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La Prière du R. P. Étienne Deplace « Sainte Église, c'est Toi qui m'as donné la vie » :

« Pourquoi ces vains complots, ô peuples de la terre ?
Pourquoi tant de projets divers ?
Osez-vous vous liguer pour déclarer la guerre
Au Souverain de l'univers ?
Tremblez, ennemis de sa Gloire,
Tremblez, audacieux mortels ;
Il tient dans Ses mains la Victoire,
Tombez aux pieds de ses Autels.

La Religion nous appelle,
Sachons vaincre, sachons périr ;
Un chrétien doit vivre pour Elle,
Pour Elle un chrétien doit mourir.

Longtemps, ah ! Trop longtemps plongé dans les ténèbres,
Assis à l'ombre de la mort,
L'univers, gémissant sous ses voiles funèbres,
Soupirait pour un meilleur sort ;
Jésus parait, à sa Lumière,
La nuit disparaît sans retour,
Comme on voit une ombre légère
S'enfuir devant l'astre du jour.

Pour soumettre à ses Lois tous les peuples du monde,
Il ne veut que douze pêcheurs,
Dont la main soutiendra le Royaume qu’Il fonde
Sur les débris de mille erreurs.
Nouveaux guerriers, prenez la foudre,
Allez conquérir l'univers,
Frappez, brisez, mettez en poudre
L'idole d'un monde pervers.

Les voilà, ces héros, du couchant à l'aurore ;
Leur voix, plus prompte que l'éclair,
A brisé tous ces dieux que l'univers honore
D'un culte inspiré par l'enfer.
Ouvrant les yeux à la Lumière,
Rome éclairera les mortels,
Et foulera dans la poussière
Tous ses faux dieux et leurs autels,

Implacables tyrans, votre main meurtrière
Fait couler le sang à grands flots.
Mais le sang est fécond, et du sein de la terre
S'élève un essaim de héros :
Et courbant eux-mêmes leurs têtes,
Seigneur, sous le joug de tes Lois,
Après trois siècles de tempêtes,
Les princes arborent la Croix.

Ô Cité des chrétiens, Toi dont la destinée
Est de régner sur l'univers,
De ce joug si nouveau si tu fus étonnée,
Aujourd'hui tu bénis tes fers.
La Religion triomphante,
Sur le trône de tes Césars,
Veut que les peuples qu’Elle enfante
Combattent sous tes étendards.

Sainte Église, c'est Toi qui m'as donné la vie,
Tu m'as nourri dès le berceau.
Enrichi de Tes biens, ah ! si mon cœur T'oublie
S'il ne T'aime jusqu'au tombeau,
Que jamais ma langue glacée
Ne prête de sons à ma voix,
Et que ma droite desséchée
Me punisse et venge Tes droits ! »

Ainsi soit-il.


R. P. Étienne Deplace (1785-1846) - « Recueil général de Cantiques », pages 332-334, chez Sagnier et Bray, 1848