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La Prière du P. Pierre Alexandre Mercier « Ô mon Dieu, Vous ne m'affligez que parce que Vous m'aimez » :

« Ô mon Dieu, je le reconnais trop tard, Vous ne m'affligez que parce que Vous m'aimez ; Vous ne me laissez dans cet état de détresse, d'abaissement et d'anxiété que pour me dégoûter d'un monde séducteur et égoïste ; que pour m'inspirer le désir des ineffables biens de la vie future que Vous réservez à la patience chrétienne, et que personne ne pourra me ravir. Si j'avais plus de santé, plus de richesses, plus de succès dans mes spéculations, plus d'agréments dans mes liaisons, plus de considération parmi les hommes, je m'abandonnerais, comme tant d'autres, aux viles passions de la vaine gloire, de l'ambition, de l'avarice, du sensualisme et de la volupté. Que j'étais insensé d'envier aux prétendus heureux de la terre ces misérables jouissances qui les perdent presque tous, et qui m'auraient perdu moi-même. Que m'importe, en définitive pour le peu de temps qui me reste à passer dans cette vallée de larmes, d'être malade ou bien portant, opulent ou pauvre, estimé ou méprisé, pourvu qu'après Vous avoir servi avec fidélité, j'entre triomphalement dans le magnifique Sanctuaire de la vraie Gloire et de la Félicité permanente ! »

Ainsi soit-il.


R. P. Pierre Alexandre Mercier (1791-1857) - « Sermon sur les afflictions », page 706 dans Collection intégrale et universelle des orateurs sacrés du premier et du second ordre, chez Jacques-Paul Migne, 1863