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La Prière paraphrasée de Saint Pie VI sur la Salutation angélique « Je Vous salue, Marie » :

Je Vous salue, Marie
Permettez-moi, Très-Sainte Vierge, de Vous saluer avec le Saint Archange, et de me réjouir de cœur à cause de Votre grande Dignité, à laquelle Vous avez été choisie de Dieu par préférence à toutes les autres créatures. Votre très-honorable Nom de Marie excite en moi la vénération et la confiance ; car il marque, que Vous êtes une Dame et Reine, que le Tout-Puissant a élevée au-dessus du Ciel et de la Terre ; ce Nom marque, que Vous nous éclairez dans l'obscurité de notre pèlerinage ; que Vous êtes l'Étoile qui nous guide sur la mer orageuse de ce monde.

Pleine de Grâce
Ce Titre d'honneur Vous est dû avant tous les autres Saints ; ceux-ci étaient pleins de grâce comme de petites rivières ; mais Vous en êtes remplie comme une mer spacieuse. Mais souvenez-Vous, ô Marie, que Vous êtes pleine de Grâce, pas pour Vous seule, mais aussi pour nous. C'est pourquoi, je Vous prie, jetez Vos yeux miséricordieux sur moi, qui suis dans la misère, et rempli de péchés, de fautes et de mauvaises inclinations. Ah ! Par Votre puissante Intercession obtenez-moi ces Grâces surnaturelles, qui me sont les plus utiles et les plus efficaces pour opérer mon salut : surtout intercédez pour moi, afin que j'avance tous les jours de plus en plus dans la Grâce sanctifiante, et que je La conserve fidèlement jusqu'à la fin de ma vie.

Le Seigneur est avec Vous
Que pouvait-il Vous annoncer de plus agréable l'Ange Gabriel, que ces paroles : « Le Seigneur est avec Vous ». Ces paroles, ô Marie, Vous ont assurée de l'Amitié de Dieu. L'Ange voulait dire : « Le Seigneur est avec Vous d'une manière toute particulière », savoir : Dieu le Père, comme avec Sa très chère Fille ; Dieu le Fils, comme avec sa Mère Vierge ; le Saint-Esprit, comme avec son Épouse immaculée : car c'est en Vous que, pour le salut du monde, la Très-Sainte Trinité a opéré les plus grands et les plus incompréhensibles Mystères de sa Puissance, de sa Sagesse et de son Amour. Ah ! Vierge pleine de Grâce, faites que le Seigneur soit aussi avec moi par sa Sagesse, pour me gouverner, par son Amour, pour m'embraser, encourager et sanctifier.

Vous êtes bénie entre les Femmes
Ô Marie, Vous avez été vraiment clouée de prérogatives, qu'aucune de toutes les Saintes Femmes du vieux et du nouveau Testament n'a jamais reçues. Vous seule avez été exempte du péché originel ; Vous seule avez écrasé la tête du serpent, et par-là Vous avez changé en Bénédiction la malédiction d'Eve notre première Mère ; Vous seule avez conçue sans tache le Fils de Dieu ; Vous L'avez enfanté sans douleur, et Vous êtes toujours demeurée une Vierge immaculée. Faites donc, Vous, qui êtes bénie entre toutes les femmes, faites-moi participant de cette Bénédiction de Grâce, que Vous nous avez procurée, comme une meilleure et plus heureuse Mère, afin, qu'étant ainsi fortifié dans le bien, je devienne digne d'entendre au Jugement universel ces Paroles consolantes : « Venez les bénis de mon Père, possédez le Royaume qui vous est préparé ».

Et Béni est le Fruit de Votre ventre,
Jésus, Il mérite d'être béni infiniment au-dessus de tout ce qui est créé, le Chef suprême des Anges et des Hommes, le Fils unique de Dieu, qui est l'Auteur et la Source des Grâces et de toutes les Bénédictions. Mais ce même Sauveur du monde Jésus-Christ a pris de Vous, ô Bienheureuse Vierge, la substance de Sa chair, qu’Il a merveilleusement unie à Sa divinité ; et Jésus-Christ est Votre véritable Fruit, que Vous avez donné au monde. Plût à Dieu que ce Très-Saint Fruit de Vos chastes entrailles fut honoré, aimé et béni de tous les hommes, comme Il le mérite ; oh ! Si je pouvais toujours recevoir ce Fruit dans la Sainte Communion avec la foi, l'humilité la pureté et la préparation, avec lesquelles Vous le conçûtes, lorsque Vous répondîtes à l'Ange : « Voici la Servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon votre parole ».

Sainte Marie, Mère de Dieu
Je reconnais, que Vous êtes Sainte, et plus Sainte que tous les Hommes et les Anges, ainsi qu'il convenait, parce que Vous étiez cette Vierge choisie, qui avez porté dans Votre très-chaste Corps la Sainteté infinie même, qui s'est incarnée. C'est pourquoi je confesse aussi, que Vous êtes vraiment une Mère de Dieu ; et pour confirmer cette Vérité de foi, je suis prêt à sacrifier ma vie. Mais quoique je Vous aie honoré comme une Mère du Très-Haut, Vous êtes encore une Mère commune de tous les fidèles parce que votre Fils mourant sur la Croix Vous a donné comme telle à nous tous, par les Paroles qu’Il adressa à son Disciple bien-aimé : « Voilà votre Mère ». Là, sur le Mont du Calvaire, Vous nous avez, pour ainsi dire, enfantés d'une manière spirituelle, et Vous nous avez adoptés pour Vos enfants, faites-nous donc voir, que Vous êtes une Mère de Grâce, pleine de Bonté et de Sollicitude ; recevez-nous dans votre Cœur plein d'amour : mais principalement jetez Vos yeux miséricordieux sur moi, qui ai été si longtemps un enfant dénaturé, et ne permettez pas, que je périsse éternellement.

Priez pour nous, pauvres pécheurs
Ah ! Vierge Marie, j'avoue que ma Prière n'est pas telle qu'elle doit être ; je reconnais, qu'à cause du grand nombre de mes péchés, je ne suis pas digne d'être exaucé de Votre divin Fils, et d'obtenir ses Grâces ; c'est pourquoi, ô Mère Miséricordieuse, intercédez pour moi, priez pour moi et pour les autres pécheurs, nous qui sommes pauvres en vertus, pauvres en mérites, pauvres en grâces, et obtenez-nous une conversion prompte, vraie et constante : montrez, que Vous êtes un Refuge des pécheurs.

Maintenant et à l’heure de notre mort
Priez pour moi maintenant : Vous connaissez, ô Mère de Grâce, les péchés et les mauvaises habitudes qui me dominent, Vous connaissez les tentations, les périls et les occasions auxquelles je suis exposé. Priez pour moi maintenant, afin que j'observe les Commandements de Dieu, que je remplisse les devoirs de ma vocation et de mon état, que je pratique les véritables vertus, et que je montre en tout ma fidélité envers Dieu ; mais surtout à l’heure du trépas, lorsque l'approche de la mort m'effraiera, que le jugement prochain me jettera dans l'angoisse, et que l'enter furieux m'assaillira, alors ne m'abandonnez pas, alors assistez-moi : alors consolez, protégez et fortifiez-moi, afin que je finisse heureusement mon pèlerinage, et que j'atteigne mon dernier terme et ma fin.

Ainsi soit-il
Que tout, ô Vierge Marie ! Ce que je Vous ai présenté en esprit d'humilité, soit ainsi. Amen. Qu'il soit fait selon Votre bon Plaisir maternel ; car c'est à Vous, à Votre tendre Sollicitude et à Votre généreuse Bienveillance que je m'abandonne entièrement avec une confiance filiale. Ainsi soit-il.


Pape Pie VI (1717-1799) – « Esprit de l'oraison ou prières choisies, paraphrasées et expliqués par Pie VI ; Paraphrase et explication du « Je Vous salue Marie », p. 14-22, Chez G. Huyghe (1796).

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Voir également du Pape Pie VI :
La Prière du Pape Pie VI « Ô Notre Père qui voulez me secourir en tout »
La Prière de Sa Sainteté Pie VI « Ô Père de Miséricorde, suivant l'exemple de mon Sauveur, je pardonne aussi à tous ceux qui ne m'ont jamais offensé »
La Prière du Saint Pape Pie VI « Ô mon Dieu, fortifiez-moi sans cesse dans toutes les tentations »
La Prière paraphrasée de Saint Pie VI sur la Salutation angélique « Je Vous salue, Marie »