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La Prière du P. Théodore d’Almeida « C'est en Vous seul, ô mon Dieu, que je veux chercher ma consolation » :

« Laissez-moi, mon Dieu, Vous ouvrir mon cœur, laissez-moi répandre des larmes à Vos pieds. Puisque Vous ne daignez pas encore en tarir la source, permettez du moins qu'elles coulent en votre Présence. Ah ! Je ne veux pas aller confier mes peines aux hommes, ce serait pour eux un nouveau motif de me mépriser. C'est en Vous seul, ô mon Dieu, que je veux chercher ma consolation. Je sais que Vous m'aimez, alors même que Vous me châtiez ; et quand Vous me faites sentir Vos coups, Vous êtes touché de compassion pour moi. Je suivrai l'exemple de Votre serviteur David : il venait répandre son cœur en votre Présence, c'était à Vos pieds qu'il trouvait sa consolation. Comme lui, je suis persécuté ; comme lui, tout indigne que j'en suis, j'élèverai ma voix vers Vous ; je me servirai de ses propres paroles : car, en gémissant sur mes maux et sur mes infortunes, en faisant pour ainsi dire entendre des plaintes contre Vous, je ne veux pas qu'il m'échappe une parole capable de Vous déplaire (Psaume 3). Pourquoi, Seigneur, mes ennemis se sont-ils multipliés d'une manière si effrayante ? Ah ! Jetez un regard sur moi : voyez le nombre incalculable de ceux qui me persécutent. J'entends de toutes parts cette parole désolante qui pénètre mon âme de douleur : « espère en vain ; son Dieu ne viendra pas la secourir ». Mais, Seigneur, Vous qui m'avez appelé du doux nom de fils, je ne puis périr : oui, Vous serez ma gloire, et je marcherai encore avec honneur à l'ombre de Votre bras paternel. Car j'ai élevé ma faible voix pour Vous appeler à mon secours, et du haut de la Montagne sainte où Vous habitez, Vous l'avez entendue, et Vos regards se sont abaissés sur moi. Je puis donc avec confiance me reposer sur votre Protection, puisque Vous Vous êtes déclaré mon appui. Votre Main puissante me soutient et me protège, comment pourrais-je encore redouter les nombreux ennemis qui m'environnent ? Ne sauriez-Vous pas m'arracher à leur poursuite, me garantir de leur traits ? Déjà plusieurs fois Vous avez châtié les audacieux qui me persécutaient, Vous avez anéanti leurs efforts, Vous avez étouffé leur fureur. C'est de Vous seul, en effet, ô mon Dieu, que doit venir le secours et la force dont j'ai besoin : c'est de Vous seul que doit descendre la Grâce et la Bénédiction qui feront mon bonheur (Psaume 43). Mon Dieu, j'ai entendu raconter les effets de Votre Toute-Puissance ; mes ancêtres m'ont appris les Merveilles que Vous avez opérées dans les siècles passés. Ils m'ont dit comment Votre Bras Tout-Puissant a chassé les nations infidèles des régions que Vous destiniez à votre Peuple, et comment Vous les avez châtiées. Ce ne fut pas l'épée de nos pères qui les mit en possession de cette terre, ni leur valeur qui les sauva dans tant de combats ; mais parce que Vous les aimiez, Votre Bras Tout-Puissant a fait plier devant eux leurs ennemis. Déjà Vous m'avez délivré des mains de mes persécuteurs, et Vous avez confondu ceux qui me portaient une haine mortelle. Pour la Miséricorde avec laquelle Vous m'avez défendu, je Vous louerai tous les jours de ma vie, et je bénirai Votre saint Nom pendant tous les siècles. Mais aujourd'hui, Seigneur, me traiteriez-Vous avec moins de bonté ? Me repousseriez-Vous de votre Présence ? Me condamneriez-Vous à une honte éternelle ? Serait-il possible que Vous refusassiez de me tendre une Main secourable ? Auriez-Vous donc résolu ma perte ? Voudriez-Vous m'abattre sous les pieds de mes ennemis ? Serait-il vrai que Vous eussiez résolu de m'abandonner à leur rage, afin qu'ils me dépouillent, qu'ils me détruisent ? Ah! Seigneur, Vous auriez donc promis à mes ennemis de me livrer entre leurs mains, comme une brebis sans défense qui doit leur servir d'aliment ! Oui, mon Dieu, on dirait que Vous m'avez vendu à mes bourreaux, et que, sans trouver aucune résistance, ils feront de moi tout ce que leur fureur pourra leur suggérer. Vous m'avez rendu le jouet de mes voisins, de mes égaux ; je suis devenu un sujet de risée pour tous ceux qui me voient. Je servirai d'exemple aux étrangers, et je serai la fable de tous les peuples. Les railleries, les reproches de mes ennemis me couvrent de confusion, et m'obligent à m'enfuir. Mais quels que soient les malheurs qui viennent fondre sur moi, je ne me séparerai jamais de Vous, je n'abandonnerai jamais Vos saintes Lois. Mon cœur sera toujours fidèle à ses résolutions, et mes pas ne s'éloigneront point des sentiers de la Justice. Mais, Seigneur, Vous-même Vous m'avez humilié, Vous m'avez abattu et comme enseveli sous le poids de l'affliction. Je suis couvert des ombres de la mort. Cependant, ô mon Dieu, j'ai toujours adoré Votre saint Nom. Vous le savez, je ne connais point d'autre Loi que la Vôtre ; Vous seul êtes mon Dieu, Vous seul êtes mon Appui. Vous êtes mon Dieu, comment mépriserez-Vous mon culte et mes adorations ? Vous connaissez tous les secrets de mon cœur ; Vous savez que c'est par amour pour Vous que je mène une vie si mortifiée, et que je suis comme une victime que l'on égorge sans qu'elle fasse entendre la moindre plainte. Levez-Vous, Seigneur : pourquoi gardez-Vous le silence comme un homme enseveli dans le sommeil ? Levez-Vous, et ne m'abandonnez pas plus longtemps. Pourquoi détournez-Vous vos Regards ? Mépriseriez-Vous mes misères, mes afflictions ? Mon âme est profondément humiliée : je me prosterne à Vos pieds ; daignez m'exaucer. Levez-Vous, venez à mon secours ; je Vous en supplie par la gloire de Votre adorable Nom, exaucez-moi, venez à mon secours ».

Ainsi soit-il.


P. Théodore d'Almeida (1722-1804) – « Trésor de patience caché dans les Plaies de Jésus-Christ », Entretien XI : Gémissements d’une âme affligée aux pieds de son Dieu, pages 153-158, chez Lefort (1839)

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Voir également du P. Theodoro de Almeida:
La Prière du P. Théodore d'Almeïda « Ô mon Sauveur, attirez tous les hommes qui sont dans la tristesse à votre Croix »
La Prière du Père Théodore d’Almeyda « Ô Bon et Très-Doux Jésus, je me prosterne à genoux en votre Présence »
La Prière du P. Alméïda « Ô Seigneur, faites que tous les hérétiques viennent se prosterner devant Vos autels »
La Prière du P. Théodore d'Almeida d'une âme abîmée dans la douleur « Sauvez-moi, ô mon Dieu, venez à mon secours ! »
La Prière du Père Théodore d'Almeida « Ô mon Père, prenez soin de Votre enfant »
La Prière pour accepter sa croix du P. Théodore d’Almeida « Ô mon Dieu, Vous avez caché dans l’Arbre de la Croix une douceur exquise »
La Prière contre ses ennemis du P. Théodore d’Almeida « Seigneur, ne permettez pas que mes adversaires goûtent une joie barbare en m'insultant »
La Prière du Père Théodore d’Almeida « C'est en Vous seul, ô mon Dieu, que je veux chercher ma consolation »