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La Prière de Saint Jean d'Avila sur le remède salutaire de la Confession « Ô Bonté éternelle et infinie qui aimez ceux même qui s'éloignent de Vous » :

« Ô Bonté éternelle et infinie qui aimez ceux même qui s'éloignent de Vous, leur inspirez le désir de faire pénitence, et les attirez à Vous quoi qu'il n'y ait rien en eux digne de Votre affection mais au contraire tant de choses dignes de Votre haine, comment après les avoir ainsi tirez à Vous lors qu'ils étaient Vos ennemis n’espéreront-ils pas que Vous les souffrirez lorsqu'ils sont devenus Vos enfants ? Quoi mon Dieu croirons-nous qu'après nous avoir pardonné tant de grands péchés Vous ne nous en pardonnerez pas de moindres : je sais qu'en quelque manière on les peut considérer alors comme étant encore plus grands parce que l'on a plus de connaissance de Votre infinie Bonté et reçu de Vous de plus grandes Grâces. Mais ces péchés sont beaucoup moindres en eux-mêmes et moins dangereux à cause que l'on connait mieux que l'on ne faisait votre Miséricorde et le Remède salutaire des Sacrements que Vous avez établis dans votre Église en faveur des pénitents par les Mérites de Jésus-Christ : ce qui fait que l'on a plus de sujet et de moyens de Vous demander pardon et d'espérer de l'obtenir. Ainsi mon Dieu chacun de nous peut Vous dire : Si Vous voulez que mes chutes Vous attirent de nouveaux sujets de louange et m'obliger de publier que par un excès de bonté Vous avez sauvé une personne aussi méchante que je suis, soyez-en bénie à jamais, et que mes actions soit bonnes ou mauvaises contribuent à l'augmentation de votre Gloire. Vous sauvez les uns, Seigneur, en les empêchant de tomber : Vous sauvez les autres en les relevant de leurs chutes. Loué soyez-Vous à jamais, mon Sauveur, de m'avoir enseigné un Remède capable de guérir mes maux : de m'avoir appris sur quoi je dois m'appuyer pour ne point tomber : à qui si je tombe je dois tendre la main pour me relever : à qui je dois rendre des remerciements de m'avoir relevée ; et à qui je dois demander pardon quand j'aurai péché. Ô Jésus le bienheureux Fils de Dieu et de la Très-Sainte Vierge, Agneau de Dieu qui ôtez les péchés du monde et intercédez pour nous envers ce Père éternel, Seigneur, qui êtes la consolation des affligés, la richesse des pauvres, la force des faibles, et toute notre espérance : que puis-je dire qui soit digne de Vous ? Vous êtes le protecteur des orphelins, la justification des pécheurs, l'Epoux de nos âmes, le bouclier qui recevez les coups de la justice de votre Père que méritent nos péchés, le mur, le rempart, et la tour qui nous couvrent et nous défendent. Vous êtes la Vie qui par votre mort nous avez rendu la vie : Vous êtes la justice qui par le mépris qu'en ont fait les hommes nous a justifié devant Dieu en nous rétablissant dans la Grâce : étant condamné Vous nous avez absous : en prenant sur Vous les malédictions prononcées par la Loi, Vous nous avez attiré les Bénédictions de Dieu : Vous étant abaissé jusques à mourir entre deux larrons Vous nous avez élevés jusqu’à avoir place avec les Anges ; et après avoir passé pour criminel dans Jérusalem et été ensuite déshonoré, abandonné, tourmenté, et crucifié sur le Calvaire, Vous nous avez fait mériter la Grâce d’être en la Compagnie de Dieu sur cette Montagne sainte du Ciel où nous jouirons du fruit de Vos bienheureux travaux. Comment pouvons-nous, mon Sauveur, considérer cette multitude incroyable de Bienfaits sans Vous donner mille bénédictions ? C'est dans ce merveilleux Amour que Vous nous portez que nous mettrons notre gloire et notre confiance, et non pas dans cet amour pour Vous que nous avons tant de honte qui soit si faible : C'est en cela que consiste notre richesse et notre espérance, et que nous pouvons nous confier pour dire avec Saint Paul : « Et c’est pour cette raison que je souffre ainsi ; mais je n’en ai pas honte, car je sais en qui j’ai cru, et j’ai la conviction qu’Il est assez Puissant pour sauvegarder, jusqu’au Jour de sa Venue, le dépôt de la foi qu’Il m’a confié » (2 Tm 1, 12).

Ainsi soit-il.


Saint Jean d'Avila (1500-1569) – « Les Œuvres du Bienheureux Jean d'Avila », pages 301-302, chez Pierre Le Petit, Imprimeur et libraire ordinaire du Roy (1673)

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Voir également de Saint Jean d'Avila :
- La Prière du Bienheureux Jean d'Avila « Ô Seigneur Jésus, attachez les yeux de mon âme sur Votre sacré Cœur »
- La Prière de Saint Jean d'Avila sur le remède salutaire de la Confession « Ô Bonté éternelle et infinie qui aimez ceux même qui s'éloignent de Vous »