La Prière de Vincenzo da Filicaia « La Renommée, Vierge Sainte, voilà de quoi pleurer ! » :

« Vierge Marie, je songe à tout ce qu'il me coûte d'étude et d'art pour acquérir un renom passager, qui, une fois obtenu, remplit, mais ne rassasie pas, et ensuite, comme une fumée légère, s'éloigne et se dissipe. Avoir, sur les livres de l'Etrurie et de l'Ausonie, usé la fleur de mes ans ; avoir ajouté un faible nom à mon propre nom, et m'être en partie arraché à la foule, et entendre la Renommée qui parle de moi, la Renommée, hélas ! Trop mensongère, oh ! Combien, Vierge Sainte, combien voilà de quoi pleurer ! Que n'ai-je moins écrit et pleuré davantage ? Que n'ai-je le style moins poli et l'âme plus belle ; l'esprit moins brillant et le cœur plus pur et plus saint ».

Ainsi soit-il.


Vincenzo da Filicaia (1642-1707) – « Poésie toscane di Vincentio da Filicaia », page 268, Firenze (1708)

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Voir également de Vincenzo da Filicaja :
La Prière du poète Vincenzo da Filicaja « Ô Vierge Mère, vers qui, tremblant et faible, j'élève la voix »
La Prière de Vincenzo da Filicaia « La Renommée, Vierge Sainte, voilà de quoi pleurer ! »