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La Prière de Mgr Roullet de La Bouillerie « Ô mon Sauveur, votre Cœur veille incessamment sur mes intérêts les plus chers » :

« Ah ! Lorsque je médite attentivement Jésus-Christ, lorsque je considère tous les Mystères de sa Vie et de sa Mort, et Sa divine Eucharistie, toujours revient à ma pensée cette consolante Parole : « Je dors, mais mon cœur veille ». Avant la création du monde, le Verbe divin est caché dans le Sein de son Père ; on dirait qu’Il y dort d'un éternel sommeil ; mais de toute éternité, Il nous l'a dit Lui-même par la bouche de son Prophète, son Cœur veillait pour nous. Et Il nous a aimés d'un éternel Amour. Descendu parmi nous, Il dort, petit enfant, dans les bras de sa Mère ; Il dort, mais son Cœur veille ; Il appelle à Son berceau les pauvres et les riches, les bergers et les rois, et Il leur dit à tous : « Paix aux hommes de bonne volonté ». Enfin sur le Calvaire, lorsque étendant les bras vers nous, et inclinant Son front chargé d'épines, Il mourut : une dernière fois, ne sembla-t-Il pas nous dire : « Je dors, mais mon cœur veille ? » Et de ce Cœur entr'ouvert, et qui veille toujours, jaillissent pour nous deux Sources fécondes : l’Eau et le Sang, le Baptême et l'Eucharistie. L'Eucharistie ! Ah ! C’est à Elle surtout que nous pouvons appliquer cette simple et si touchante Parole : « Je dors, mais mon cœur veille ». Approchons du Tabernacle et de l’Autel ; contemplons Jésus-Christ sous les voiles eucharistiques. Quel anéantissement ! Quelles ténèbres ! Quel silence ! Quel sommeil profond ! Mais ne vous y trompez pas, nous dit-Il ; plus je m'anéantis, plus je vous aime ; plus je garde le silence, et plus je vous écoute me parler ; plus je me cache sous les voiles, et plus je me découvre à vous ; plus je semble dormir, et plus je veille. Ô mon Sauveur ! Votre Cœur veille donc incessamment sur mes intérêts les plus chers ? Quelle consolation pour moi ! Mais en même temps quelle utile leçon ! Entre mon cœur et Celui de Jésus-Christ, voilà la différence : quand Jésus-Christ semble dormir, son Cœur veille ; moi, je dors, et mon cœur ne veille pas. Je dors dans l'oubli de mes devoirs ; je dors dans la tiédeur ; je dors dans l'indifférence, et ce sommeil est celui du cœur. Mes sens sont toujours éveillés ; mes passions sont toujours actives, mon esprit souvent inquiet et agité ; mais mon cœur dort, et il ne veille pas. Ah ! Qu’il n'en soit plus ainsi, ô mon Dieu ! Que plutôt tout dorme en moi ; tout, excepté mon cœur. Qu'il Vous adore, qu'il Vous aime, qu'il Vous serve, et que, près de rendre le dernier soupir, ma dernière parole soit celle-ci : « Je vais maintenant dormir du sommeil de la mort ; mais je ne dormirai pas tout entier; mon cœur veille... Il veillera près de Vous et en Vous, durant l’Éternité bienheureuse. »

Ainsi soit-il.


Mgr François de La Bouillerie (1810-1882)

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Voir également de Monseigneur François-Alexandre de La Bouillerie :
La Prière de Mgr de La Bouillerie devant le Saint Sacrement « C'est Moi, l'Agneau de Dieu immolé sur le Calvaire pour effacer tous vos péchés, ne craignez rien ! »
La Prière de Mgr François de La Bouillerie « Jésus, Fleur des champs et Lys de la vallée »
La Prière de M. l’Abbé de La Bouillerie « Seigneur, je me confie uniquement en Vous »
La Prière de Mgr Roullet de La Bouillerie « Ô mon Sauveur, votre Cœur veille incessamment sur mes intérêts les plus chers »