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La Prière du Moine Bénédictin Eadmer de Cantorbéry « Ô Jésus, daignez donc effacer et remettre nos péchés » :

« Ô Jésus, rempart invincible de tous ceux qui accourent vers Vous, vrai Fils unique de la très chaste Vierge, ma Souveraine, par l'amour dont Vous chérissez cette très douce Mère, faites que se réalisent un jour pour moi les vœux que mon cœur tiède mais cependant aimant forme aujourd'hui par son Intercession. Si malgré tout, la multitude de mes crimes provoque Votre justice à me condamner plus que la Tendresse de Votre Mère n'incline Votre miséricorde à m'épargner, ne m'abandonnez pas tout à fait. Vous qui êtes présent partout et partout exercez Votre puissance, mettez un obstacle entre mes ennemis et moi, afin que je puisse me dérober à leurs poursuites, que je ne devienne pas la proie des démons, que je ne tombe pas dans les abîmes affreux de l'enfer. Si je ne puis même pas obtenir cette Grâce, qu'au moins dans le séjour des morts je ne sois pas privé du souvenir et de la connaissance de Votre saint Nom, que je ne devienne pas semblable à Satan et héritier de sa haine, tenté de Vous reprocher Votre justice et de mériter ainsi l'aggravation de la sentence réservée à ceux qui s'obstinent dans la perversité du murmure. Seigneur, Seigneur plein de Bonté, si à toutes ces supplications vous fermez les oreilles de Votre miséricorde, je ne vois pas ce que je puis encore implorer de Vos largesses infinies. Cette ignorance même vient sans doute de la multitude de mes iniquités. Si la profondeur de leurs ténèbres ne m'enveloppait pas, Vous qui êtes la Lumière indéfectible, Vous ne me manqueriez pas, Vous écarteriez loin de moi l'obscurité de cette ignorance par le rayon de Votre clarté ; je verrais alors dans cette Lumière que « Vous n'êtes pas un Dieu voulant l'iniquité » (Ps V, 5) et que pourtant Vous connaissez et pouvez trouver dans Votre tendresse des moyens ineffables de relever ceux qui tombent et sont oppressés par la misère et le péché. Je crois d'ailleurs, fermement, mon Dieu, j'en suis persuadé dans le fond de mon cœur et je le confesse de bouche, tout ce que Vous ferez de moi, quel que soit le poids des maux dont Vous pourriez m'accabler, Votre sentence éloignée de toute injustice ne s'inspirera jamais du trouble irraisonné de la colère. Daignez donc effacer et remettre nos péchés. Soyez envers nous tel que nous le fait espérer le tendre Amour de Votre très douce Mère. Puissions-nous en réalité expérimenter que Vous êtes la Miséricorde, cette Miséricorde que Marie elle-même a déclaré de ses pieuses lèvres avoir enfanté de sa propre chair pour le Salut du genre humain, en devenant Mère du Dieu qui est vraiment homme ».

Ainsi soit-il.


Eadmer de Cantorbéry (vers 1060-1124) – « La première Apologie du dDogme de l’Immaculée Conception »

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Voir également d’Eadmer de Cantorbéry :
- La Prière d’Edmer de Canterbury « Ô Vous, Bienheureuse entre toutes les femmes ! »
- La Prière d’Eadmer de Cantorbéry au Jugement dernier « Ô Marie, arrachez-moi à l'auteur de la mort et accordez-moi la Vie éternelle »
- La Prière du Moine Eadmer de Cantorbéry « Ô Marie, soyez notre Avocate dernière, nous Vous en prions »
- La Prière du Moine Bénédictin Eadmer de Cantorbéry « Ô Jésus, daignez donc effacer et remettre nos péchés »