La Prière de Léon Chancerel « Pardonnez-moi, Seigneur » :

« Pardonnez-moi, Seigneur, en cette tristesse amère où je me suis complu. Pardonnez-moi, Seigneur, d’avoir médit des autres et douté de moi-même. Pardonnez-moi, Seigneur, ce visage fermé, et ce rire mauvais qui déforme la bouche, et ce dégoût de vivre et cette lassitude et cet abattement. Je chasserai de moi cette fumée pesante. Ce sont mes détritus et mes mauvaises herbes, Seigneur, que vous brûliez. J'en éparpillerai la cendre aux quatre vents ; Dispersez-la. Et que votre soleil entre dans ma cellule, que votre sainte joie illumine ma face. Que chante en moi la gaité franciscaine et le rire qui est aussi une vertu. Pardonnez-moi, Seigneur, Pardonnez-moi, Seigneur, d’avoir médit, douté, gémi, pleuré, bâillé, d’avoir haï l’immense allégresse de vivre et d’avoir hébergé la Fille de Satan. Ô Joie, en ta demeure. Amen. »

Léon Chancerel (1886-1965)