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L’Hymne de Synésius de Cyrène « Ta Naissance ineffable, ô Christ, a devancé l’origine des siècles » :

« Chantons le Fils de l’Épouse, de l’Épouse qui n’a pas connu les liens d’un hyménée mortel ; les conseils ineffables du Père ont présidé à la naissance du Christ et les flancs sacrés d'une Vierge ont enfanté, sous la forme d’un homme, Celui qui est venu communiquer aux mortels la source de la véritable Lumière. Ta Naissance ineffable, ô Christ, a devancé l’origine des siècles ; Tu es la Lumière primitive, le Rayon qui brille avec le Père ; dissipant les ténèbres d’ici-bas, Tu éclaires les âmes saintes. C’est Toi qui as créé le monde, qui as arrondi les astres éclatants, qui as affermi le centre de la terre. Tu es le Sauveur des hommes ; c’est pour Toi que le soleil, source éternelle du jour, s’avance sur son char ; pour Toi que la lune au front paré de cornes d’argent dissipe l’ombre des nues ; pour Toi que mûrissent les fruits ; pour Toi que paissent les troupeaux ; c’est Toi qui, de Tes ineffables trésors, faisant jaillir une splendeur vivifiante, fécondes les contrées du monde ; c’est de Ton sein que sont sorties brillantes, et la lumière, et l'intelligence, et l’âme. Prends pitié de Ta fille, que retiennent captive des membres mortels, et qui gémit dans l’espace borné de la vie. Préserve des atteintes de la maladie nos membres sains et vigoureux. Donne à nos discours la persuasion ; donne de la gloire à nos actions, pour que nous brillions de l’ancien éclat de Cyrène et de Sparte. Que mon âme, exempte de douleurs, coule des jours tranquilles, des jours fortunés, et qu'elle ne cesse de contempler ta Splendeur, afin que, dégagé de la matière, je marche d’un pas ferme en ma route, sans regarder derrière moi, fuyant les soucis de ce monde, pour aller me confondre dans la source de l'âme. Donne à ton poète une vie ainsi exempte de souillures, à moi qui, faisant monter mes chants vers Toi ; qui, célébrant ton Origine, éternelle gloire du Père, et l’Esprit-Saint qui partage le même Trône, entre la Racine et le Germe ; à moi qui, redisant la puissance du Père, charme les nobles pensées de mon âme par les hymnes que je T’adresse. Salut, ô source du Fils ; salut, ô ressemblance du Père ; salut, ô demeure du Fils ; salut, ô image du Père ; salut, ô puissance du Fils ; salut, ô beauté du Père ; salut, Toi encore, Souffle pur, centre du Fils et du Père. Cet Esprit, ô Fils, envoie-Le-moi avec le Père, afin que, rafraîchissant les ailes de mon âme, Il me comble de présents divins. »

Ainsi soit-il.


Synésius de Cyrène (370-414) – « Le Cœur de Jésus », Ascétisme et littérature d’après le R-P Eugène Desjardins, pages 395-401, aux éditions Julien-Lanier, 1855

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Voir également de Synésius de Cyrène :
La Prière de Synésius de Cyrène « Christ, Seigneur, Sauveur des hommes »
La Prière de Synésius de Cyrène « Chantons le Fils de l’épouse qui demeure sans tache »
L’Hymne de Synésius de Cyrène « Souviens-Toi, ô Christ, du malheureux coupable qui composa ces hymnes »
L’Hymne de Synésius de Cyrène « Ô bienheureuse Trinité, c’est à Toi que je chante ces hymnes »
La Prière sur la Sagesse de Synésius de Cyrène « Ô mon âme, que la Sagesse soit ma compagne »
La Prière de Synésius de Cyrène « Ô Christ, Tu es cette Lumière issue de la Source »
L’Hymne pour Noël de Synésius de Cyrène « Ta Naissance ineffable, ô Christ, a devancé l’origine des siècles »