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La Prière de M. l’abbé Martin de Noirlieu « Je suis attaché à la Croix avec Vous, ô mon Sauveur ! J’y demeurerai tant qu'il ne Vous plaira pas de m'en faire descendre » :

« Ô vous qu'une maladie cruelle retient comme cloué sur un lit de douleur, ouvrez vos yeux languissants et déjà à demi fermés, élevez-les vers la Croix. Cette Tête couronnée d'épines, ces Pieds et ces Mains percés, ce Côté ouvert par une large blessure, ce Corps couvert de plaies, vous parleront avec plus d'éloquence que tous les maîtres et tous les livres du monde. Celui que vous voyez souffrir ainsi est le Fils unique de Dieu, le Juste par excellence, qui jamais ne commit le péché, mais qui s'est fait Victime pour vos péchés. Croyez-vous que vos douleurs soient égales aux Siennes ? Votre tête, que les ardeurs de la fièvre rendent si brûlante, vous occasionne-t-elle des souffrances plus aiguës que Sa couronne d'épines ? Votre langue est-elle plus desséchée par la soif que ne l'était la Sienne, lorsqu’Il dit du haut de sa Croix : « j’ai soif », et que ses bourreaux ne Lui présentèrent que du fiel et du vinaigre ? Votre corps est-il plus affaibli, plus épuisé que le Sien, lorsqu’Il arriva sur le Calvaire après avoir perdu tout son Sang, et accablé du poids énorme de sa Croix ? Ces plaies qu'on ne peut panser sans vous faire pousser des cris douloureux, sont-elles donc plus sensibles que Celles que firent dans Ses mains et sur Ses pieds les clous avec lesquels on eut la cruauté de L'attacher à la Croix ? Je suppose que vous souffriez autant que ce divin Sauveur ; mais Il était innocent, et vous êtes coupable ; Il n'avait rien à expier pour son propre compte, et vous êtes redevable à la Justice divine, vous avez mérité de souffrir. Il a fallu que le Christ souffrît, puisqu’Il s'était chargé d'expier nos péchés ; il faut donc aussi que nous souffrions, car nous ne profiterons de sa Passion qu'en y prenant part ; nous n'arriverons à sa Gloire que par sa Croix. Je suis attaché à la Croix avec Vous, ô mon Sauveur ! J’y demeurerai tant qu'il ne Vous plaira pas de m'en faire descendre. Jésus mon amour est crucifié ; les affections de mon cœur seront donc toutes pour la Croix. Dans le moment où mes souffrances seront le plus aiguës, je lèverai les yeux vers Jésus crucifié, et j'unirai mes douleurs aux Siennes. Si je suis quelquefois tenté de désespoir, je me rappellerai qu'il a fallu que le Christ Lui-même souffrît pour entrer dans sa Gloire. »

Ainsi soit-il.


Abbé Martin de Noirlieu (1792-1870) – « Le Consolateur des affligés et des malades » ou « Recueil de méditations propres à élever l'âme au-dessus des chagrins et des souffrances de cette vie », pages 124-127, chez Gaume Frères, 1836

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Voir également de M. l’abbé Martin de Noirlieu :
- La Prière de l’abbé Martin de Noirlieu « Faites, ô mon Dieu, que je me montre disciple fidèle de votre Croix »
- La Prière de l’abbé Martin de Noirlieu pour ceux qui souffrent dans la maladie « Ô Seigneur, voyez combien souffre celui que Vous aimez »
- La Prière de M. l’abbé Martin de Noirlieu pour les personnes malades « Je suis attaché à la Croix avec Vous, ô mon Sauveur ! J’y demeurerai tant qu'il ne Vous plaira pas de m'en faire descendre »