La Prière du Frère Louis de Grenade « Mon Seigneur, accordez-moi la grâce de Vous aimer de tout mon cœur » :

« Mon Seigneur, accordez-moi la grâce de Vous aimer de tout mon cœur, de toute mon âme, de toutes mes forces, comme Vous me le commandez. Vous êtes toute mon espérance, toute ma gloire, tout mon refuge et toute mon allégresse. Vous, l'ami des amis ! Ô époux fleuri ! Époux suave ! Époux doux comme le miel ! Ô Amour de mon cœur ! Ô vie de ma vie et joyeux repos de mon esprit ! Préparez Vous-même, ô mon Dieu, préparez en moi, Seigneur, Votre demeure et venez en moi, reposez-vous en moi, comme Vous me l'avez promis dans Vos paroles. Mortifiez en moi tout ce qui Vous déplaît, et faites de moi un homme selon Votre cœur. Blessez, Seigneur, les profondeurs de mon âme avec les flèches de votre Amour, et enivrez-moi du vin de Votre charité parfaite. Oh ! Quand cela arrivera-t-il, Seigneur ? Quand Vous serai-je agréable en toutes choses ? Quand mourra en moi tout ce qui Vous déplaît ? Quand serai-je complètement à Vous ? Quand cesserai-je de m'appartenir à moi-même ? Quand donc tout ce qui n'est pas Vous cessera-t-il de vivre dans mon âme ? Quand Vous aimerai-je avec ardeur ? Quand serai-je embrasé du feu de Votre amour ? Quand me sentirai-je transporté par l'efficacité de Vos charmes ? Quand donc me ravirez-Vous, me noierez-Vous, me transporterez-Vous, me cacherez-Vous de manière à ce que je ne paraisse plus moi-même ? Quand enlèverez-Vous tous les obstacles qui m'empêchent d'aller à Vous ? Quand n'aurai-je plus qu'un même esprit avec Vous, de telle sorte que rien ne puisse plus me séparer de Vous ? Ami ! Ô Bien-aimé ! Ô Chéri de mon âme ! Ô Bonté de mon cœur ! Exaucez-moi, Seigneur, non à cause de mes mérites, mais à cause de Votre infinie bonté ! Instruisez-moi, Seigneur, éclairez-moi, dirigez-moi, aidez-moi en toutes choses, afin que je ne dise et que je ne fasse jamais rien qui ne soit désagréable à Vos yeux. Mon Dieu ! Ô l'objet de ma tendresse ! Ô le Bien-aimé de mon âme ! Ô mon Amour le plus doux ! Ô ma Force ! Éclairez-moi, ô ma Lumière, et conduisez-moi à Vous. Dieu de mon cœur, pourquoi ne Vous donnez-Vous pas aux pauvres ? Vous avez fait les cieux et la terre, et Vous laisseriez mon cœur dans l'indigence ! Vous avez donné aux lis des champs leur parure, aux petits oiseaux leur pâture, aux vers leur subsistance ; pourquoi ne Vous souvenez-Vous pas de moi, qui consens à tout oublier pour Vous ? Je Vous ai connu bien tard, ô Bonté infinie ! Je Vous ai aimé bien tard, Beauté toujours ancienne et toujours nouvelle ! Triste temps que celui où je ne Vous ai pas connu, aveugle que j'étais de ne pas Vous voir ! Vous étiez au dedans de moi, et je Vous cherchais au dehors ! Mais, puisque je Vous ai trouvé si tard, ne permettez pas, Seigneur, dans Votre infinie clémence, que j'aie jamais le malheur de Vous perdre. Et puisque une des choses qui Vous plaisent davantage et qui frappent le plus Votre cœur, est que nous sachions Vous admirer de nos yeux, accordez-moi, Seigneur, la faveur de Vous admirer ; donnez-moi des yeux simples comme ceux de la colombe, des yeux chastes et purs, des yeux humbles et amoureux, des yeux tendres et sensibles, des yeux attentifs et discrets, avec lesquels je puisse découvrir Votre volonté et L'accomplir. Mon Seigneur, qu'en Vous contemplant ainsi, je mérite d'attirer sur moi Vos regards. Oui, Seigneur, regardez-moi comme Vous avez regardé saint Pierre lorsqu'il versa sur son péché des larmes abondantes ; regardez-moi comme Vous avez regardé l'enfant prodigue quand Vous le reçûtes et que Vous lui donnâtes le baiser de paix, comme Vous regardâtes le publicain qui n'osait lever les yeux au ciel, comme Vous regardâtes enfin l'Epouse dans les Cantiques lorsque Vous lui dites : « Tu es belle, ô ma bien-aimée ! Tu es belle, tes yeux sont ceux de la colombe » ; afin que, touché de la beauté de mon âme, Vous l'orniez d'une grâce el d'une vertu qui la rendent toujours agréable à Vos yeux. Très-haute, Très-clémente et Très-miséricordieuse Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, Dieu véritable et unique, instruisez-moi, dirigez-moi, aidez-moi, Seigneur, en toutes choses. Père tout-puissant, par la grandeur de Votre infinie puissance, établissez et confirmez en Vous ma mémoire, et remplissez-la de saintes pensées et de pieuses affections. Fils très-saint, par votre éternelle Sagesse, éclairez mon entendement et donnez-lui de connaître Votre souveraine Vérité et mon extrême bassesse. Saint-Esprit, Amour éternel du Père et du Fils, par votre incompréhensible Bonté, transportez en moi votre Volonté et allumez en elle un feu si vif de votre Amour que rien ne puisse l'éteindre. Trinité sacrée, seul Dieu de mon âme et tout mon bien ! Oh ! Que ne puis-je Vous louer et Vous aimer comme les anges ! Oh ! Si je pouvais réunir l'amour de toutes les créatures, comme je serais heureux de Vous l'offrir et de Vous le donner ! Tout cela néanmoins ne suffirait pas pour Vous aimer comme Vous le méritez, ou pour Vous louer selon l'étendue de Vos grandeurs. Vous seul, en effet, comprenez Votre incompréhensible bonté ; Vous seul pouvez lui donner l'amour dont elle est digne et ce n'est que dans Votre sein divin que s'accomplit l'équité de l'amour. Marie, Marie, Marie, Vierge Très-Sainte, Mère de Dieu, Reine du ciel, Maîtresse du monde, Tabernacle du Saint-Esprit, Lis de pureté, Rose de patience, Paradis de délices, Miroir de chasteté, Modèle d'innocence, priez pour ce pauvre exilé et ce malheureux pèlerin, et faites-lui part des œuvres de Votre inépuisable Charité ! Vous tous, saints et saintes, et vous, bienheureux esprits qui brûlez d'un si grand amour pour votre Créateur, vous surtout, Séraphins ardents, qui embrasez de votre amour le ciel et la terre, n'abandonnez point ce pauvre et misérable cœur, purifiez-le plutôt de toutes ses fautes, comme vous purifiâtes autrefois les lèvres d'Isaïe, embrasez-le de votre pur amour, afin qu'il n'aime que Dieu seul, qu'il ne cherche que lui, qu'il trouve en lui seul son repos, et qu'il demeure dans son sein pendant les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

Frère Louis de Grenade (1504-1588)

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Voir également du Frère Louis de Grenade :
La Prière du Frère Luis de Grenade pour les malades en fin de vie « Cœur agonisant de Jésus, ayez pitié des mourants ! »
La Prière du Frère Louis de Grenade « Mon Seigneur, accordez-moi la grâce de Vous aimer de tout mon cœur »
La Prière du Frère Louis de Grenade avant la Confession « Ô mon Jésus, envoyez votre Lumière et votre Vérité à ma pauvre âme afin qu'elle découvre en toute vérité les défauts que je dois confesser »
La Prière du Frère Dominicain Louis de Grenade après la Confession « Très-aimable Rédempteur, je Vous supplie d'avoir pour agréable la confession que je viens de faire »
La Prière Mariale du Révérend Père Louis de Grenade à la descente de Croix « Que ferai-je sans Toi, mon Fils ? »
La Prière de Louis de Sarria de Grenade « Je Te salue Vierge Sainte, Toi qui es ma défense et ma vie »