La Prière de Marie-Magdeleine de Pazzi « Ô Verbe, qu’il ne se fasse donc plus de péchés sur la terre ! » :

« Oh ! Si je pouvais donner ma vie pour effacer tant d’indignités ! Mais c’est trop peu. S’il le fallait, je me dévouerais pour cela aux flammes infernales, et, endurées dans cette intention, elles me sembleraient un paradis. Mais, hélas ! De quel bois suis-je donc faite ? Le buisson de Moïse était ardent, et son feu ne consumait pas ! Et moi, je suis froide comme la glace, et cependant je me consume ! Ô Verbe ! Qu’il ne se fasse donc plus de péchés sur la terre ! Non, plus de péchés ! Ô bon Jésus ! D’où me vient cette complaisance que je ressens aujourd’hui pour Vous ? Car pourtant je ne Vous connais, ni ne Vous comprends, ni ne Vous aime. Mon Jésus ! Est-ce Votre intention que mon corps soit détruit de cette manière ? Où suis-je maintenant ? Est-ce dans le Ciel ? Est-ce sur la terre ? Est-ce dans le purgatoire ? Est-ce en enfer ? Je n’en sais rien ; mais peu m’importe. Ô bon Jésus ! Ô bon Jésus ! Si je monte au Ciel, Vous y êtes. Si je descends dans les enfers, je Vous y trouve également. Ô bon Jésus ! Ô bon Jésus ! Vous êtes tout Amour, mais pur Amour. Je ne Vous comprends pas, mon Jésus ; je ne me comprends pas moi-même. J’ignore si je suis en Vous ; mais Vous le savez. Je ne sais si je suis au Ciel ou sur la terre ; quant à Vous, Vous le savez. Suis-je en purgatoire ? Non, je n’y suis pas. Suis-je en enfer ? Je serais tentée de le croire ; car il me semble que j’en ressens les douleurs : mais non ; je ne sais plus où je suis, ni ce que je suis. Je ne suis rien, et cependant, parce que je procède de Vous, je suis une chose infinie. Toutes les créatures venant de Vous participent à l’infinité de Votre être, tandis que de leur fond elles ne sont que néant ; mais, parce qu’elles sont infinies d’une certaine manière, elles atteignent à des choses infinies. Ainsi, elles comprennent votre Amour qui est Infini ; elles Vous aiment, Vous qui êtes Infini ; elles Vous possèdent, Vous qui êtes Infini. Suis-je, ou ne suis-je pas ? Comprends-je, ou ne comprends-je pas ? Vous le savez. Et moi, je pourrais dire avec Votre grand Apôtre : Suis-je dans mon corps ou hors de mon corps ? Je l’ignore, et Dieu le sait. Du reste, il m’importe peu de savoir ou de ne pas savoir de telles choses. Vous êtes tout Miséricorde, tout Justice : voilà ce que je sais. Ô bon Jésus ! Bon Jésus ! Je bénirai le Seigneur toute ma vie. Venez Verbe ; venez. Oui, Vous viendrez à moi avec plaisir. Ô Époux Très-Aimant, Vous êtes plus doux à mon cœur que le rayon de miel à ma bouche. Oh ! Combien, combien Vous tardez à venir à moi ; à venir, dis-je, par votre Présence, car par votre Essence je Vous possède déjà. Que les yeux de votre Puissance daignent s’abaisser et regarder une pauvre créature si déformée par ses péchés, comme le sait trop bien celle à qui Vous avez fait la Grâce de le comprendre, et pour qui le spectacle de tant de péchés est un véritable tourment. Ainsi soit-il. »

Sainte Marie-Madeleine de Pazzi (1566-1607)

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Voir également de Sainte Marie-Madeleine de Pazzi :
La Prière de Sainte Marie-Madeleine de Pazzi « Ô Jésus, à Toi de m'appeler si fort que j'entende Ta voix »
La Prière de Sainte Marie-Madeleine de Pazzi « Seigneur Jésus, si Tu ne m'exauces pas, je m'adresserai au Père ! »
La Prière de Sainte Marie-Madeleine de Pazzi « Ô Marie, que pourrais-je T'offrir que Tu agrées ? »
La Prière au Saint Esprit de Sainte Marie-Madeleine de Pazzi « Ô Esprit divin, introduis-Toi en nous »
La Prière de Ste Marie-Madeleine de Pazzi au Jardin de Gethsémani « Ô Amour, les voilà endormis ! »
La Prière de Ste Marie-Madeleine de Pazzi « Ô Seigneur, Vous qui voulez être servi sans amour-propre avec sincérité et humilité »
La Prière de Marie-Magdeleine de Pazzi « Ô Verbe, qu’il ne se fasse donc plus de péchés sur la terre ! »