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La Prière de l’abbé Cénat de L’Herm « La Mère de Jésus est au pied de la Croix » :

« La Mère de Jésus est au pied de la Croix :
Ah ! Combien Elle y meurt de fois !
Quelles angoisses, quel martyre,
Avant que Son cher Fils expire !
Cette Croix est un glaive,
Et ce glaive, ce glaive à la fois,
Brûle son Cœur, brûle son Cœur et Le déchire.

Dans Ses tourments, combien Elle verse de pleurs !
Qui peut comprendre Ses douleurs ?
C'est la Mère d'un Fils unique.
Mais est-il rien qui vous explique
Ce qu'ajoute à Ses maux de nouvelles horreurs
Sa connaissance prophétique !

Elle voit sur la Croix l'immortel Roi des Cieux.
Et quand Il expire à Ses yeux,
Qui peut voir Sa douleur cruelle,
Sans verser des larmes sur Elle ?
Qui peut voir de la Mère et du Fils les adieux,
Sans sentir leur peine mortelle ?

Lorsque pour nous Jésus souffre cruellement,
Est flagellé, baigné de sang,
Qu’Il ne lui reste plus personne,
Et que son Père L’abandonne,
Marie est le témoin de Son délaissement.
De Ses maux que la mort couronne.

Ô Mère, dont le Cœur brûle de tant d'amour,
Faites que je pleure à mon tour
En compatissant à Vos peines !
Quand Jésus acquitte les miennes,
Qu'au moins je L'aime assez pour porter chaque jour
Le joug de Ses lois souveraines.

Sainte Mère, voici le cœur d'un nouveau fils;
Des maux que Jésus a subis,
Faites qu'à mon tour je gémisse,
Et pour accomplir la justice,
Faites-moi partager les maux que je Vous fis,
En ayant part à Son supplice.

Ah ! Puissé-je toujours m’affliger avec Vous,
De Jésus ressentir les coups,
Ne quitter jamais le Calvaire,
Et partager Votre misère !
Qu’être au pied de la Croix soit le sort le plus doux
Que je trouve sur cette terre !

Incomparable Vierge, imprimez dans mon cœur
Les Blessures et la Douleur,
Les Opprobres et la Mort même
De Jésus qu'un Amour extrême
Immole sur la Croix pour moi, pauvre pécheur,
Uniquement pour que je L'aime.

Que j'aime donc Jésus, et que j'aime sa Croix
Autant que je peux, je le dois.
Que de ce double amour la flamme,
Que Votre appui que je réclame,
Au Jour du Jugement me servent à la fois
Pour la défense de mon âme !

Ah ! Si j'étais gardé par la Croix de Jésus,
Si sa mort, dans mes droits perdus,
M’avait rétabli par la Grâce ;
Quand Vous verrez que je trépasse,
Vierge, qui pouvez tout sur le sort des élus,
Choisissez Vous-même ma place. »

Ainsi soit-il.


M. l’abbé Cénat de L’Herm (1796-1867) - « Dictionnaire de noëls et de cantiques » de François Pérennès, pages 1017-1018, chez J. P. Migne, 1867


Voir également de M. l’abbé Cénat de L’Herm :
- La Prière de l’abbé Cénat de L’Herm pour Noël « Il est né dans une étable et ce Mystère ineffable rend une Crèche adorable »
- La Prière de Monsieur l’abbé Cénat de L’Herm « La Mère de Jésus est au pied de la Croix »