La Prière de Saint André de Jérusalem « Ô Marie ! Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le Fruit de vos entrailles est béni » :

« Je Vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec Vous. Je Vous salue, instrument de joie, qui, après avoir détruit la condamnation infernale, l'a remplacée par le bonheur de la justification. Je Vous salue, Vierge vraiment bénie, illustre princesse, temple auguste de la divine splendeur, palais du grand roi élevé par la main du tout-puissant, couche nuptiale où le Fils de Dieu a contracté avec la nature humaine une admirable alliance, créature prédestinée avant que de naître, réconciliation de Dieu avec l'homme, trésor de la vie immortelle, ciel plus élevé que le firmament, et où le soleil de la gloire a fixé son domicile ; lieu capable de contenir le Très-Haut, qui ne saurait être contenu que dans Vous seule ; terre sainte et virginale, de laquelle a été tiré l'Adam nouveau, pour le rachat de l'ancien. Je Vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec Vous, le Seigneur qui a dit : « Que la lumière soit, que le firmament se forme », le Seigneur qui a produit ensuite tous les autres prodiges de cette admirable création. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le Fruit de vos entrailles est béni. Oui, Vous êtes vraiment bénie, car le Seigneur Vous a bénie comme son Tabernacle, lorsque Vous avez porté dans votre sein Jésus-Christ, plein de la gloire de son Père ; Jésus-Christ, Dieu et homme tout ensemble ; Jésus-Christ, avec les deux natures dont Il se compose et qui forment la perfection de son être. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, Vous qui avez renfermé dans le sanctuaire inviolable de votre virginité le céleste Trésor en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science. Vous êtes vraiment bénie, Vous qui, seule entre toutes les mères, avez été préparée pour Mère à votre Créateur, sans que la fécondité maternelle portât aucune atteinte à l'éclat de votre virginité. Vous êtes vraiment bénie Vous qui, seule, avez eu l'honneur de donner la vie à Jésus notre Sauveur, le Fruit béni de vos entrailles ; Vous par qui toutes les nations font entendre ce cri d'allégresse : « Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur » ; et encore : « Béni est pour l'éternité le nom de sa gloire ; sa gloire remplira toute la terre ». Vous êtes bénie entre toutes les femmes, Vous que toutes les générations appellent Bienheureuse, que les rois comblent de louanges, que les princes vénèrent, dont les riches du peuple sollicitent par leurs prières un regard, à la suite de laquelle le chœur des vierges, dont les unes suivent et les autres précèdent, s'efforce d'entrer dans le temple du Maître de l'univers. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, Vous qu'Isaïe d'un œil éclairé par la lumière céleste, a nommé Vierge et Prophétesse ; qu'il a clairement représentée sous la figure d'un livre dont les feuillets sont fermés par un sceau divin. Vous êtes vraiment bénie, vous qu'Ézéchiel a annoncée comme l'Orient, comme la porte close par laquelle Dieu seul doit passer, et qui après son passage doit rester close comme auparavant. Vous êtes seule véritablement-bénie, Vous que Daniel, cet homme de désirs, a vue sous la figure d'une grande montagne, que l'admirable Habacuc a contemplée sous l'emblème d'une colline ombragée, et que David, votre aïeul, a célébrée, dans ses chants prophétiques, comme la montagne de Dieu, la montagne grasse, la montagne fertile, la montagne où il a plu au Seigneur d'habiter. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, Vous que Zacharie, dans ses divines et claires visions, a considérée sous l'image d'un chandelier d'or, où brillent sept lampes et sept tuyaux du même métal, symbole des sept dons du divin Esprit qui l'illuminent de toutes parts. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le Fruit de vos entrailles est béni ; ce fruit, dis-je, qui, mangé par Adam, notre premier père, lui a fait heureusement rejeter l'ancien et trompeur aliment que la ruse du démon lui avait fait avaler ; ce fruit d'où découle ce goût suave qui ôte au bois son amertume et s'infiltre dans la nature humaine pour la purifier ; ce fruit qui, au désert, a fait jaillir du rocher, pour abreuver Israël dans sa course errante, des sources qui se débordaient comme des fleuves, a ramené à la douceur les eaux de Mara, et fait pleuvoir un pain céleste, nouveau genre de nourriture que n'a pas produit le sein de la terre entrouverte par la charrue. Béni ce fruit qui, par le ministère d'Élisée, a rendu potables et fécondes, en vertu du mélange d'un sel mystérieux, des eaux stériles et amères. Béni ce Fruit qui, comme une grappe choisie de raisin, après avoir germé dans le sein incorruptible d'une vierge, et donné une fleur odorante, s'est colorée en prenant sa maturité. Béni ce Fruit d'où naissent les fontaines de cette eau qui jaillit jusqu'à la vie éternelle, ce Fruit qui forme le Pain de vie, je veux dire le Corps du Seigneur, et nous fournit le breuvage salutaire du calice de l'immortalité. Béni ce Fruit dont toute langue célèbre la sainteté dans le ciel, sur la terre et dans les enfers. Oui, ô Marie ! Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le Fruit de vos entrailles est béni. Amen. »

Saint André de Crète (660-740)

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Voir également de Saint André de Crète :
La « Première Ode du Grand Canon » de Saint André de Crète
La deuxième Ode du Grand Canon « Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis » de Saint André de Crète
Homélie de Saint André de Crète sur la Nativité de la Vierge Marie « Aujourd'hui est apparu l'éclat de la Pourpre divine »
La Prière de Saint André de Jérusalem « Ô Marie ! Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le Fruit de vos entrailles est béni »
La Prière de Saint André « Ô Vierge Sainte, accordez-nous le secours de Vos prières auprès de Dieu »