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Le Cantique de l’Angélus de l’Abbé T. Combalot « Ô Marie, le Décret du Seigneur veut que Vous soyez Mère » :

« L'univers, réveillé par un nouveau cantique,
Invoque avec amour la Reine des élus ;
De l'aurore au couchant la cloche catholique
Entonne l'Angélus.

L'Archange Gabriel, pour un divin message,
Abandonne des cieux les brillants pavillons ;
Son vol étincelant, sur des flots de nuage
Trace de longs sillons.

A qui doit-il porter le sublime mystère
Que le Dieu trois fois saint nourrissait en son cœur ?
Quel est l'heureux mortel des races de la terre
Que cherche le Seigneur ?

Des filles des Romains choisissant la plus belle,
Abattra-t-il son vol au dôme des Césars ?
Fera-t-il resplendir les éclairs de son aile
Sur leurs fameux remparts ?

Non, non, le fils d'Amos a nommé sur sa lyre
La Vierge dont le sein doit enfanter un Dieu.
Il a dit les secrets du Très-Haut qui l'inspire,
En paroles de feu.

L'Archange aux ailes d'or, porteur des grands miracles,
S'arrête dans sa course aux plages d'Israël ;
La Fille de David, chantée aux saints oracles,
Écoute Gabriel.

Des femmes d'ici-bas, salut, ô la plus pure !
Trône du Dieu vivant, par ses mains embelli,
Votre cœur, toujours cher au Roi de la nature,
De sa grâce est rempli.

La Vierge Immaculée, à ces mots de l'Archange,
Redoutant un écueil pour son humilité,
Cherche au fond de son cœur si ce salut étrange
Naît de la vérité !

Ne craignez point, Marie, une antique surprise ;
Vous avez su charmer les yeux de votre Époux ;
Ses plus tendres faveurs dont votre âme est éprise :
Vont descendre sur vous.

Le Décret du Seigneur veut que Vous soyez Mère :
Vous concevrez un Fils, et ce Roi des vertus,
Que votre chaste sein doit donner à la terre,
S'appellera Jésus.

Les grandeurs de ce Fils deviendront immortelles,
Au trône de David relevé par ses mains.
Fils aussi du Très-Haut, ses beautés éternelles
Raviront tous les Saints.

Mon époux, dit Marie, est pour moi comme un frère :
Joseph est le tuteur de ma virginité.
Je dois garder mon vœu ; je ne puis être Mère
Que s'il est respecté.

Vierge et Mère à la fois, dit l'Archange sublime,
Votre fils sera Fils du Dieu de l'univers.
Homme et Dieu tout ensemble, il lavera le crime
De ce monde pervers.

Tout est possible à Dieu, tout lui devient facile :
Il plie à ses desseins la nature et ses lois.
Un fils repose aux flancs d'Élisabeth stérile,
Et ce fils a six mois.

J'obéis au Seigneur, dit son humble Servante;
Me conformant aux plans de son Verbe éternel,
Je veux tout ce que veut la volonté puissante
De ce Maître immortel.

Et le Verbe de Dieu, descendu de sa gloire,
Vient s'incarner soudain dans le sein virginal,
Où doit se cimenter l'éternelle victoire
Sur la cité du mal.

Quand l'éternel Amour a versé son mystère
Dans les flancs de Marie, Épouse du Seigneur,
Trois prodiges nouveaux sont créés sur la terre,
Par le Dieu rédempteur.

L'âme de Jésus-Christ voit l'essence infinie ;
Elle porte le poids de toute sa splendeur.
Un Dieu se fait enfant, et la Vierge Marie
Est Mère du Sauveur.

Dieu, bornant son pouvoir par ce triple miracle,
Trouve au sein virginal un terrestre séjour ;
La Vierge de Juda devient le tabernacle
Où tient tout son amour. »

Ainsi soit-il.


Abbé Théodore Combalot (1797-1873) – « Cantiques nouveaux à l'honneur de la Très-Sainte Vierge », pages 1-3, J.- B. Pélagaud et Cie (1849)


Voir également de l’Abbé Théodore Combalot :
La Prière de l’Abbé Combalot « Ô Douce Reine de l'univers, sauvez-nous de la barbarie »
La Prière de l’Abbé Théodore Combalot « Bénissons en ce jour la Mère du Dieu d’Amour »
Le Cantique de l’Angélus de l’Abbé T. Combalot « Ô Marie, le Décret du Seigneur veut que Vous soyez Mère »