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La Prière de Mgr Maurice Gaidon « Seigneur Jésus, donne à ton Église des Prêtres Saints » :

« Ô Jésus doux et humble de cœur, enseigne à tes Prêtres, ce soir, qu'ils ne pourront être Ministres de la Réconciliation que s'ils cherchent auprès de Toi comment apprendre les chemins de l'humilité et de la douceur. C'est à la Sainteté que Tu nous convies ; c'est Elle que nous avons désirée à vingt ans et que nous vivons si mal en vieillissant. Et voici, Seigneur, que, ce soir, nous Te supplions pour nous, en récitant cette prière d'un de nos frères dans le Sacerdoce : Seigneur Jésus, donne à ton Église des Prêtres Saints, des Prêtres messagers d'une Vérité éternelle ; qu'ils sachent La présenter aux hommes de leur siècle et de leur pays ; des Saints pour aujourd'hui : Prêtres antiques dans des hommes nouveaux ; pour Toi, Seigneur, ils sont chargés d'une ambassade ; par le reflet sur eux de Ta vertu, qu'ils se présentent d'abord comme des témoins. Donne-leur de réaliser dans leur vie le Mystère de ta Mort qu'ils célèbrent, en cette Solennité pleine de merveilles : leur Messe de chaque jour ; qu'ils puisent en ce Mystère l'inquiétude du Salut du monde ; qu'ils sachent, malgré cette inquiétude, respecter la liberté des hommes ; qu'ils comprennent et qu'ils parlent la langue de leur temps et qu'ils prennent soin partout de ne pas compromettre, avec des opinions qui varient et qui passent, l'impérissable nouveauté de ton Évangile ».

Ainsi soit-il.


Mgr Maurice Gaidon (1928-2011) – « Un Amour plus fort que la mort », Secrétariat du pèlerinage, Paray-le-Monial (s.d.)


Mgr Gaidon a publié ses mémoires sous le titre « Un évêque français entre crise et renouveau de l'Église » (Éditions de l'Emmanuel, 2007) où il s'exprime sans détours. Ainsi, il déclare par exemple :

« J'ai très mal vécu la réforme liturgique, imposée au détour d'un Dimanche, avec un autoritarisme clérical insupportable. L'histoire de l'Église m'avait appris que l'on ne touche pas impunément aux rites et au langage symbolique. Le passage en force à la langue vernaculaire, la nouvelle disposition de l'Autel, la place et le rôle du Célébrant, la mise sur le marché de chants liturgiques composés à la hâte : que de bouleversements en peu de temps et quelles portes ouvertes aux improvisations des apprentis sorciers, sous l'œil paterne et parfois complaisant d'un épiscopat atteint d'aphasie ».

Il regrette également le manque de motivation et d'engagement de l'Église de France devant les lois qui ont porté atteinte à la morale :
« Nous n'aimons pas sortir d'un ton conciliant et recherchons avant tout le réconfort d'un consensus mou dans les domaines les plus sensibles comme le sont les problèmes de morale conjugale et les questions de bioéthique. J'avais déjà repéré ces hésitations au moment de la loi sur l'avortement et constaté que nous n'étions pas prêts à croiser le fer avec les politiques. Je ressens la même impression alors que le gouvernement s'apprête à ouvrir les débats sur les contrats d'union entre deux personnes de même sexe. D'où vient cette crainte alors que nous n'hésitons pas à faire entendre notre voix en d'autres problèmes de société. (…) Nous ne devons pas trop vite passer l'éponge sur les choix législatifs qui ont entraîné la banalisation de l'avortement, le remboursement de la pilule et autres mesures démagogiques aux conséquences néfastes pour beaucoup de nos contemporains » (p. 164-165)