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La Prière du P. Théodore d’Almeida « Laissez-moi, Seigneur, pénétrer jusqu'à ce Cœur adorable » :

« Où fuir ? De toutes parts je me vois environné d'ennemis ; de toutes parts ils me persécutent ; je ne puis faire un pas sans rencontrer un piège : il semble que toutes les plaies prédites par Salomon tombent sur moi. Je vois pleuvoir les pièges, les embûches ; la terre en est couverte : les dangers naissent sous mes pas. Si je fais face à mes ennemis, ils m'attaquent à force ouverte. Si je m'éloigne, ils se déguisent pour m'atteindre et me frapper. Si je fuis, ils se précipitent sur moi et me poursuivent avec fureur. Si je sens de la faiblesse, en vain je cherche une main amie qui me soutienne. Si je veux me relever, mille bras s'avancent pour me renverser. L'univers semble conjurer ma perte. Tout ce qui me concerne se dénature aux yeux de mes ennemis. Mes plaintes sont des injures, mes gémissements des cris de fureur, mes demandes des injustices, ma douceur est mépris, mon silence perfidie, mes vœux audace insupportable, ma sérénité orgueil révoltant, ma soumission basse flatterie. Toutes mes actions deviennent des crimes, et l'on m'accuse de fautes auxquelles je n'ai jamais pensé. Si je parle, je ne profère que des mensonges ; si je loue, c'est par ironie ; si je me tais, je les condamne ; si je réponds, je blasphème. Monde perfide ! Voilà ton portrait. Quand pourrai-je m'éloigner de toi ? Tes partisans sont autant de persécuteurs, et jamais tu n'offres la moindre consolation. Si chez toi je cherche des amis, je n'en trouve aucun ; si j'aborde les grands, ils me méprisent; si je fréquente les petits, je m'avilis ; si j'ai recours à des étrangers, je deviens importun ; si je reste à l'écart, on me taxe d'orgueil ; si je reviens à Dieu, c'est hypocrisie ; si je m'abandonne à mes passions, je suis un monstre. Que faire, ô mon Dieu ! Où fuir pour me soustraire à une si cruelle persécution ? Mais n'ai-je pas un asile dans Vos plaies sacrées ? Oui, mon Dieu, Elles sont ouvertes pour me dérober à la fureur de mes ennemis. Vous daignez me tendre les bras et me recevoir comme mon Consolateur, comme mon unique Ami. Ils sont ouverts sur la Croix, pour m'admettre dans la Plaie de votre sacré Côté ; Vous voulez que j'y entre, et que je pénètre jusqu'à votre Cœur. Ah ! Je Vous bénis, ô mon Sauveur ! Je respire enfin. Laissez-moi, Seigneur, laissez-moi pénétrer jusqu'à ce Cœur adorable, puisqu'en Lui seul je trouve un lieu de refuge contre les poursuites de mes ennemis. La colombe se retire dans les lieux déserts, elle cherche un asile dans les fentes des pierres et des rochers. Vous êtes, ô mon Dieu, la Pierre mystérieuse ; laissez-moi me retirer dans vos Plaies, Elles sont ouvertes pour moi. Je ne trouve qu'en Elles mon refuge, mon repos, ma consolation et mon soutien. Mon Dieu, quelle douce consolation Vous offrez aux âmes affligées et quel repos, quel soulagement, elles trouvent dans vos Plaies ! »

Ainsi soit-il.


P. Théodore d'Almeida (1722-1804) – « Trésor de patience caché dans les Plaies de Jésus-Christ », Entretien XII : Asile de l'âme affligée dans les Plaies de Jésus-Christ, pages 158-161, chez Lefort (1839)

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Voir également du P. Theodoro de Almeida:
- La Prière du P. Théodore d'Almeïda « Ô mon Sauveur, attirez tous les hommes qui sont dans la tristesse à votre Croix »
- La Prière du Père Théodore d’Almeyda « Ô Bon et Très-Doux Jésus, je me prosterne à genoux en votre Présence »
- La Prière du P. Alméïda « Ô Seigneur, faites que tous les hérétiques viennent se prosterner devant Vos autels »
- La Prière du P. Théodore d'Almeida d'une âme abîmée dans la douleur « Sauvez-moi, ô mon Dieu, venez à mon secours ! »
- La Prière du Père Théodore d'Almeida « Ô mon Père, prenez soin de Votre enfant »
- La Prière pour accepter sa croix du P. Théodore d’Almeida « Ô mon Dieu, Vous avez caché dans l’Arbre de la Croix une douceur exquise »
- La Prière contre ses ennemis du P. Théodore d’Almeida « Seigneur, ne permettez pas que mes adversaires goûtent une joie barbare en m'insultant »
- La Prière du Père Théodore d’Almeida « C'est en Vous seul, ô mon Dieu, que je veux chercher ma consolation »
- La Prière du P. Théodore d’Almeida d’une âme affligée dans les Plaies de Jésus-Christ « Laissez-moi, Seigneur, pénétrer jusqu'à ce Cœur adorable »