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La Prière du R P Denis Petau « Dieu des armées, heureux celui qui met en Vous seul toute son espérance ! » :

« Que Tes parvis sont ravissants, mon Dieu, Roi aux innombrables légions ! Auguste sanctuaire du Dominateur de l’univers, c’est vers Vous que soupire mon âme inquiète et languissante de désirs ! Mon cœur et ma chair se glorifient et tressaillent sans cesse dans le Dieu de l’immortalité. Le passereau a su trouver un asile qui suffit à ses besoins ; sous le feuillage de quelque bois, la tourterelle suspend son nid où, devenue mère, elle dépose sa tendre couvée. Pour moi, Dieu des armées, ô mon Seigneur, ô mon Dieu, tes Autels embaumés d’un parfum si doux et si pur... c’est là que je veux fixer à jamais mon séjour. Heureux ceux qui habitent tes Palais, ô grand Roi ! La, pendant des siècles sans fin, ils chanteront des hymnes à ta Gloire. Trois fois heureux l’indigent qui voit venir à lui ton Secours. Dans cette vallée de larmes qui est sa demeure, il s’élèvera peu à peu au gré de ses désirs... Le législateur les bénira, et ses bénédictions seront pour eux la source d’intarissables prospérités. Ils monteront rapidement de vertus en vertus, jusqu’au moment où viendra s’offrir à leurs regards le Dieu des dieux, dans l’enceinte sacrée des superbes murs de Sion. Seigneur, à qui seul les armées du ciel obéissent, écoute ma prière, prête-moi une oreille bienveillante. Ô Toi, le seul Dieu qu’adore la brillante postérité de Jacob, fais luire sur nous la douce sérénité de ton Regard, ou plutôt repose tes Yeux sur la face tout aimable de ton Christ... Oui, un seul jour passé dans ton Temple vaut mieux que des siècles passés loin de Toi au sein des plaisirs. J’ai choisi de vivre obscur et méprisé dans la Maison de mon Dieu, plutôt que d’habiter les somptueuses tentes de l’impie. Notre grand Bien aime la vérité ; Il aime la Miséricorde ; Il nous donnera la Grâce et la Gloire. Il ne privera pas des véritables biens l’homme qui marche dans l’innocence. Dieu des armées, heureux celui qui met en Vous seul toute son espérance ! »

Ainsi soit-il.


Révérend Père Denis Petau (1583-1652) – « Le Cœur de Jésus », Ascétisme et littérature d’après le R-P Eugène Desjardins, pages 401-403, aux éditions Julien-Lanier, 1855

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