La Prière de l’Abbé Perreyve « Ô Jésus chargé de la Croix, donnez-moi l’Amour qui transforme toutes choses » :

« La première des mortifications est de supporter avec courage les épreuves inévitables de la vie, et de recevoir sans révolte le fardeau de la Croix, dont la Providence nous ordonne l'acceptation. Quelle croix, Seigneur ? Hélas ! Est-il besoin d'énumérer toutes les formes que peut prendre la douleur à notre égard ? N'y-a-t-il pas une lourde croix dans les maladies ? Une croix plus lourde dans les maladies de ceux que nous aimons, et dans les défaillances intérieures que nous donne alors l'inquiétude ? N’y-a-t-il pas une croix dans les angoisses de la mère qui craint pour la vertu de ses fils, et ne peut déjà plus que prier ? N'y-a-t-il pas une croix dans les mécomptes du cœur, dans les espérances déçues, dans les efforts inutiles, dans la bonne volonté vaincue, dans l'inconstance des affections, dans la perpétuelle instabilité des choses d'ici-bas, et enfin dans cette loi de la mort, qui est grande et belle, vue du côté du Ciel, mais qui, du côté de la terre, n'est que larmes, deuil, déchirements, séparation de ceux qui n'étaient qu'un, contradiction de la nature primitive, dont l'instinct essentiel était l'immortalité ? Voilà les croix de chaque jour et de chaque heure ; car, sur la terre, où n'est pas la douleur dans le corps et dans l'âme, et où n'est pas la mort ? Ô Jésus chargé de la Croix sans résistance, et silencieux par amour sous l'accablement d'un tel fardeau ! Apprenez-moi quand l'heure viendra de souffrir (et si elle n'est venue, cette heure peut-elle tarder ?). Apprenez- moi la résignation, le courage chrétien, la sagesse qui mesure les plaintes, et ne donne rien à de vains murmures. Donnez-moi plus que cela, ô Jésus ! Donnez-moi l’Amour, l’Amour qui a ses secrets, l’Amour qui transforme toutes choses et jusqu'à la mort même, et surtout la mort ! Que l'exemple de Votre force résignée me soutienne dans le moment des douloureuses étreintes, et que, si le corps ploie, l'âme demeure dans la ferme assurance de ses résolutions, et dans l'acceptation en foi de son sacrifice. »

Ainsi soit-il.


Abbé Henri Perreyve (1831-1865)

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Voir également de l’Abbé Henri Perreyve :
La Prière de l’Abbé Henri Perreyve « Ô Marie, qu'il est bon de Vous rencontrer à l'heure de la détresse »
La Prière de l’Abbé Henri Perreyve « Je Vous adore, Seigneur Jésus, succombant sous le bois de la Croix »
La Prière de l’Abbé Henri Perreyve « Consacrer sa vie à Dieu, ce n'est pas toujours se séparer du monde »
La Prière de l’Abbé Henri Perreyve « Vierge sainte, ayez pitié de ceux qui s’aimaient et qui ont été séparés »
La Prière Testamentaire de l’Abbé Henri Perreyve « Je meurs dans la foi de l'Église catholique, au service de laquelle, dès l'âge de douze ans, j'ai eu le bonheur de consacrer ma vie »
La Prière de l’Abbé Perreyve sur l'Humilité « Ô Jésus, donnez-moi d'être humble dans la constatation de ma misère et relevez-moi »
La Prière de l’Abbé Perreyve pour le Samedi Saint « Ô Maître, dites-moi ce que je dois apprendre dans ce dernier Acte de votre Passion »
La Prière dans l'épreuve de M. l’Abbé Perreyve « Ô Jésus chargé de la Croix, donnez-moi l’Amour qui transforme toutes choses »
La Prière du malade à son réveil de l’Abbé H. Perreyve « Ô mon Dieu, j'ai peur du jour qui commence »
La Prière du malade pour la nuit de l’Abbé Perreyve « Si vous pleurez, que ce soit avec Jésus, car Il a pleuré »