, les obligations infinies que nous Lui avons, de quelle nécessité il est de Lui devenir semblables par l'imitation de Ses vertus, etc. C'est dans l'oraison que l'on s'exerce à toutes sortes d'actes de vertus, de foi, d'espérance, d'amour, d'adoration, de louange, d'actions de grâces, d'offrande, de contrition, d'humilité, etc. C'est là où les saintes affections s'excitent et s'enflamment ; et où les saintes résolutions se forment. C'est là où la prière et les demandes sont plus ferventes, et plus efficaces. C'est là où l'on apprend à parler à Dieu, à se tenir en Sa présence, à s'unir à Lui. En un mot, c'est dans l'oraison où l'on apprend la science des saints, qui renferme tout ce qu'on vient de dire. Et on peut ajouter avec vérité, que ce n'est que là où cette science s'apprend. Qu'on trouve un homme qui ait acquis cette science sans le secours de l'oraison ? Qu'on en trouve un qui avec ce secours n'y ait pas fait de grands progrès ? »

R.P. Joseph de Gallifet (1663-1749) - « Sujets de méditations pour une retraite de huit jours sur la fin de l'homme, et la grande affaire du Salut » (Préliminaire, IV), A Lyon, Chez Pierre Valfray, 1734.


Voir également du Révérend Père Joseph de Galliffet :
- La Prière pour mieux prier « Seigneur, apprenez-nous à prier » du Révérend Père Joseph de Gallifet
- La Prière pour invoquer le Sacré Cœur de Jésus « Cœur de Jésus, daignez soumettre à votre Obéissance tous nos cœurs » du R. P. Joseph de Galliffet
- La Prière de Louange et d’Adoration du Sacré Cœur de Jésus « Ô Cœur adorable de Jésus, je Vous loue, adore, honore et béni à jamais » du R. P. Joseph de Galliffet
- La Prière d’amour envers le Sacré Cœur de Jésus « Ô Cœur tout Aimable de Jésus » du R. P. Joseph de Galliffet
- La Prière de Réparation au Sacré Cœur de Jésus « Je me prosterne devant Vous, ô Cœur adorable, pour pleurer sur votre Amour Outragé » du R. P. Joseph de Galliffet
- La Prière de Réparation au Sacré Cœur de Marie « Recevez, ô Cœur Virginal, cet Acte de Réparation aux mépris, haines et blasphèmes des Hérétiques » du R. P. Joseph de Galliffet
- Les Prières jaculatoires au Sacré Cœur de Jésus « Ô Cœur de mon Jésus infiniment Aimable, possédez mon cœur » du R. P. Joseph de Galliffet
- Les Aspirations dévotes au Cœur de Marie « Cœur sans tâche, Cœur Immaculé, purifiez mon cœur de ses péchés » du R. P. Joseph de Galliffet
- Le « Chapelet du Cœur de Jésus à ses Cinq Plaies Sacrées » du R. P. Joseph de Galliffet
- Le « Chapelet du Cœur de Marie aux Sept Douleurs » du R. P. Joseph de Galliffet