Hymne de louange au Dieu trinitaire de Saint Grégoire de Nazianze :

« Gloire à Dieu le Père et à son Fils, Roi universel ! Gloire à celui qui est digne de toute louange, l'Esprit très saint ! La Trinité est un seul Dieu qui a tout créé et tout peuplé ; il a peuplé le ciel d'êtres célestes, et la terre d'êtres terrestres ; il a peuplé la mer, les fleuves, les cours d'eau, des multitudes d'êtres qui y foisonnent ; il donne à tous la vie, par la vertu propre de son Esprit, afin que toute la création rende hommage à la sagesse de son Créateur, seule cause de sa vie et de sa persistance dans l'être. Que l'homme surtout, créature raisonnable, te chante en toutes circonstances comme le Grand Roi, comme le bon Père ! Quant à moi, fais que par mon esprit, mon âme, ma langue, ma pensée, je T'offre une pure louange, ô Père ! Amen. »

Saint Grégoire de Nazianze (329-390)


Prions : Nous vous saluons, ô Saint Grégoire de Nazianze, docteur immortel, vous à qui l’Orient et l’Occident ont décerné de concert le titre de Théologien par excellence ! Illuminé des rayons de la glorieuse Trinité, vous nous en avez manifesté les splendeurs, autant que notre œil mortel les peut entrevoir à travers le nuage de cette vie. En vous s’est accomplie cette parole : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu’ils verront Dieu ! » La pureté de votre âme l’avait préparée à recevoir la lumière divine, et votre plume inspirée a su rendre une partie de ce que votre âme avait goûté. Obtenez-nous, ô grand Docteur, le don de la foi, qui met la créature en rapport avec Dieu, et le don de l’intelligence, qui lui fait entendre ce qu’elle croit. Tous vos labeurs eurent pour but de prémunir les fidèles contre les séductions de l’hérésie, en faisant luire à leurs yeux les dogmes divins dans toute leur magnificence ; rendez-nous attentifs, afin que nous évitions les pièges de Terreur, et ouvrez notre œil à la lumière ineffable des mystères, à cette lumière qui, comme dit saint Pierre, est pour nous semblable à une lampe allumée dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour commence à briller, et que l’étoile du matin se lève dans nos cœurs. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.


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Voir également sur Saint Grégoire de Nazianze :
La « Catéchèse de Benoît XVI du mercredi 8 août 2007 » sur Saint Grégoire de Nazianze
La « Catéchèse de Benoît XVI du mercredi 22 août 2007 » sur Saint Grégoire de Nazianze
La Prière à « L'Au-delà de Tout » de Saint Grégoire de Nazianze à Dieu le Père
La « Prière Trinitaire » de Saint Grégoire de Nazianze
La Prière contre l’orgueil « J’ai été déçu, ô mon Christ, pour avoir trop présumé » de Saint Grégoire de Nazianze
La Prière de Saint Grégoire de Nazianze « Reçois-moi, ô mon Sauveur ! Mais ma purification est si incomplète ! » à l’aube de la mort
La Prière du Matin de Saint Grégoire de Nazianze « Voici l’aurore, voici mes mains, Ô mon Dieu, je Te les donne »
La Prière du Soir de Saint Grégoire de Nazianze « Nous Te bénissons, triple Lumière » à la Sainte Trinité
La Prière des Béatitudes de Saint Grégoire de Nazianze « Heureux celui qui mène une vie solitaire »
La Prière Martyrs de Saint Grégoire de Nazianze « Prêtres, mères, enfants, imitons ces grands exemples »
La Prière de Saint Grégoire de Nazianze à Saint Athanase « Ô tête chère et sacrée, illustre et vénérable évêque »
La Prière de Saint Grégoire de Nazianze contre le malin « Tu es venu, malfaiteur : je reconnais tes pensées »
La Prière de Saint Grégoire de Nazianze « Seigneur, continue à me donner pour que je puisse partager »
L’Hymne du Soir de Saint Grégoire de Nazianze « Ô Dieu, que mon sommeil soit toujours habité de Ta présence »


LE PAPE BENOIT XVI CELEBRE L'EPIPHANIE

Saint Grégoire de Nazianze d’après la Catéchèse de Benoît XVI lors de son audience générale le mercredi 8 août 2007 :

Chers frères et sœurs !

Mercredi dernier, j'ai parlé d'un grand maître de la foi, le Père de l'Eglise saint Basile. Aujourd'hui, je voudrais parler de son ami Saint Grégoire de Nazianze, lui aussi, comme Basile, originaire de Cappadoce. Illustre théologien, orateur et défenseur de la foi chrétienne au IV siècle, il fut célèbre pour son éloquence et avait également, en tant que poète, une âme raffinée et sensible.

Saint Grégoire de Nazianze naquit au sein d'une noble famille. Sa mère le consacra à Dieu dès sa naissance qui eut lieu autour de l'an 330. Après une première éducation familiale, il fréquenta les écoles les plus célèbres de son temps : il fut d'abord à Césarée de Cappadoce, où il se lia d'amitié avec Basile, futur Evêque de cette ville, puis il séjourna dans d'autres métropoles du monde antique, comme Alexandrie d'Egypte et surtout Athènes, où il rencontra de nouveau Basile. En ré-évoquant son amitié avec lui, Saint Grégoire de Nazianze écrira plus tard : « Alors, non seulement je me sentais empli de vénération pour mon grand Basile, pour ses mœurs sérieuses et la maturité et la sagesse de ses écrits, mais j'en encourageais également d'autres, qui ne le connaissaient pas encore, à en faire autant... Nous étions guidés par le même désir de savoir... Telle était notre compétition : non pas qui était le premier, mais qui permettait à l'autre de l'être. On aurait dit que nous avions une unique âme et un seul corps ». Ce sont des paroles qui sont un peu l'autoportrait de cette noble âme. Mais l'on peut également imaginer que cet homme, qui était fortement projeté au-delà des valeurs terrestres, a beaucoup souffert pour les choses de ce monde.

De retour chez lui, Saint Grégoire de Nazianze reçut le Baptême et s'orienta vers la vie monastique : la solitude, la méditation philosophique et spirituelle le fascinaient : « Rien ne me semble plus grand que cela : faire taire ses sens, sortir de la chair du monde, se recueillir en soi, ne plus s'occuper des choses humaines, sinon celles strictement nécessaires; parler avec soi-même et avec Dieu, conduire une vie qui transcende les choses visibles; porter dans l'âme des images divines toujours pures, sans y mêler les formes terrestres et erronées, être véritablement le reflet immaculé de Dieu et des choses divines, et le devenir toujours plus, en puisant la lumière à la lumière...; jouir, dans l'espérance présente, du bien à venir et converser avec les anges; avoir déjà quitté la terre, tout en restant sur terre, transporté vers le haut par l'esprit » (Oratio, 2, 7: SC 247, 96).

Comme il le confie dans son autobiographie, Saint Grégoire de Nazianze reçut l'ordination sacerdotale avec une certaine réticence, car il savait qu'il aurait dû faire ensuite le Pasteur, s'occuper des autres, de leurs affaires, et donc ne plus se recueillir ainsi dans la pure méditation : toutefois, il accepta ensuite cette vocation, et accomplit le ministère pastoral en pleine obéissance acceptant, comme cela lui arrivait souvent dans la vie, d'être porté par la Providence là où il ne voulait pas aller. (cf. Jn 21, 18). En 371, son ami Basile, Evêque de Césarée, contre la volonté de Grégoire lui-même, voulut le consacrer Evêque de Sasimes, une petite ville ayant une importance stratégique en Cappadoce. Toutefois, en raison de diverses difficultés, il n'en prit jamais possession et demeura en revanche dans la ville de Nazianze.

Vers 379, Saint Grégoire de Nazianze fut appelé à Constantinople, la capitale, pour guider la petite communauté catholique fidèle au Concile de Nicée et à la foi trinitaire. La majorité adhérait au contraire à l'arianisme, qui était « politiquement correct » et considéré comme politiquement utile par les empereurs. Ainsi, il se trouva dans une situation de minorité, entouré d'hostilité. Dans la petite église de l'Anastasis, il prononça cinq Discours théologiques (Orationes 27-31: SC 250, 70-343) précisément pour défendre et rendre également intelligible la foi trinitaire. Il s'agit de discours demeurés célèbres en raison de la sûreté de la doctrine, de l'habilité du raisonnement, qui fait réellement comprendre qu'il s'agit bien de la logique divine. Et la splendeur de la forme également les rend aujourd'hui fascinants. Saint Grégoire de Nazianze reçut, en raison de ces discours, l'appellation de « théologien ». Ainsi, il fut appelé par l'Eglise orthodoxe le « Grégoire le Théologien ». Et cela parce que pour lui, la théologie n'est pas une réflexion purement humaine, et encore moins le fruit uniquement de spéculations complexes, mais parce qu'elle découle d'une vie de prière et de sainteté, d'un dialogue assidu avec Dieu. Et précisément ainsi, elle fait apparaître à notre raison la réalité de Dieu, le mystère trinitaire. Dans le silence de la contemplation, mêlé de stupeur face aux merveilles du mystère révélé, l'âme accueille la beauté et la gloire divine.

Alors qu'il participait au second Concile œcuménique de 381, Saint Grégoire de Nazianze fut élu Evêque de Constantinople et assura la présidence du Concile. Mais très vite, une forte opposition se déchaîna contre lui, jusqu'à devenir insoutenable. Pour une âme aussi sensible, ces inimitiés étaient insupportables. Il se répétait ce que Grégoire avait déjà dénoncé auparavant à travers des paroles implorantes : « Nous avons divisé le Christ, nous qui aimions tant Dieu et le Christ ! Nous nous sommes mentis les uns aux autres à cause de la Vérité, nous avons nourri des sentiments de haine à cause de l'Amour, nous nous sommes divisés les uns les autres ! » (Oratio 6, 3: SC 405, 128). On en arriva ainsi, dans un climat de tension, à sa démission. Dans la cathédrale bondée, Saint Grégoire de Nazianze prononça un discours d'adieu d'un grand effet et d'une grande dignité (cf. Oratio 42: SC 384, 48-114). Il concluait son intervention implorante par ces paroles : « Adieu, grande ville aimée du Christ... Mes fils, je vous en supplie, conservez le dépôt de la foi qui vous a été confié (cf. 1 Tm 6, 20), souvenez-vous de mes souffrances (cf. Col 4, 18). Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous tous » (cf. Oratio 42, 27: SC 384, 112-114).

Il retourna à Nazianze et, pendant deux ans environ, il se consacra au soin pastoral de cette communauté chrétienne. Puis, il se retira définitivement dans la solitude, dans la proche Arianze, sa terre natale, où il consacra à l'étude et à la vie ascétique. Au cours de cette période, il composa la plus grande partie de son œuvre poétique, surtout autobiographique : le De vita sua, une relecture en vers de son chemin humain et spirituel, le chemin exemplaire d'un chrétien qui souffre, d'un homme d'une grande intériorité dans un monde chargé de conflits. C'est un homme qui nous fait ressentir le primat de Dieu, et qui nous parle donc également à nous, à notre monde : sans Dieu, l'homme perd sa grandeur, sans Dieu, le véritable humanisme n'existe pas. Ecoutons donc cette voix et cherchons à connaître nous aussi le visage de Dieu. Dans l'une de ses poésies, il avait écrit, en s'adressant à Dieu : « Sois clément, Toi, l'Au-Delà de tous » (Carmina 1, 1, 29: PG 37, 508). Et, en 390, Dieu accueillait dans ses bras ce fidèle serviteur qui, avec une intelligence aiguë, l'avait défendu dans ses écrits et qui, avec tant d'amour, l'avait chanté dans ses poésies.

Benoît XVI



Voir également sur Saint Grégoire de Nazianze :
La « Catéchèse de Benoît XVI du mercredi 8 août 2007 » sur Saint Grégoire de Nazianze
La « Catéchèse de Benoît XVI du mercredi 22 août 2007 » sur Saint Grégoire de Nazianze
La Prière à « L'Au-delà de Tout » de Saint Grégoire de Nazianze à Dieu le Père
La « Prière Trinitaire » de Saint Grégoire de Nazianze
La Prière contre l’orgueil « J’ai été déçu, ô mon Christ, pour avoir trop présumé » de Saint Grégoire de Nazianze
La Prière de Saint Grégoire de Nazianze « Reçois-moi, ô mon Sauveur ! Mais ma purification est si incomplète ! » à l’aube de la mort
La Prière du Matin de Saint Grégoire de Nazianze « Voici l’aurore, voici mes mains, Ô mon Dieu, je Te les donne »
La Prière du Soir de Saint Grégoire de Nazianze « Nous Te bénissons, triple Lumière » à la Sainte Trinité
La Prière des Béatitudes de Saint Grégoire de Nazianze « Heureux celui qui mène une vie solitaire »
La Prière Martyrs de Saint Grégoire de Nazianze « Prêtres, mères, enfants, imitons ces grands exemples »
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