La Prière de Jérôme Vida « Ô Étoile de notre mer, arrache nous aux flots courroucés de la mer qui vont nous engloutir » :

« Salut, Mère sainte ; salut Vierge pure, Fille des rois, noble Rejeton de l'antique race de Juda, Toi dans le sein de qui le Père Tout-Puissant est venu habiter avec la plénitude de Sa divinité, que la Grâce a placée au-dessus de toutes les femmes. Le jour où Tu reçus la vie fut celui aussi où brilla l'espérance de notre salut. Tu répares la chute de la femme, et la honte qui pesait sur ton sexe, que Tu élèves jusqu'aux Cieux. L'antique mère des hommes, la première des mères, déposa dans la race humaine les premiers germes de la triste mort ; Toi, Vierge, Tu as, la première, après un long temps, enfanté, dans Ton heureux sein, le salut des infortunés mortels. Eve légua des pleurs au monde naufragé ; Tu lui as légué des joies. Eve mérita des châtiments à l'homme, Tu lui as mérité des récompenses. Par Toi s'est ouverte aux bons la porte du Ciel, qui avait été fermée par Eve, lorsqu'elle se laissa prendre aux ruses trompeuses de l'astucieux serpent. D'un pied victorieux, Tu écrases le monstre, qui se défend en vain, qui dresse en vain sa tête sifflante. Grâce à un tel triomphe, Tu te vois promenée en Reine dans les sublimes régions du Ciel, et les habitants des palais divins Te suivent en foule ; des chœurs nombreux se pressent autour de Toi, et célèbrent la Libératrice du monde. Les citoyens des Cieux se lèvent à Ton aspect ; les royaumes étoilés sont soumis à Ta puissance, et toute créature, placée bien au-dessous de Toi, s'empresse d'exécuter Tes ordres. Nous aussi, autant que nous le pouvons, nous Te rendons des honneurs divins ; pour Toi s'élèvent mille autels ; pour Toi fume l'encens, dans mille temples fameux ; nous T'apportons, en offrandes pieuses, les parfums les plus suaves. A Tes pieds se prosternent les mères, qui enrichissent Ton sanctuaire de voiles tissés de leurs mains, et déposent sur Ton autel les prémices des fleurs, et l'ombragent de rameaux verdoyants. Dès qu'elle peut balbutier, c'est Toi que l'enfance apprend à invoquer ; c'est Ton nom qui se trouve sur ses tendres lèvres. Tout âge, toute demeure célèbre Tes louanges ; toute cité, du haut des tours sacrées, Te salue, quand vient le jour ; Te salue, quand il disparaît. Pour Toi résonne, dans les temples dorés, plus d'un orgue harmonieux ; Tu ne dédaignes donc, Vierge, ni les louanges, ni les chants que T'adressent les mortels, Toi cependant qui n'as de nous aucun besoin. Tu écoutes les vœux et les prières des humains, et, en quelque lieu que l'on T'invoque, Tu viens, miséricordieuse, adoucir nos douleurs. Tu éloignes de nous et la guerre et les tristes maladies, et la peste et la famine, et les menaces du ciel ; Tu nous donnes, secourable, d'échapper à mille morts, à mille désastres, à mille calamités. Et, de même que les nautoniers, battus de la tempête, au sein des vastes mers, doivent leur salut à une étoile qui brille enfin dans les hauteurs des Cieux, de même, quels que soient les malheurs qui nous assiègent, Ta lumière nous guide, et nous donne la sécurité au milieu des périls. Maintenant donc, ô Étoile de notre mer, jette sur nous un regard propice ; arrache nous aux flots courroucés de la mer, qui vont nous engloutir. Maintenant, ramène le jour et fais briller l'éclat de Ta lumière ; lève-Toi sur le monde, et, par Tes rayons, dissipe les sombres nuages. Ah ! Nous T'en prions, s'il fut en cette terre quelque chose de doux, quelque chose d'aimable pour Toi, ne nous abandonne point ici-bas, dénués d'assistance. Nous T'en conjurons par Toi-même, par Ton cher et bien-aimé Fils ; par ce Sein où s'attacha, où vagit l'Enfant-Dieu, et d'où, jetant les tendres bras autour de Ton cou maternel, Il resta bien des fois suspendu, aimable et gracieux fardeau ; par ces mamelles qu’Il suça de Ses lèvres délicates ; par ces doux et enfantins sourires ; par ces caressants baisers, par ces jeux simples et innocents, par tout ce qu'il y eut en Lui d'agréable pour Toi, partout ce qui fut un allégement à Tes sollicitudes poignantes, daigne ô Mère, embrassant et suppliant ce divin Fils auprès du trône de l'Eternel, nous Le rendre propice ; et, si nos crimes L'irritent contre la terre, efforce-Toi de L'apaiser, afin qu’Il fléchisse en notre faveur le juste courroux du Père ».

Ainsi soit-il.


Marcus Hieronymus Vida (1485-1566)

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Voir également de Marco Girolamo Vida :
La Prière de Jérôme Vida « Ô Étoile de notre mer, arrache nous aux flots courroucés de la mer qui vont nous engloutir »
La Prière de Mgr Girolamo Vida « Ô terre bienfaisante, ne manque pas de féconder les semences que je te confie »