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La Prière de Mgr de La Bouillerie « C'est Moi, l'Agneau de Dieu immolé sur le Calvaire pour effacer tous vos péchés, ne craignez rien ! » :

« C'est Moi, ne craignez rien ! Ah ! Voilà encore un de ces mots que l'Eucharistie nous adresse dans son mystérieux Langage, pour rassurer nos cœurs, leur inspirer une vive et tendre confiance. Quelle Parole, en effet, nous donnerait contre les périls, les tentations et les épreuves, une plus forte assurance et un plus invincible appui ? C'est Moi, nous dit-Il à tous, Moi l'Agneau de Dieu immolé sur le Calvaire pour effacer tous vos péchés ; Moi dont le Cœur a soupiré pour vous ; Moi dont les Yeux ont pleuré sur vous ; Moi dont les Pieds se sont fatigués pour vous ; Moi dont les Mains se sont tendues vers vous ; Moi dont le Sang a coulé sur vous : c'est Moi, ne craignez rien ! Ne craignez rien auprès du Tabernacle. Là, je me suis fait plus petit que dans la crèche, et les bergers ne me craignaient pas. Là, je me suis fait plus docile et plus doux que dans la maison de Nazareth, et Marie et Joseph ne me craignaient pas. Là, je me suis fait plus dénué de tout que pendant ma vie mortelle ; je n'avais pas alors où reposer ma Tête, et je ne vous demande, pour me reposer maintenant, que vos tabernacles et vos cœurs : ne craignez rien ! Ne craignez rien, car dans ce Sacrement, j'ai caché ma Puissance ; ne craignez rien, car j'y ai déposé mes Bénédictions et mes Grâces ; ne craignez rien des infirmités de votre chair, car là, est ma Chair sacrée qui guérit la vôtre ; ne craignez rien de vos souillures passées, car là, vous puiserez le Sang et l’Eau qui jaillissent de mon Cœur pour les purifier. Pauvre brebis égarée, ne crains rien, c'est ici le bercail et le gras pâturage ; pauvre enfant prodigue, ne crains rien, c'est ici le festin de la réconciliation ; pauvre Samaritaine, ne crains rien, c'est ici le Don de Dieu qu'il te sera permis de connaître et de goûter ; pauvre étranger blessé sur la route, ne crains rien, c'est ici le vin et l'huile qui panseront tes blessures. Qui que vous soyez, ô homme, ne craignez rien ; c'est ici le Pain de vie ! J'écoute avec bonheur ces consolantes Paroles, ô mon Dieu, et je n'hésite pas à me rendre à cet Appel de la confiance. Oui, quand je m'approche de votre Tabernacle, et que là je Vous entends me dire : c'est Moi, j'adore, mais je ne crains pas ; je m'humilie profondément, mais je ne crains pas ; j'envisage, muet et calme, les ennemis de mon âme; je les méprise, et je ne les crains pas ; je me résigne aux orages du monde, aux souffrances de la vie ; je me résigne, et je ne crains pas. J'éprouve en moi que cette douce confiance me rend plus facile l'éloignement du péché, la pratique de la vertu ; et je me dis souvent que, comme la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse, sa perfection et sa consommation sont une confiance aveugle au Dieu de l'Eucharistie. »

Ainsi soit-il.


Mgr de La Bouillerie (1810-1882)

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Voir également de Monseigneur François-Alexandre de La Bouillerie :
La Prière de Mgr de La Bouillerie devant le Saint Sacrement « C'est Moi, l'Agneau de Dieu immolé sur le Calvaire pour effacer tous vos péchés, ne craignez rien ! »
La Prière de Mgr François de La Bouillerie « Jésus, Fleur des champs et Lys de la vallée »