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La Prière du R. P. Henri Griffet pour demander à Dieu la Grâce de la ferveur « Ô mon Dieu, allumez dans mon âme un feu divin qui ne languit jamais » :

« Se peut-il, ô mon Dieu, que je sois toujours tiède, lâche et négligeant dans Votre service ? Ne m'avez-Vous pas dit que la tiédeur Vous offense et que Vous l'avez en horreur ; n 'avez-Vous pas maudit celui qui est lâche et paresseux dans l'Œuvre du Salut ? Ne condamnez-Vous pas à d’éternelles ténèbres ce serviteur qui enfouit son talent, et qui Vous le rend tel qu'il l'a reçu, sans s'être mis en peine de le mettre à profit ? N’avez-Vous pas déclaré que Vous ne recevriez dans le Ciel que le serviteur prudent et fidèle qui travaille sans cesse et sans relâche à le faire valoir, et à le multiplier par sa diligence. Que j'ai lieu de craindre, ô mon Dieu, que Vos anathèmes ne s'adressent à moi. Qu’ai-je fait jusqu'ici de ce talent précieux, de ce désir de Vous servir et de Vous plaire que Vous avez mis dans mon cœur ? Où sont les fruits de justice et de sainteté qu'il a produit ? Quels sont les progrès que j'ai fait dans la vertu ? Ah ! Seigneur, il n'est que trop vrai, j'ai enfoui, j'ai négligé le talent que Vous m'avez donné pour le mettre en valeur. Il est demeuré stérile dans mes mains. Je me trouve toujours dans le même état de tiédeur et d’indifférence. Je retombe perpétuellement dans les mêmes fautes. Grand Dieu ! Est-ce ainsi que Vous devez être servi ? Est-ce ainsi que l'on sert les rois de la terre, qui ne sont que de faibles images de votre Divinité ? Où est donc cet esprit de ferveur qui caractérise les vrais fidèles ? Où est cette faim et cette soif de la justice qui les entraîne et qui les transporte ? Hélas ! Ils croissent tous les jours en mérite et en vertus ; leur trésor grossit et s'accumule, et le mien reste toujours au même point. Que dis-je, il diminue, il tarit insensiblement, puisqu'il n’augmente pas. Donnez-moi, ô mon Dieu, la force de sortir d'un état si funeste et si dangereux. Allumez dans mon âme un feu divin qui ne languit jamais, et qui seul peut me rendre aussi vif, aussi ardent, aussi actif dans la voie du Salut, que je l'ai toujours été dans la carrière du monde et dans le cercle frivole de ses vanités ».

Ainsi soit-il.


Révérend Père Henri Griffet (1698-1771) – « Prières chrétiennes » composées pour S.A.S. Madame la princesse de Condé, pages 48-52, Basle - J. Decker Imprimeur-libraire (1797).


Voir également du Révérend Père Henri Griffet :
- La Prière du Père Griffet « Je crois Seigneur mais augmentez ma foi, suppléez à ce qui lui manque »
- La Prière du R. Père Griffet « Ô Dieu Tout-Puissant, ce jour qui commence est un Don de votre Miséricorde »
- La Prière du R. P. Griffet pour demander à Dieu la Grâce de connaître ses péchés et de les pleurer « Découvrez moi, Seigneur, mes fautes et mes égarements »
- La Prière du R. P. Griffet « Donnez-moi, Seigneur, la science et le goût de la Prière »
- La Prière du Révérend Père Griffet pour demander à Dieu la Grâce de la Foi « Je crois, Seigneur, mais ma foi est encore imparfaite »
- La Prière du R. P. Griffet pour adorer Dieu « Il n'y a que Vous seul, ô mon Dieu, que je dois aimer plus que moi-même et que toutes les créatures ensemble »
- La Prière du R. Père Henri Griffet sur l’Espérance « Ô mon Dieu, Vous avez dit que celui qui espère en Vous ne sera point confondu »
- La Prière du R. P. Henri Griffet sur le bonheur « Où puis-je trouver, ô mon Dieu, ce bonheur pur, solide et inaltérable que je cherche en vain »
- La Prière du R. P. Henri Griffet pour un cœur nouveau « Ô mon Dieu, rendez-Vous Maître de ce cœur que Vous avez créé pour Vous »
- La Prière du Révérend Père Henri Griffet pour demander à Dieu la Grâce de la ferveur « Ô mon Dieu, allumez dans mon âme un feu divin qui ne languit jamais »