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La Prière de Leonardus Frizon « Ô Mère plus Blanche que la neige, fléchis par Ta prière le Tout-Puissant » :

« Ô Marie, fléchis par Ta prière, le Tout-Puissant, courroucé contre le crime, Lui qui descendit dans Ton sein, Lui qui revêtit un corps mortel, et que, fécondée par un Souffle céleste, Tu enfantas à la vie, ô Mère trois fois Sainte, ô Vierge trois fois Sublime. Ce qui Te fit Mère, c'est le Christ, c'est la divine Grâce, donnée aux humains dans l'enfantement de Bethléem, ô Mère plus Blanche que la neige, plus Pure que les astres. Qui donc ne voudrait se voir uni à Toi par un éternel Amour ? Ô Mère, Dieu ne fit rien d'aussi bon, d'aussi beau, d'aussi merveilleux que Toi, Dieu, cet auteur des choses, qui voulut naître dans Ton sein. Créés par ce Verbe, réparés en Toi par ce même Verbe, les siècles Te doivent, ô Bienheureuse, et leur salut et la bienveillance d'un Dieu. Toi, ô Vierge, la sagesse T'éleva, Te fit briller parmi les vierges de Solyme, Te gagna la vénération du monde, Te mérita d'être élevée par les chants merveilleux des anges et des hommes. Que nulle Puissance, ô Vierge, n'ose s'égaler à Toi ; la divine Puissance Elle-même Te rend hommage. Vierge clémente, jamais Tu ne fermas l'oreille aux prières des malheureux ; jamais Tu ne fus infidèle à ta Parole, donnée soit aux esclaves, soit au Maître. Toujours, par Ta soumission, Tu sus fléchir la Divinité ; toujours, par un doux empire, par de nombreuses faveurs, Tu sus Te gagner l'affection de Tes clients. Miroir de justice, Image vivante de la vertu, la Sagesse Te façonna pour Elle, et en Toi se prépara une éternelle Demeure, un Trône immobile. C'est de Toi, comme d'une source intarissable, que découlent nos joies. Tu es le Vase précieux, le Vase rempli de célestes parfums, et que Dieu marque Lui-même d'un noble sceau. Tu respires l'odeur embaumée d'une sainte piété. Reine mystique, Tu brilles de l'éclat suave des fleurs empourprées ; une tendre pudeur colore Tes joues d'une rougeur aimable ; un divin parfum attire après Toi Tes chastes amants. Tour de David, couronnée de remparts, toute pleine d'armes, et offrant un asile assuré ; Tour du Liban, revêtue de murailles, où resplendit l'ivoire, Tu réunis la force et la beauté, et Ta cime hardie s'élève au-dessus des nuages. Tu es éblouissante d'or, enrichie de pierres précieuses ; Tu ne dois rien à l'art humain, Tu n'es pas l'œuvre d'un bras mortel, Tu n'es pas une Maison préparée pour un maître mortel aussi. Arche dépositaire de la nouvelle Alliance, auguste Sanctuaire de la Divinité, Porte incessamment ouverte, et qui invites à entrer dans la céleste Patrie, dans les champs fortunés. Astre du matin, que l'étoile du soir ne viendra jamais remplacer, douce Médecine des malades, Refuge des coupables ; Tu peux nous consoler dans nos infortunes, Tu peux soulager les âmes fidèles qui servent le Christ ; Tu règnes sur ces intelligences que ne captive point un corps pesant, sur ces hommes qui, du sein de la terre, se sont envolés par-delà les astres ; Tu règnes sur les Pères des premiers temps, sur les Prophètes animés du Souffle de Dieu, sur les hérauts, sur les témoins sacrés de la Loi sainte, sur les nombreux confesseurs du Christ, sur les chœurs de vierges, sur tous les habitants des Cieux, et Ton pouvoir embrasse l'univers. Ô sainte Mère, ô notre Protectrice, que Tes prières fléchissent pour nous ton Fils, pareil à l'agneau, pareil au lion, et fassent qu’Il prête une oreille indulgente à nos vœux suppliants ».

Ainsi soit-il.


R. P. Léonard Frizon (1628-1700)