La Prière de l’Abbé Legris-Duval « Ô mon Consolateur, Vous ne condamnerez pas les larmes d'une mère, Vous qui avez pleuré sur la mort d'un ami » :

« Ô mon Sauveur ! Qui avez souffert par amour pour moi tous les tourments de la Passion, et jusqu'à la Mort la plus cruelle, je ne refuse pas, quoi qu'il m'en puisse coûter, de prendre part à Votre calice d'amertume : je Vous offre mon cœur, déchiré, mais soumis. Vous m'aviez donné, dans cet enfant si chèrement aimé, le plus doux bonheur qui soit au monde : je souscris, autant que je sais le faire dans ma désolation extrême, à l'arrêt par lequel Vous me l'avez enlevé. Oui, mon Dieu, mon Créateur, le Maître de toutes choses, je m'efforce, avec Votre serviteur Job, de bénir Votre saint Nom dans cette épreuve, et de m'abandonner sans réserve à votre Volonté, que je ne veux jamais appeler cruelle. Ô mon Consolateur ! Vous ne condamnerez pas les larmes d'une mère, Vous qui avez pleuré sur la mort d'un ami ! Ne souffrez pas seulement qu'il échappe à ma douleur une seule parole qui puisse Vous déplaire. Je rétracte d'avance toute plainte et même toute pensée qui ne seraient pas conformes à la soumission chrétienne et absolue que je Vous dois, ô mon Dieu ! Faites que ma douleur ne soit pas du désespoir ; que je ne m'y livre pas aux dépens de mes devoirs, ni que le regret de ce que j'ai perdu me rende injuste pour ce qui me reste. Donnez-moi la force d'être toujours attentive au bonheur de ceux qui m'entourent, vigilante pour retenir mon imagination quand le chagrin l'égare, et courageuse pour relever mon âme abattue. Vierge sainte, ô Mère des douleurs ! J’unis ma souffrance à la Vôtre ; ouvrez-moi votre Cœur, Refuge et Modèle des mères désolées ; obtenez par Vos prières, ô Marie ! Que j'accepte comme Vous le glaive qui a percé mon âme, que je reste debout au pied de la Croix, que j'y vive et que j'y meure, soumise et résignée ».

Ainsi soit-il.


Abbé René­-Michel Legris-Duval (1765-1819)

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Voir également de M. l'abbé Legris-Duval :
La Prière de l’Abbé Legris-Duval à une mère après la mort de son enfant « Ô mon Consolateur, Vous ne condamnerez pas les larmes d'une mère, Vous qui avez pleuré sur la mort d'un ami »
La Prière de l’Abbé Duval « Ô Dieu, envoyez cet Esprit de Force qui peupla l'Eglise de héros »
La Prière de l’Abbé René­-Michel Legris-Duval sur nos devoirs envers les pauvres « Et comment, ô mon Dieu, les pauvres ne seraient-ils pas des êtres sacrés pour le chrétien ? »