La Prière du Pape Alexandre VII en pèlerinage à Sichem « Dirige mon esprit, ô Vierge, conduis ma main et mes pieds » :

« Ô Marie, illustre Descendante des rois, Fille, Épouse, Mère du Dieu éternel ; Vierge, le Refuge des malheureux, l’Appui des opprimés, je veux, dans mes vers, célébrer Ta louange. Accueille les chants de ma lyre et guide, en son voyage, le poète qui T'est dévoué. C'est vers Toi que je vais, ô Vierge ; Tu es l'unique Joie de mon cœur ; seule, Tu es l’Objet de mes pensées. Je me dirige vers Ton temple, qui a reçu son nom d'une colline rude et âpre, dans les régions du Brabant qu'arrose la Demer. Dirige mon esprit, ô Vierge, conduis ma main et mes pieds ; fais que mes vœux et mes prières plaisent à Dieu. Je ne demande rien de terrestre ; ni l'éclat du sceptre et de l'or, ni les biens de la vie présente ne peuvent me charmer. Que la terre garde ses richesses ; moi je porte ma pensée vers les Cieux, et c'est Toi, Vierge Sainte, qui me plais par-dessus tout. Sois à moi, qu'il me soit permis, je T'en conjure, de T'appeler ma Souveraine ; que je sois à Toi, et daigne me nommer Ton esclave et Ton sujet. Alors, la Divinité ne m'exclura pas des Cieux ; alors, Elle me pardonnera mes erreurs et mes fautes. Je suis au déclin de la vie ; j'ai bien assez vu de terres et de mers ; il ne me reste à faire qu'un seul voyage. Et il est long celui-là ; c'est le Voyage des Cieux. Oh ! Puissé-je effacer les souillures de mon âme, et entrer avec un vêtement blanc dans la Maison du Seigneur. J'y irai, — c'est mon doux espoir, — oui, j'y irai joyeux et triomphant, si Tu daignes, ô Vierge, Te rendre ma conductrice. Et Tu le voudras, et je suivrai Tes étendards, et, par Toi, il me sera facile d'arriver au terme du Salut. Tu peux et Tu désires nous secourir dans nos maux ; aucun astre ne brille sur la mer plus pur ni plus propice que Toi. Mais voici le sommet du mont de Sichem, voici la tour, voici le dôme rayonnant du Temple. Salut, Maison sainte, salut ! Que la guerre, que les larrons ne touchent point à Tes murs ; que la foudre du ciel tombe loin de Toi. Que le pieux pèlerin se rende ici sain et sauf des régions les plus éloignées, et qu'il retourne en paix dans son pays natal. Enfin j'arrive au Temple désiré ; enfin je puis coller mes lèvres sur le saint Parvis. Ô ma langue, tais-toi ; les soupirs secrets du cœur seront assez éloquents, ses larmes parleront assez haut ».

Ainsi soit-il.


Pape Alexandre VII (1599-1667)

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