La Prière de la Révérende Mère Saint-Jérôme au Temps de l’Avent « Mon Dieu, je Vous aime pour Vous, et non pas pour moi » :

« Mon Dieu, je Vous aime pour Vous, et non pas pour moi. Je souffre, je sèche de tristesse, voyant prévaloir l'iniquité sur la terre, et votre Evangile foulé aux pieds. Je souffre, me sentant malgré moi assujetti à la vanité. Jusques à quand, Seigneur, laisserez-Vous Votre héritage désolé ? Revenez donc, Seigneur Jésus, rendez-nous la Lumière de votre Visage. Je ne veux tenir à aucune des choses qui m'environnent ici-bas. Elles menacent toutes ruine prochaine. Les voûtes immenses des cieux s'écrouleront dans les abîmes, cette terre couverte de péchés sera consumée et renouvelée par le feu vengeur. Les astres tomberont, leur lumière s'éteindra, les éléments embrasés se confondront, la nature entière sera bouleversée. A ce spectacle, que l'impie frémisse. Pour moi, je m'écrie avec amour et confiance : Frappez, Seigneur, glorifiez-Vous aux dépens de tout ce qui blesse votre Sainteté. Frappez sur moi, ne m'épargnez point, pour me purifier et pour me rendre digne de Vous. Hélas ! Ce monde insensé n'est occupé que du moment présent qui échappe. Tout ceci va périr, et on en veut jouir comme s'il devait être éternel. Le ciel et la terre passeront comme la fumée, votre Parole seule demeure éternellement. Ô Vérité ! On ne Vous connait point. Le mensonge est adoré, et remplit tout le cœur de l'homme. Tout est faux, tout est trompeur ; tout ce qui se voit, tout ce qui se touche, tout ce qui est sensible, tout ce qui est mesuré par le temps, n'est rien. Faut-il que ce vain fantôme soit cru si solide, et que l'immuable vérité passe pour un songe ? Hélas ! Seigneur, pourquoi souffrez-Vous cet enchantement ? La terre entière est plongée dans le sommeil de la mort, réveillez-la par votre Lumière. Pour moi, je ne veux que Vous, je n'attends que Vous. Je regarde la foudre prête à partir de Votre main pour écraser les hommes superbes, et pour venger votre Patience méprisée ; et loin de craindre la mort, je la regarde comme la délivrance de Vos enfants. Oui, Seigneur, nous mourrons, et le charme funeste se rompra tout à coup. Vous ne serez plus offensé ; je Vous aimerai, je n'aimerai que Vous, je ne m'aimerai plus moi-même d'un amour déréglé. Oh ! Que j'aime votre Avènement ! Déjà, selon votre Précepte, je lève les yeux et la tête pour aller au-devant de Vous. Par le transport de mon amour, je m'élance au-devant du Seigneur, comme le premier de Vos apôtres me l'a enseigné. Je suis faible, misérable, fragile, il est vrai ; j'ai tout à craindre, si Vous me jugez dans la rigueur de votre Justice, j'en conviens ; mais plus je suis fragile, plus je conclus que la vie est un danger, et que la mort est une Grâce ».

Ainsi soit-il.


Révérende Mère Saint-Jérôme (1810-1868) – « Nouvelles Heures Catholiques ou Recueil complet d'heures et de prières », pages 606-607, Librairie Catholique, 1858

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Voir également de la Révérende Mère Saint-Jérôme :
- La Prière de la Révérende Mère Saint-Jérôme « Ô mon aimable Sauveur, je Vous remercie de m'avoir donné votre Cœur »
- La Prière de la R. Mère Saint-Jérôme « Cœur de Jésus, ayez pitié de la France »
- La Prière de la Révérende Mère Saint-Jérôme sur les Bienfaits de l’Amour infini du Cœur de Jésus « Comment reconnaître, ô Jésus, l'immense Amour de votre Cœur ? »
- La Prière de la Révérende Mère Saint-Jérôme au Temps de l’Avent « Mon Dieu, je Vous aime pour Vous, et non pas pour moi »