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Le Magnificat de l’Abbé Combalot « Magnificat anima mea Dominum » :

Magnificat anima mea Dominum
Jéhova de mon cœur reçois le pur encens ;
Accepte les transports de mon âme enivrée ;
Et quand de tes bienfaits je me sens accablée,
Permets qu'à tes grandeurs je consacre mes chants.

Et exultavit spiritus meus,
Sous le poids de tes dons, dans mon rapide essor,
Où prendre les accents de ma reconnaissance ?
Mon cœur, pour t'adorer, vers mon Sauveur s'élance,
Il monte dans les cieux pour chercher son trésor.

Quia respexit humilitatem ancillae suae
Inclinant ses grandeurs vers mon humilité,
Son regard amoureux y trouva sa servante ;
C'est pourquoi des élus la race triomphante
Célébrera mon nom pendant l'éternité !

Quia fecit mihi magna qui potens est
Accomplissant sur moi son éternel décret,
Il a mis dans mes flancs son plus profond mystère ;
Le Saint, le Tout-Puissant, devenu notre frère,
A mes brûlants soupirs a livré son secret.

Et misericordia ejus a progenie
Un océan d'amour s'épanchant de son cœur,
Des générations provoque les louanges;
Il veut diviniser les hommes et les Anges.
Heureux qui garde en soi la crainte du Seigneur !

Fecit potentiam in brachio
Son invincible bras a détruit les complots
Que les fils de l'orgueil forgeaient contre sa grâce ;
Son tonnerre de feu dévorera leur trace ;
De la haine et du crime il tarira les flots.

Deposuit potentes de sede
Les trônes qu'occupaient les superbes esprits,
Se sont brisés sous eux, et la secte rebelle
A vu prendre sa place à la tribu fidèle :
C'est ainsi que mon Dieu couronne les petits.

Esurientes implevit bonis
Il a rassasié des biens de sa maison,
Ceux que brûlait la soif des divines richesses ;
Et pendant que sa main leur versait ses largesses,
Il versait sur l'impie un dévorant poison.

Suscepit Israel puerum suum
Gardant à ma patrie un amour paternel,
D'un enfant de Jacob il a pris la nature.
De ses bontés pour nous la source toujours pure
Ne tarira jamais aux rives d'Israël.

Sicut locutus est ad patres nostros, Abraham
Mon Seigneur a parlé : de son Verbe divin
Les siècles attentifs ont reçu les oracles.
Abraham, tes enfants contemplent ses miracles,
Et les échos du temps ne parlent point en vain.

Ainsi soit-il.


Abbé Théodore Combalot (1797-1873) – « Cantiques nouveaux à l'honneur de la Très-Sainte Vierge », pages 3-5, J.- B. Pélagaud et Cie (1849)

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L’Abbé Théodore Combalot est le deuxième enfant d’une famille nombreuse qui n’en comprendra pas moins de quatorze et se dirige très tôt vers le sacerdoce, faisant d’abord ses études au petit séminaire tout proche de La Côte-Saint-André, puis au grand séminaire de Grenoble. Ordonné Prêtre à l’âge de 23 ans, il est nommé curé de Charavines, une ancestrale petite commune iséroise, située sur les bords du lac de Paladru. En plein renouvellement du clergé français après le retour des Bourbons au pouvoir, le jeune religieux se fait vite remarquer par sa forte personnalité, ses qualités d’écriture et ses dons d’orateur. À Paris, il est d’abord proche du fameux Père de Lamennais, un écrivain, théologien et philosophe, mais s’en éloigne finalement et participe à plusieurs polémiques qui secouent alors la bonne société française. Combalot écrit d’ailleurs lui-même plusieurs livres dont un, en 1843, titré, « Mémoire sur la guerre faite à l’Église et à la société par le monopole universitaire ». L’ouvrage provoque alors un véritable scandale et vaut à son auteur près de 4 000 francs d’amende et quinze jours d’emprisonnement à la prison parisienne de Sainte-Pélagie. En 1839, Théodore Combalot a conseillé Anne-Eugénie Milleret de Brou, dont le nom religieux est Marie-Eugénie de Jésus, quand celle-ci a souhaité fonder une nouvelle congrégation religieuse catholique, apostolique et contemplative : les religieuses de l’Assomption. Réputé pour ses oraisons, le fougueux prêtre meurt dans la capitale au printemps 1873, à l’âge de 76 ans. Ses restes seront transférés dans l’église de son pays natal isérois, à Châtenay, édifice qu’il a contribué à faire construire.


Voir également de l’Abbé Théodore Combalot :
La Prière de l’Abbé Combalot « Ô Douce Reine de l'univers, sauvez-nous de la barbarie »
La Prière de l’Abbé Théodore Combalot « Bénissons en ce jour la Mère du Dieu d’Amour »
Le Cantique de l’Angélus de l’Abbé T. Combalot « Ô Marie, le Décret du Seigneur veut que Vous soyez Mère »
Le Magnificat de l’Abbé Combalot « Magnificat anima mea Dominum »