La Prière du Pape Urbain VIII « Essuie Tes pleurs, ô Vierge, le Ciel n'est pas toujours obscurci » :

« C'est dans les angoisses, dans les douleurs que la vertu s'épure et se révèle. Tu le sais bien, ô Marie, le Ciel veut que le fil des ans n'épargne plus au Christ l'outrage qu’Il doit subir. Hélas ! Il me semble entendre déjà le bruit des armes. En vain Il adresse des supplications au Père ; Le voilà qui languit épuisé, qui tombe par terre, qui sue de noires gouttes de sang ; voilà que s'approche la troupe ennemie. Entouré par eux, livré par un baiser perfide, insulté et bafoué, Il est garrotté en de rudes liens, et, dans l'obscurité de la nuit, Ses disciples effrayés prennent la fuite. A la nouvelle de ce funeste événement, Tu n'écoutes que Ta douleur, ô Marie, et Tu voles sur les traces de ton Fils. C'est ici qu'il Te faut une âme forte et invincible. Hélas ! Il traîne à pas lents un bois fatal ; Il va à la mort, brisé de fatigue et tout meurtri ; enfin, couronné d'épines, Il est cloué sur la Croix, ayant un larron à Sa droite et à Sa gauche. Toi, privée de consolation, Tu Le regardes en soupirant ; Tu le vois expiré et couvert de sang ; Tu Le pleures, le Visage affligé et défait, et pendant que Son corps, enlevé de la Croix, est pieusement déposé dans le Sépulcre. Essuie Tes pleurs, ô Vierge, le Ciel n'est pas toujours obscurci ; voilà que, revêtu d'un manteau lumineux, Jésus se lève de la tombe, et vient, joyeux, s'offrir à Tes regards éperdus. Bientôt Il s'éloigne et s'envole aux Cieux, d'où Il descendra en feu, Source céleste de vie, et T'affermira le cœur, puis Te consolera. Ton Amour ne peut souffrir l'absence de l'objet aimé ; l'ardeur de Tes désirs est tempérée bientôt par la divine Volonté qui T'appelle à jouir de la douce Présence de Jésus. Et voilà qu'un essaim d'anges bienheureux s'élève au Ciel en un vol rapide, au Ciel où les chœurs des Séraphins applaudissent à ce Triomphe. Là, marchant sur les étoiles, de jeunes vierges accourent au-devant de Toi ; là aussi le Fils T'apprête une pompe d'immortels honneurs, et le Père souverain Te revêt de splendeur sur un Trône royal ; là, faisant entendre une suave harmonie et élevant leurs voix sublimes, les escadrons célestes célèbrent à l'envi Tes vertus et Tes louanges, pendant que Tu goûtes la suprême Félicité ».

Ainsi soit-il.


Pape Urbain VIII (1568-1644)

Urbain-VIII.jpg

Voir également du Pape Urbain VIII :
La Prière d’Urbain VIII « Ô Mère de Dieu, qui par Ta souveraine Puissance, guéris toute maladie »
La Prière du Pape Urbain VIII à Marie « Essuie Tes pleurs, ô Vierge, le Ciel n'est pas toujours obscurci »