La Prière du Prophète-Roi « Enseignez-moi, Seigneur, à faire votre Volonté parce que Vous êtes mon Dieu » :

« Enseignez-moi, Seigneur, à faire votre Volonté parce que Vous êtes mon Dieu. Le pécheur est rebelle dès le sein de sa mère et livré au mal dans ses entrailles. Le Christ s'est rendu obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la Croix. Et nous, misérables créatures, rachetées par cette prodigieuse obéissance, nous refuserions d'obéir ! Ô Dieu ! Préservez-moi de l’orgueil aussi insensé, aussi criminel de l'ange prévaricateur et de ses complices qui répètent éternellement : « je n'obéirai point ! Non serviam ! » Que votre Grâce m'apprenne à me soumettre à Vous, et à tous ceux que Vous avez préposés sur moi ! Je suis étranger sur la terre: ne me cachez point vos Commandements. Mon âme, à toute heure, en rappelle le désir. Enseignez-moi, Seigneur, à faire votre Volonté, parce que Vous êtes mon Dieu. Celui qui cherche à se soustraire à l'obéissance se soustrait à la grâce ; et celui qui veut posséder seul quelque chose perd ce qui est à tous. Quand on ne se soumet pas volontairement et de bon cœur à son supérieur, c'est une marque que la chair n'est pas encore pleinement assujettie, mais que souvent elle murmure et se révolte. Apprenez donc à obéir avec promptitude à vos supérieurs si vous désirez dompter votre chair. Car l'ennemi du dehors est bien plus vite vaincu quand l'homme n'a pas la guerre au-dedans de soi. L'ennemi le plus terrible et le plus dangereux pour votre âme, c'est vous, lorsque vous êtes divisé en vous-même. Il faut que vous appreniez à vous mépriser sincèrement si vous voulez triompher de la chair et du sang. L'amour désordonné que vous avez encore pour vous-même, voilà ce qui vous fait craindre de vous abandonner sans réserve à la volonté des autres. Est-ce donc cependant un si grand effort que toi, poussière et néant, tu te soumettes à cause de Dieu, lorsque moi le Tout-Puissant, moi le Très-Haut, qui ai tout fait de rien, je me suis soumis humblement à l'homme à cause de toi ? Je me suis fait le plus humble et le dernier de tous afin que mon humilité t'apprît à vaincre ton orgueil. Poussière, apprends à obéir, apprends à t'humilier, terre et limon, à t'abaisser sous les pieds de tout le monde. Apprends à briser ta volonté et à ne refuser aucune dépendance. Enflamme-toi de zèle contre toi-même et ne souffre pas que le moindre orgueil vive en toi ; mais fais-toi si petit et mets-toi si bas que tout le monde puisse marcher sur toi et te fouler aux pieds comme la boue des places publiques. Fils du néant, qu'as-tu à te plaindre ? Pécheur couvert d'ignominie, qu'as-tu à répondre, quelque reproche qu'on t'adresse, toi qui as tant de fois offensé Dieu, tant de fois mérité l'enfer ? Mais ma bonté t'a épargné parce que ton âme a été précieuse devant moi; mais je ne t'ai point délaissé afin que tu connusses mon Amour et que mes bienfaits ne cessassent jamais d'être présents à ton cœur, que tu fusses toujours prêt à te soumettre, à t'humilier et à souffrir les mépris et la patience. Ainsi soit-il. »

Abbé Félicité de Lamennais (1782-1854) – « L'Imitation de Jésus-Christ » Livre 3, chapitre 13

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Voir également de Félicité de La Mennais :
La Prière du Prophète-Roi « Enseignez-moi, Seigneur, à faire votre Volonté parce que Vous êtes mon Dieu » selon l’Abbé Félicité Robert de La Mennais
La Prière de l'Abbé Félicité de Lamennais « Ô Père Protecteur, donnez-moi conseil et force pour combattre le méchant »