La Séquence de Notker de Saint-Gall « Que la Chrétienté tout entière célèbre les Solennités du Christ » :

« Que la Chrétienté tout entière célèbre les Solennités du Christ. Elles sont éclatantes de merveilles, vénérables à tous les peuples. Elles honorent l’avènement du Maître de toutes choses et la vocation des Gentils. Quand le Christ fut né, une étoile parut aux yeux des Mages. Les Mages ont compris que l’astre ne brille pas en vain d'un tel éclat. Ils portent des présents, pour les offrir comme à un Roi céleste, à l’enfant que leur annonce l’étoile. Ils dédaignent, en passant, le lit couvert d’or d’un prince superbe : c’est la crèche du Christ qu'ils recherchent. La colère du farouche Hérode s’allume ; il est envieux du Roi nouveau-né. Il ordonne d’immoler, par un glaive cruel, les enfants de Bethléhem. Ô Christ ! Quelle armée Tu formeras pour ton Père, à l’âge où, devenu homme, apte à de plus grands combats, Tu prêcheras Ta doctrine au peuple, si aujourd’hui, encore à la mamelle, Tu lui envoies de si nombreux bataillons. A trente ans, à l’âge d’homme, le grand Dieu s’inclina sous la main d’un illustre serviteur, rendant sacré ce Baptême qui devait remettre nos crimes. L’Esprit-Saint, sous la forme d’un innocent oiseau, Le visite, pour opérer en Lui cette onction qui surpasse celle de tous les Saints ; Il habitera à jamais Son cœur. La Voix pleine de tendresse du Père retentit ; le Père a oublié cette Parole qu’Il prononça jadis : « Je me repens d’avoir créé l’homme ». Elle dit : « Tu es vraiment mon Fils, l’objet de mes complaisances, en qui ma colère s’apaise : aujourd’hui, je T’ai engendré, mon Fils ». Peuples, écoutez tous ce Docteur. Amen. »


Notker Balbulus (v. 840-912) - L’Année Liturgique « Le Temps de Noël » de Dom Prosper Guéranger, p. 164, Chez Julien Lanier (1847)

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Voir également du Bienheureux Notker le Bègue de Saint-Gall :
La Séquence de Notker de Saint-Gall « Que la Chrétienté tout entière célèbre les Solennités du Christ »
La Séquence du Bienheureux Notker de Saint-Gall « Tressaille, ô Marie, car Il Te sourit l’Enfant-Dieu »