La Prière de Saint Grégoire de Nysse « Âme, sache combien le Créateur t’honore » :

« Âme, sache combien le Créateur t’honore, plus que le reste de la création. Le ciel n’est pas à l’image de Dieu, ni la lune, ni le soleil, ni les astres si beaux, ni rien de ce qui apparaît dans la création. Toi seul est l’image de la nature qui dépasse toute intelligence. Toi seul ressembles à la beauté incorruptible ; tu es la marque de la vraie divinité, le réceptacle de la vie bienheureuse, l’empreinte de la véritable lumière. Si tu la regardes, tu deviens ce qu’Il est : tu imites Celui qui brille en toi par la lumière qui naît de ta pureté et qui éclaire à son tour. Rien n’est assez grand dans le monde pour supporter la comparaison de ta grandeur. Le ciel est tout entier contenu dans l’empan de Dieu, la terre et la mer sont enfermées dans son poing. Et pourtant, Lui si grand, Lui tel qu’Il est capable de tenir dans sa main toute la création, devient tout entier contenu en toi ; Il habite en toi sans se tenir à l’étroit lorsqu’Il entre en ta nature. Ainsi soit-il. »

Saint Grégoire de Nysse (335-394)

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La Prière de Saint Grégoire de Nysse « C’est Lui, le Christ, qui est notre Paix »
La Méditation de Saint Grégoire de Nysse sur la question « Pourquoi le Christ est-Il venu jusqu’à nous ? »
La Prière de Saint Grégoire de Nysse « Ô Toi l’au-delà de tout »
La Prière de Saint Grégoire de Nysse « En vérité, Seigneur, Tu es Source de bonté ! »



LE PAPE BENOIT XVI CELEBRE L'EPIPHANIE

  • « Saint Grégoire de Nysse » d’après la Catéchèse de Benoît XVI lors de ses audiences générales des mercredi 29 aout et 5 septembre 2007 :


Chers frères et sœurs !

Dans les dernières catéchèses, j'ai parlé de deux grands docteurs de l'Eglise du IV siècle, Basile et Grégoire de Nazianze, Evêque de Cappadoce, dans l'actuelle Turquie. Aujourd'hui, nous en ajoutons un troisième, le frère de Basile, Saint Grégoire de Nysse, qui s'est révélé un homme au caractère réfléchi, avec de grandes capacités de méditation, et d'une vive intelligence, ouverte à la culture de son temps. Il s'est ainsi révélé comme un penseur original et profond dans l'histoire du christianisme.

Saint Grégoire de Nysse naquit autour de 335; sa formation chrétienne fut suivie en particulier par son frère Basile - qu'il définit comme « père et maître » (Ep 13, 4: SC 363, 198) - et par sa sœur Macrine. Il suivit ses études en appréciant particulièrement la philosophie et la rhétorique. Dans un premier temps, il se consacra à l'enseignement et se maria. Ensuite, il se consacra lui aussi entièrement, comme son frère et sa sœur, à la vie ascétique. Plus tard, il fut élu Evêque de Nysse, et se démontra un pasteur zélé, ce qui lui valut l'estime de la communauté. Accusé de malversations financières par ses adversaires hérétiques, il dut abandonner le siège épiscopal pendant une brève période, mais il y revint ensuite triomphalement (cf. Ep. 6: SC 363, 164-170), et il continua à se consacrer à la lutte pour défendre la vraie foi.

En particulier après la mort de Basile, recueillant presque son héritage spirituel, Saint Grégoire de Nysse coopéra au triomphe de l'orthodoxie. Il participa à divers synodes; il chercha à résoudre les conflits entre les Eglises; il participa activement à la réorganisation ecclésiastique et, en tant que « pilier de l'orthodoxie », il fut l'un des acteurs du Concile de Constantinople de 381, qui définit la divinité de l'Esprit Saint. Il reçut diverses charges officielles de la part de l'empereur Théodose, il prononça d'importants discours et homélies funèbres, il se consacra à la rédaction de diverses œuvres théologiques. En 394, il participa encore à un synode qui se déroula à Constantinople. On ne connaît pas la date de sa mort.

Saint Grégoire de Nysse explique avec clarté la finalité de ses études, le but suprême auquel il aspire dans son travail de théologien : ne pas employer sa vie en choses vaines, mais trouver la lumière qui permet de discerner ce qui est vraiment utile (cf. In Ecclesiasten hom. 1: SC 416, 106-146). Il trouva ce bien suprême dans le christianisme, grâce auquel est possible « l'imitation de la nature divine » (De professione christiana: PG 46, 244C). Avec sa vive intelligence et ses vastes connaissances philosophiques et théologiques, il défendit la foi chrétienne contre les hérétiques, qui niaient la divinité du Fils et de l'Esprit Saint (comme Eunomios et les Macédoniens), ou mettaient en doute la parfaite humanité du Christ (comme Apollinaire). Il commenta l'Ecriture Sainte, s'arrêtant sur la création de l'homme. Cela était pour lui un thème central : la création. Il voyait dans la créature le reflet du Créateur et trouvait là le chemin vers Dieu. Mais il écrivit également un livre important sur la vie de Moïse, qu'il présente comme un homme en marche vers Dieu : cette montée vers le Mont Sinaï devient pour lui une image de notre ascension dans la vie humaine, vers la vraie vie, vers la rencontre avec Dieu. Il a interprété également la prière du Seigneur, le Notre-Père, et les Béatitudes. Dans son « Grand discours catéchétique » (Oratio catechetica magna) - il exposa les lignes fondamentales de la théologie, non pas pour une théologie académique refermée sur elle-même, mais pour offrir aux catéchistes un système de référence dont tenir compte dans leurs instructions, comme un cadre dans lequel s'inscrit ensuite l'interprétation théologique de la foi.

En outre, Saint Grégoire de Nysse est célèbre pour sa doctrine spirituelle. Toute sa théologie n'était pas une réflexion académique, mais l'expression d'une vie spirituelle, d'une vie de foi vécue. En tant que grand « père de la mystique », Saint Grégoire de Nysse exposa dans divers traités - comme le De professione christiana et le De perfectione christiana - le chemin que les chrétiens doivent entreprendre pour atteindre la vraie vie, la perfection. Il exalta la virginité consacrée (De virginitate), et en proposa un modèle éminent dans la vie de sa sœur Macrine, qui est toujours restée pour lui un guide, un exemple (cf. Vita Macrinae). Il tint divers discours et homélies, et écrivit de nombreuses lettres. En commentant la création de l'homme, Grégoire souligne que Dieu, « le meilleur des artistes, forge notre nature de manière à la rendre adaptée au service de la royauté. A travers la supériorité établie de l'âme, et au moyen de la conformation même du corps, il dispose les choses de manière à ce que l'homme soit réellement adapté au pouvoir royal » (De hominis opificio 4: PG 44, 136B). Mais nous voyons que l'homme, pris dans les mailles des péchés, abuse souvent de la création et n'exerce pas une véritable royauté. C'est pourquoi, afin d'exercer une véritable responsabilité envers les créatures, il doit être pénétré par Dieu et vivre dans sa lumière. En effet, l'homme est un reflet de cette beauté originelle qui est Dieu : « Tout ce que Dieu créa était excellent » , écrit le saint Evêque. Et il ajoute : « Le récit de la création en témoigne (cf. Gn 1, 31). Parmi les choses excellentes se trouvait aussi l'homme, orné d'une beauté largement supérieure à toutes les belles choses. En effet, quelle chose pouvait être aussi belle que celui qui est semblable à la beauté pure et incorruptible ?... Reflet et image de la vie éternelle, il était véritablement beau, et même très beau, comme le signe rayonnant de la vie sur son visage » (Homilia in Canticum 12: PG 44, 1020C).

L'homme a été honoré par Dieu et placé au-dessus de toute autre créature : « Le ciel n'a pas été fait à l'image de Dieu, ni la lune, ni le soleil, ni la beauté des étoiles, ni aucune des choses qui apparaissent dans la création. Seule toi (anima umana) tu as été rendue l'image de la nature qui domine toute intelligence, ressemblance de la beauté incorruptible, empreinte de la vraie divinité, réceptacle de la vie bienheureuse, image de la véritable lumière; et lorsque tu la regardes, tu deviens ce qu'Il est, car à travers le rayon reflété provenant de ta pureté, tu imites Celui qui brille en toi. Aucune des choses qui existe n'est grande au point de pouvoir être comparée à ta grandeur » (Voir cette prière ci-dessus : Homilia in Canticum 2: PG 44, 805D). Méditons cet éloge de l'homme. Voyons également à quel point l'homme est dégradé par le péché. Et cherchons à revenir à la grandeur originelle : ce n'est que si Dieu est présent que l'homme arrive à sa véritable grandeur.

L'homme reconnaît donc en lui-même le reflet de la lumière divine : en purifiant son cœur, il redevient comme il était au début, une image limpide de Dieu, Beauté exemplaire (cf. Oratio catechetica 6: SC 453, 174). Ainsi, l'homme, en se purifiant, peut voir Dieu, comme les cœurs purs (cf. Mt 5, 8) : « Si, avec un style de vie diligent et attentif, tu effaces les choses laides qui se sont déposées sur ton cœur, alors resplendira en toi la beauté divine... En te contemplant toi-même, tu verras en toi celui qui est le désir de ton cœur et tu seras bienheureux » (De beatitudinibus, 6: PG 44, 1272AB). Il faut donc laver les choses laides qui se sont déposées sur notre cœur et retrouver en nous-même la lumière de Dieu.

L'homme a donc comme objectif la contemplation de Dieu. Ce n'est qu'en celle-ci qu'il peut trouver sa réalisation. Pour anticiper, dans une certaine mesure, cet objectif déjà au cours de cette vie, il doit progresser sans cesse vers une vie spirituelle, une vie de dialogue avec Dieu. En d'autres termes - et telle est la leçon la plus importante que saint Grégoire de Nysse nous transmet -, la pleine réalisation de l'homme consiste dans la sainteté, dans une vie vécue dans la rencontre avec Dieu, qui devient ainsi lumineuse également pour les autres, et pour le monde.

Je vous propose quelques aspects de la doctrine de saint Grégoire de Nysse, dont nous avons déjà parlé mercredi dernier. En premier lieu, Grégoire de Nysse manifesta une conception très élevée de la dignité de l'homme. Le but de l'homme, dit le saint Evêque, est celui de devenir semblable à Dieu, et il atteint ce but avant tout à travers l'amour, la connaissance et la pratique des vertus, « rayons lumineux qui descendent de la nature divine » (De Beatitudinibus 6: PG 44, 1272 C), dans un mouvement perpétuel d'adhésion au bien, comme le coureur qui est tendu en avant. Grégoire utilise, à ce propos, une image efficace, déjà présente dans la Lettre de Paul aux Philippiens : épek-teinómenos (3, 13), c'est-à-dire « lancé vers l'avant », vers ce qui est plus grand, vers la vérité et l'amour. Cette expression appropriée indique une réalité profonde : la perfection, que nous voulons trouver n'est pas une chose acquise pour toujours; la perfection est le fait de rester en chemin, c'est une disposition permanente à aller de l'avant, car l'on n'atteint jamais la pleine ressemblance avec Dieu; nous sommes toujours en chemin (cf. Homilia in Canticum 12: PG 44, 1025d). L'histoire de chaque âme est celle d'un amour à chaque fois comblé et, dans le même temps, ouvert sur de nouveaux horizons, car Dieu étend sans cesse les possibilités de l'âme, pour la rendre capable de biens toujours plus grands. Dieu lui-même, qui a déposé en nous des germes de bien, et dont part toute initiative de sainteté, « modèle le bloc... En limant et en nettoyant notre esprit, il forme en nous le Christ » (In Psalmos 2, 11: PG 44, 544B).

Grégoire se soucie de préciser : « Ce n'est pas, en effet, notre œuvre, et ce n'est pas non plus la victoire d'une force humaine que de devenir semblables à la divinité, mais c'est le résultat de la munificence de Dieu, qui dès sa première origine a fait grâce à notre nature de la ressemblance avec Lui » (De virginitate 12, 2: SC 119, 408-410). Donc, pour l'âme, « il ne s'agit pas de connaître quelque chose de Dieu, mais d'avoir Dieu en soi » (De beatitudinibus 6: PG 44, 1269c). Du reste, remarque Grégoire avec acuité, « la divinité est pureté, est affranchissement des passions et disparition de tout mal : si toutes ces choses sont en toi, Dieu est réellement en toi » (De beatitudinibus 6: PG 44, 1272C).

Lorsque nous avons Dieu en nous, lorsque l'homme aime Dieu, par cette réciprocité qui est propre à l'amour, il désire ce que Dieu lui-même désire (cf. Homilia in Canticum 9: PG 44, 956ac), et il coopère donc avec Dieu à modeler en lui l'image divine, si bien que « notre naissance spirituelle est le résultat d'un libre choix, et nous sommes d'une certaine façon les parents de nous-mêmes, en nous créant comme nous voulons être et en nous formant par notre volonté selon le modèle que nous choisissons » (Vita Moysis 2, 3: SC 1bis, 108). Pour s'élever vers Dieu, l'homme doit se purifier : « La voie qui reconduit au ciel la nature humaine, n'est autre que l'éloignement des maux de ce monde... Devenir semblable à Dieu signifie devenir juste, saint et bon... Si donc, selon l'Ecclésiaste (5, 1), « Dieu est au ciel » et si, selon le prophète (Ps 72, 28), vous « adhérez à Dieu », il s'ensuit nécessairement que vous êtes là où Dieu se trouve, du moment que vous êtes unis à Lui. Etant donné qu'il vous a ordonné, lorsque vous priez, d'appeler Dieu Père, il vous dit de devenir sans aucun doute semblables à votre Père céleste, avec une vie digne de Dieu, comme le Seigneur nous l'ordonne plus clairement ailleurs, en disant : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48)" (De oratione dominica 2: PG 44, 1145ac).

Sur ce chemin d'ascèse spirituelle, le Christ est le modèle et le maître, qui nous fait voir la belle image de Dieu (cf. De perfectione christiana, PG 46, 272a). Chacun de nous, en se tournant vers Lui, se retrouve être « le peintre de sa propre vie », qui possède la volonté pour exécuter le travail et les vertus comme des couleurs dont se servir (ibid.: PG 46, 272b). Si l'homme est considéré digne du Christ, comment doit-il donc se comporter ? Grégoire répond ainsi : « Il doit toujours examiner au plus profond de lui ses pensées, ses paroles et ses actions, pour voir si celles-ci sont tournées vers le Christ ou si elles s'éloignent de lui » (ibid.: PG 46, 284c). Et ce point est important en raison de la valeur qu'il attribue à la parole « chrétien ». Le chrétien est quelqu'un qui porte le nom du Christ, et il doit donc s'assimiler à Lui également dans sa vie. A travers le Baptême, nous chrétiens, assumons une grande responsabilité.

Mais le Christ - rappelle Grégoire - est présent également dans les pauvres, c'est pourquoi ils ne doivent jamais être offensés : « Ne méprise pas ceux qui gisent étendus, comme si pour cette raison ils ne valaient rien. Considère qui ils sont, et tu découvriras quelle est leur dignité : ils représentent pour nous la Personne du Sauveur. Et il en est ainsi : car le Seigneur, dans sa bonté, leur prêta sa personne elle-même, afin que, à travers celle-ci, s'émeuvent ceux qui sont durs de cœur et ennemis des pauvres » (De pauperibus amandis: PG 46, 460bc). Grégoire, avons-nous dit, parle de montée : montée vers Dieu dans la prière, à travers la pureté du cœur; mais montée vers Dieu également à travers l'amour pour le prochain. L'amour est l'échelle qui conduit vers Dieu. Par conséquent, Grégoire de Nysse apostrophe avec vivacité chacun de ses auditeurs : « Sois généreux avec ces frères, victimes du malheur. Donne à l'affamé ce que tu ôtes à ton ventre » (ibid.: PG 46, 457c).

Avec une grande clarté, Grégoire rappelle que nous dépendons tous de Dieu, et c'est pourquoi il s'exclame : « Ne pensez pas que tout vous appartienne ! Il doit également y avoir une part pour les pauvres, les amis de Dieu. En effet, la vérité est que tout vient de Dieu, Père universel, et que nous sommes frères et appartenons à une même race » (cf. ibid.: PG 46, 465b). Il faut alors que le chrétien s'examine, insiste encore Grégoire : « Mais à quoi te sert-il de jeûner et de faire abstinence de la chair, si ensuite avec ta méchanceté tu ne fais rien d'autre que dévorer ton frère? Quel gain tires-tu, face à Dieu, du fait de ne pas manger ce qui est à toi, si ensuite, agissant injustement, tu arraches des mains du pauvre ce qui lui appartient ? » (ibid.: PG 46, 456a).

Nous concluons ces catéchèses sur trois grands Pères de Cappadoce en rappelant encore cet aspect important de la doctrine spirituelle de Grégoire de Nysse, qui est la prière. Pour progresser sur le chemin vers la perfection et accueillir Dieu en soi, porter en soi l'Esprit de Dieu, l'amour de Dieu, l'homme doit se tourner avec confiance vers Lui dans la prière : « A travers la prière nous réussissons à être avec Dieu. Mais celui qui est avec Dieu est loin de l'ennemi. La prière est soutien et défense de la chasteté, frein de la colère, apaisement et domination de l'orgueil. La prière est conservation de la virginité, protection de la fidélité dans le mariage, espérance pour ceux qui veillent, abondance de fruits pour les agriculteurs, sécurité pour les navigateurs » (De oratione dominica 1: PPG 44, 1124A-B). Le chrétien prie en s'inspirant toujours de la prière du Seigneur : « Si nous voulons donc prier que descende sur nous le Royaume de Dieu, nous lui demandons cela à travers la puissance de la Parole : que je sois éloigné de la corruption, que je sois libéré de la mort, que je sois dégagé des chaînes de l'erreur; que jamais la mort ne règne sur moi, que la tyrannie du mal n'ait jamais de pouvoir sur moi, que l'adversaire ne domine pas sur moi ni ne me fasse prisonnier à travers le péché, mais que ton Règne vienne sur moi, afin que s'éloignent de moi ou, mieux encore, que disparaissent les passions qui, à présent, me dominent et règnent en maîtres » (ibid., 3: PG 44, 1156d-1157a).

Une fois sa vie terrestre terminée, le chrétien pourra ainsi s'adresser avec sérénité à Dieu. Parlant de cela, saint Grégoire pense à la mort de sa sœur Macrine, et écrit qu'à l'heure de sa mort, elle priait Dieu ainsi : « Toi qui as sur la terre le pouvoir de remettre les péchés, "détourne de moi tes yeux, que je respire" (Ps 38, 14), et pour que je sois trouvée à tes côtés sans tâche, au moment où je suis dépouillée de mon corps (cf. Col 2, 11), de façon à ce que mon esprit, saint et immaculé (cf. Ep 5, 27), soit accueilli entre tes mains, "devant toi comme un encens » (Ps 140, 2" (Vita Macrinae 24: SC 178, 224). Cet enseignement de saint Grégoire demeure toujours valide : non seulement parler de Dieu, mais porter Dieu en soi. Nous le faisons avec l'engagement de la prière et en vivant dans l'esprit de l'amour pour tous nos frères.


Benoît XVI


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