La Prière de Saint Jean-Baptiste de La Salle « Ô Monseigneur Jésus-Christ, je crois que Vous vous êtes fait enfant pour l'amour de moi » :

« Monseigneur Jésus-Christ, je crois fermement que Vous, qui êtes le Fils unique (Jn 1, 14 ; 1, 18 ; Jn 4, 9) de Dieu le Père tout-Puissant, et un même Dieu éternel avec Lui (He 1, 3), avez bien voulu Vous faire homme (He 2, 14), Vous revêtir de notre chair (Jn 1, 14), en prenant un corps et une âme semblables aux nôtres par l'opération du Saint-Esprit dans le sein de la Très pure Vierge (Lc 1, 35 ; Mt 1, 20) de laquelle Vous êtes né sous la forme d'un petit enfant (Lc 2, 6-17) sans cesser d'être Dieu. Je le crois, ô mon Sauveur, parce que la foi me l'enseigne ainsi. Oui, mon Dieu, je crois que Vous vous êtes fait enfant pour l'amour de moi. Vous êtes né dans une étable (Lc 2, 7) au milieu de la nuit (Sf 18, 14-15) et au plus fort de l'hiver. Vous avez été couché (Lc 2, 7) sur le foin et sur la paille. Votre Amour pour moi Vous a réduit à une pauvreté et à une indigence inouïe et si extrême qu'on a jamais ouï dire rien de semblable jusqu'alors. Je crois, Monseigneur, toutes ces vérités que la foi m'enseigne de votre Amour pour moi. Vous eussiez pu naître dans l'abondance des richesses, dans l'éclat des honneurs et dans le plus magnifique palais qui fut jamais. Vous pouviez, en naissant, prendre possession de tous les royaumes du monde, car ils Vous appartenaient (Lc 4, 5-6) ; la terre et tout ce qu'elle contient est au Seigneur, dit le prophète royal, (Ps 23 ; Ps 24, 1). Mais Vous n'avez pas voulu jouir de tous ces droits, ô mon divin Sauveur. Votre infinie Sagesse a jugé qu'il m'était beaucoup plus avantageux de me donner, en Votre adorable Personne, l'exemple de la vie que je dois mener et du chemin que je dois tenir pour arriver à la vraie gloire et à la jouissance des vrais biens et des richesses spirituelles et célestes par le mépris des biens périssables de la terre et des faux honneurs passagers. Vous connaissez, Seigneur, combien mon inclination superbe, avare, et désireuse des plaisirs séduisants m'y porte avec fureur. Vous avez voulu par votre Amour et Bonté infinie me guérir à Vos dépens de cette maladie si funeste, et me mériter la Grâce de Vous suivre et marcher sur Vos traces (1 P 2, 21). C'est ce que je suis résolu de faire, ô mon aimable Sauveur, quoi qu'il m'en puisse coûter, quelques répugnances que ma nature corrompue y ressente et quelques difficultés que mon amour propre y puisse trouver. Aidez-moi, je Vous supplie, ô mon Dieu, dans ma faiblesse qui est très grande pour l'exécution. Accordez-moi la Grâce que Vous m'avez méritée dans ce Mystère pour vous imiter. Augmentez, s'il Vous plaît, Seigneur, ma foi qui est bien faible (Mc 9, 24). Ainsi soit-il. »

Saint Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719)

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