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La dévotion du mois de mai ou du Mois de Marie :
C'est à Florence, capitale de la Toscane en Italie, que fut fondée la dévotion du Mois de Marie. Les exercices du mois de mai y commencèrent dans la magnifique église de Sainte-Marie-des Fleurs. Voici la pratique que l'on peut suivre pour bien faire les exercices de ce Mois de Marie :

1° Si l'on n'a pas la facilité d'aller tous les jours au pied d'un autel de la Sainte Vierge, il faut, la veille ou l'avant-veille du 1er mai, choisir le lieu le plus convenable de la maison. On orne de son mieux un endroit pour y placer l'image ou la statue de Marie.

2° On se propose d'honorer Marie pendant le mois de mai avec un zèle particulier : on détermine quelle vertu de la Sainte Vierge on veut plus spécialement imiter, quelle Grâce particulière on veut obtenir, quel péché ou défaut on veut spécialement éviter.

3° Chaque jour à son réveil et de temps en temps pendant la journée, on offre ses actions à Marie, et on ne manque pas de venir réciter quelque prière devant l'image ou la statue préparée pour le culte du Mois de Marie ; on termine ce mois de mai par une Communion fervente et une Consécration à la Très Sainte Vierge Marie (cf. « Prière de Consécration à la Très Sainte Vierge Marie »).

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La Prière du Mois de Marie « Ô Vierge Sainte, c'est le mois de mai que nous Vous consacrons spécialement » :

« Ô Vierge Sainte, c'est le mois de mai que nous Vous consacrons spécialement. Si le printemps nous offre les ravissantes beautés de la nature, ne trouvons-nous pas dans Vos grandeurs et dans Vos vertus des merveilles infiniment plus admirables ? Vous êtes fille du Père, mère du Fils, épouse du Saint Esprit. Vous avez été conçue sans péché. Vous êtes de toute beauté, et aucune tâche n'est en Vous. Vous êtes vierge et mère de Dieu. Vous fûtes présentée à la cour céleste, qui Vous compara tantôt à l'astre des nuits, tantôt à la clarté plus vive de l'aurore, tantôt à la splendeur du soleil. Vous fûtes le premier canal par lequel Dieu répandit ses ineffables Bienfaits sur le genre humain, plongé depuis quatre mille ans dans les ténèbres de la mort. Vous écrasâtes la tête du serpent et ouvrîtes le Ciel, que le péché avait fermé. Du haut de la Croix Votre divin Fils Vous déclara notre Mère. Dès lors toutes les générations ont célébré et célèbreront Vos louanges jusqu'à la fin du monde ; tous les jours Vos enfants Vous adressent cette prière : « Je Vous salue, Marie, pleine de Grâce » et tous les jours Vous répandez Vos bénédictions dans nos cœurs pour faire germer toutes les vertus, comme les beaux jours de mai donnent à la nature entière la vie et la fécondité. Ô Mère de Miséricorde, qui obtenez de votre Fils tant de prodiges, demandez la conversion des pécheurs qui ne cessent de blasphémer son Nom et le Vôtre ; vengez sa Gloire et la Vôtre ; ne permettez pas qu'ils imitent l'impie Nestorius, qui mourut dans le désespoir pour avoir prêché contre Votre divine Maternité, hérésie renouvelée aujourd'hui par une secte pestilentielle. Ô Marie, qui aimez l'unité de l'Eglise et la pureté de Sa doctrine, éloignez de nous les faux prophètes qui ont un extérieur de brebis et qui sont intérieurement des loups ravissants. Ne permettez pas qu'ils dévorent Vos enfants comme le feu dévora le temple de Salomon. Votre puissante Protection, dans laquelle nous avons la plus parfaite confiance, nous mettra à l'abri de tout fléau, dès que nous serons fidèles à Vos inspirations, que nous suivrons Vos exemples d'humilité et d'obéissance, partageant Vos joies et Vos douleurs sans jamais oublier Vos bienfaits, qui sont notre vie, notre espoir et notre consolation. Qu'il est grand, ô Marie, le bonheur de Vos fidèles serviteurs qui sont près de Vous ! Votre amour nous console et le parfum de Vos vertus nous attire à Vous. Oui, ô Vierge Sainte, mon âme, dégagée des soins et des intérêts de la terre, repose au pied de Vos autels et jouit, à l'ombre de Votre protection, d'une tranquillité parfaite et d'un calme assuré, comme un enfant endormi sur le sein de sa mère me redoute aucun danger, de même, ô Marie, près de Vous qui avez toute ma confiance, rien ne m'épouvante : ni les artifices du monde, ni la rage du démon, ni la faiblesse de mon cœur, ni la violence de mes passions, ni la justice de Dieu même, qui ne peut atteindre Vos enfants entre Vos bras. Lorsque Vous abaissez sur moi un regard d'amour et de compassion, un de ces regards qui guérissent toutes les douleurs, je sens aussitôt descendre dans mon âme tous les précieux Dons de la grâce et l'abondance des divines Miséricordes ; je vois mon Dieu ouvrir son Cœur au retour de mon âme qui L'invoque, et j'entends Sa bouche lui adresser ces Paroles consolantes : « Ma fille, ayez confiance ; votre Mère a prié pour vous, j'ai oublié toutes vos iniquités ». Ô la meilleure et la plus tendre des Mères, intéressez-Vous pour tant de pécheurs qui ne participent pas à ce bonheur, et qui, malgré leur ingratitude, n'ont pas cessé d'être Vos enfants. Puisque le Calvaire est un asile assuré que personne ne peut violer et que la justice de Dieu respecte elle-même, puisque les Plaies sacrées de votre Fils sont le refuge des pécheurs, puisque son Sang demande encore miséricorde pour eux et que son Cœur adorable brûle encore pour eux du même Amour qui L'immola sur la Croix, puisqu'Il réclama d'une voix mourante votre Miséricorde pour eux, mêlez Votre voix à Celle de Votre divin Fils, qui fit sortir les morts des tombeaux, obtenez pour eux les lumières et les grâces dont ils ont besoin pour rentrer dans la voie du salut ; faites qu'un jour ils s'unissent à nous pour célébrer Vos bienfaits et chanter Vos louanges pendant toute l'éternité ».

Ainsi soit-il.

Prière du Mois de Mai ou de Marie - « Heures Catholiques d'Ars : prières d'un Serviteur de Dieu ou exercices de piété spécialement destinés aux pèlerins d'Ars », pages 350-353, chez H. Pélagaud et Roblot, 1875

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