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La Prière du R. P. Griffet « Il n'y a que Vous seul, ô mon Dieu, que je dois aimer plus que moi-même et que toutes les créatures ensemble » :

« Plus je sonde mon cœur et plus je m'aperçois qu'il est esclave de l’amour-propre, attaché aux biens sensibles et vide de votre Amour. Ô mon Dieu ! Je m'aime beaucoup moi-même, et s'il y a quelqu’objet sur la terre que j'aime plus que moi, et dont je préfère la satisfaction à la mienne, ce n'est pas à Vous, Seigneur, que j'accorde une préférence si délicate et si généreuse ; c'est à de viles créatures que Vous avez tiré du néant et qui ne sont comme moi que cendre et que poussière. C'est ainsi que mon cœur s'égare en s'éloignant sans cesse du véritable Centre de son Amour. Non, il n'y a que Vous seul, ô mon Dieu ! Que je dois aimer plus que moi-même, plus que toutes les créatures ensemble, qui n'existent que par Vous. N'êtes-Vous pas le souverain Bien et la Fin dernière ? N'êtes-Vous pas le Créateur de mon être ? Tout ce que je puis avoir au monde, ne l'ai-je pas reçu de Vous ? Tout ce que je puis désirer, ne dois-je pas l'attendre de Vous ? Tous ces objets créés qui Vous dérobent en quelque sorte l'empire de mon cœur, ne sont-ils pas l'ouvrage de Vos mains ? Seraient-ils encore sur la terre, si Votre main Toute-Puissante ne les avait fait naître, et si Elle ne daignait prolonger leurs jours, jusqu'au moment où Vous avez résolu de les appeler à Vous ? Quel est donc mon aveuglement, ô mon Dieu ? Je suis obligé de Vous aimer préférablement à tout. C'est le premier, le plus grand et le plus juste de Vos commandements, parce qu'il n'y a rien dans le ciel ni sur la terre que je puisse comparer à Vous. Est-ce pour les créatures que Vous avez formé mon cœur et que Vous l'avez rendu capable d'aimer ? Tout ce qui vient de Vous ne doit-il pas retourner à Vous ? Et ne mériterais-je pas de perdre pour toujours ces vaines et fragiles idoles, si par une indigne et injuste préférence, je leur laissais usurper dans mon cœur un empire qui Vous appartient et qui ne peut être partagé. Ah ! Seigneur, je Vous ai connu trop tard, et j'ai commencé trop tard à Vous aimer, mais il est toujours temps de se donner à Vous. Imprimez donc aujourd'hui dans mon âme, cet amour supérieur et dominant, qui doit régler et conduire toutes mes autres affections ; qu'il efface à jamais toutes celles qui pourraient Vous déplaire, qu'il triomphe, s'il le faut, de mes plus légitimes attachements, qu'il en modère les excès, et qu'il en sanctifie les motifs en les rapportant à Vous, et en les faisant servir à votre Gloire. »

Ainsi soit-il.


Révérend Père Henri Griffet (1698-1771) – « Prières chrétiennes » composées pour S.A.S. Madame la princesse de Condé, pages 28-33, Basle - J. Decker Imprimeur-libraire (1797).


Voir également du Révérend Père Henri Griffet :
La Prière du Père Griffet « Je crois Seigneur mais augmentez ma foi, suppléez à ce qui lui manque »
La Prière du R. Père Griffet « Ô Dieu Tout-Puissant, ce jour qui commence est un Don de votre Miséricorde »
La Prière du R. P. Griffet pour demander à Dieu la Grâce de connaître ses péchés et de les pleurer « Découvrez moi, Seigneur, mes fautes et mes égarements »
La Prière du R. P. Griffet « Donnez-moi, Seigneur, la science et le goût de la Prière »
La Prière du Révérend Père Griffet pour demander à Dieu la Grâce de la Foi « Je crois, Seigneur, mais ma foi est encore imparfaite »
La Prière du R. P. Griffet pour adorer Dieu « Il n'y a que Vous seul, ô mon Dieu, que je dois aimer plus que moi-même et que toutes les créatures ensemble »