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La Prière du P. Théodore d’Almeida « Seigneur, ne permettez pas que mes adversaires goûtent une joie barbare en m'insultant » :

« Que vais-je devenir ? Mes ennemis ne cessent de me poursuivre. Ils ne donnent aucune trêve à leurs perfides projets. Les hommes et le démon semblent avoir conjuré ma perte. Ce que le monde appelle disgrâce me suit partout ; et je ne rencontre que dégoût, tristesse, affliction, perfidie, injustice et désespoir. Partout je trouve des pièges tendus à mon innocence, et des ennemis qui me cherchent pour me donner la mort. Malheureux ! Comment fuir tant de périls, tant d'ennemis ? Ils se sont emparés de toutes les issues, et la route par laquelle je cherche à m'échapper est couverte de pièges et d'embûches. Qui me donnera des ailes pour fuir et trouver le repos ? (Ps. 54, 17) Je porterai mes regards vers les montagnes ; car c'est de là que doit me venir le secours que j'attends. Mais il ne peut me venir que de la part du Seigneur ; c’est à Lui que je dois m'adresser comme David : (Ps. 34, 2) Venez, Seigneur, abaissez vos Regards sur moi ; voyez la rage de mes ennemis, prenez ma défense, et repoussez leurs efforts. Revêtez-Vous de vos Armes, couvrez-Vous de votre Bouclier, venez combattre à mes côtés. Faites briller le glaive redoutable, marchez à leur rencontre, rendez le courage à mon âme, et faites-moi entendre ces consolantes paroles : « Me voici, je viens te sauver ». Qu'ils soient confondus, et que la honte couvre leur front, puisqu'ils m'ont persécuté ; qu'ils soient repoussés, qu'ils prennent la fuite, couverts de confusion pour avoir conjuré ma perte. Qu'ils disparaissent comme la poussière emportée par le vent. Que leur route devienne glissante et couverte de ténèbres, et que l'Ange du Très-Haut les poursuive et réprime leur audace. Car ils avaient tendu leurs pièges ; ils avaient dressé leurs embûches pour me perdre ; ils voulaient me détruire, et cependant je ne les ai jamais offensés. Rendez à mon âme la joie qu'elle goûta à Vous aimer ; alors, ô mon divin Maître, elle trouvera son bonheur à chanter vos Louanges, à Vous bénir pour la tendresse que Vous lui témoignez. Toutes les puissances de mon âme, tout mon être Vous loueront, et je m'écrierai : « Dieu éternel, Dieu Tout-Puissant, qui est semblable à Vous ? Car, tout misérable que je suis, Vous m'avez délivré des mains de mes redoutables ennemis, et Vous daignerez encore m’arracher à la fureur de ceux qui veulent me dépouiller ». Seigneur, ils me rendent le mal pour le bien ; je les comble de bienfaits, et ils me persécutent. Quand ils me poursuivaient, qu'ils étaient acharnés contre moi, je leur résistais, je priais, je mortifiais mon corps par le jeûne, je me prosternais devant Vous, et dans la prière je répandais mon âme en votre Présence. Je les traitais comme des amis, comme des frères ; mais mon cœur était toujours brisé de douleurs, et mes larmes ne cessaient de couler. Quand ils s'étaient réunis contre moi, leur joie était inexprimable. Ils me tourmentaient, et faisaient pour ainsi dire pleuvoir l'affliction sur ma tête. Pour moi, je gardais le silence, comme si je n'eusse pas ressenti leurs coups, comme si je n'eusse pas même connu leurs mauvais desseins. Leurs accusations contre moi se contredisaient, elles étaient toutes éloignées de la vérité ; mais ils ne se repentaient jamais du mal qu'ils m'avaient fait, et ils continuaient de me poursuivre en poussant des cris effrayants. Seigneur, quand daignerez-Vous abaisser un regard sur moi ? Ah ! Venez me tirer d'entre les mains des méchants qui m'assiègent ; venez m'arracher des griffes de ces lions rugissants. Je chanterai publiquement vos Louanges, je bénirai Votre saint Nom en présence de toutes les créatures. Ne permettez pas que mes adversaires goûtent une joie barbare en m'insultant, car ils n'ont aucun sujet de me haïr. Ciel ! Quelle méchanceté ! Quelle perfidie ! Ils ne me parlent que de paix ; et leur cœur est plein de dissimulation et de fureur ! Aussitôt qu'ils ont cru ma perte certaine, ils ont élevé la voix avec une joie féroce pour célébrer leur triomphe. Témoin de toutes mes peines, Seigneur, ne gardez pas un plus long silence, ne m'abandonnez pas. Venez, Seigneur, venez me rendre justice, daignez prendre ma défense. Jugez-moi, ô mon Dieu, selon votre Justice éternelle, et ne permettez pas qu'ils triomphent sans cesse de moi. Qu'ils ne s'applaudissent pas, qu'ils n'aient pas le plaisir cruel de me voir rejeté de Vous. Ah ! Plutôt, couvrez de honte, confondez tous ceux qui se réjouissent de ma perte, tous ceux qui élevaient avec tant d'audace contre moi une voix insultante. Remplissez d'allégresse ceux qui ont pris ma défense, qui ont fait des efforts pour me rendre la paix ; qu'ils Vous bénissent. Jusqu'au dernier soupir de ma vie je ne cesserai de me rappeler la certitude de vos Jugements ; tous les jours ma bouche chantera vos Louanges, et racontera à l'univers entier les Merveilles que Vous avez opérées en ma faveur ».

Ainsi soit-il.


P. Théodore d'Almeida (1722-1804) – « Trésor de patience caché dans les Plaies de Jésus-Christ », pages 145-149, chez Lefort (1839)

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Voir également du P. Theodoro de Almeida:
La Prière du P. Théodore d'Almeïda « Ô mon Sauveur, attirez tous les hommes qui sont dans la tristesse à votre Croix »
La Prière du Père Théodore d’Almeyda « Ô Bon et Très-Doux Jésus, je me prosterne à genoux en votre Présence »
La Prière du P. Alméïda « Ô Seigneur, faites que tous les hérétiques viennent se prosterner devant Vos autels »
La Prière du P. Théodore d'Almeida d'une âme abîmée dans la douleur « Sauvez-moi, ô mon Dieu, venez à mon secours ! »
La Prière du Père Théodore d'Almeida « Ô mon Père, prenez soin de Votre enfant »
La Prière pour accepter sa croix du P. Théodore d’Almeida « Ô mon Dieu, Vous avez caché dans l’Arbre de la Croix une douceur exquise »
La Prière contre ses ennemis du P. Théodore d’Almeida « Seigneur, ne permettez pas que mes adversaires goûtent une joie barbare en m'insultant »