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La Prière du R. P. Jacques Biroat « Ô Dieu, nous étudions avec tant d'ardeur les mouvements des cieux, les secrets de la nature et les autres sciences humaines » :

« Ô Dieu, quel renversement de notre raison ! Nous étudions avec tant d'ardeur les mouvements des cieux, les secrets de la nature, les autres sciences humaines ; et nous ne voudrions pas avoir donné la moindre application d'esprit à la connaissance du Sauveur, à la considération de ses Mystères. Cependant ces sciences sont inutiles à notre salut et quelquefois dangereuses pour notre perte. El malheureux est l'homme, ô mon Sauveur, qui connaît toutes ces choses, si avec toutes ces lumières, il ne Vous connaît pas. Ô Dieu, quelle impression doit faire sur la foi et sur la raison des chrétiens, pour les obliger à étudier Jésus-Christ et ses Mystères, ce grand principe de la religion, que cette connaissance leur est absolument nécessaire pour leur bonheur éternel. Ô Dieu, quel crime et quel malheur d'avoir mérité cet aveuglement et de souffrir cette peine ; quel crime d'avoir ainsi offensé ce Mystère ! Quel malheur d'être privés de Sa connaissance, et de souffrir quelque image anticipée des ténèbres de l'enfer ! Ô Dieu, que cette disposition du Cœur du Sauveur est attrayante pour obliger le nôtre, non seulement à L'aimer, mais encore à obéir à son Evangile. D'un côté, elle nous doit persuader de nous fier à Sa conduite, et de nous dire à nous-mêmes ce que Saint Jérôme disait à Chromace : « Fions-nous à l’Amour de Jésus-Christ qui nous dit la Vérité », et croyons qu’Il nous dit la Vérité parce que nous sommes assurés qu’Il nous aime. Ô Dieu, quelle épouvantable fin pour un chrétien à qui Dieu avait donné de si belles espérances, qui avait tant de droits sur la Gloire, à qui Jésus-Christ l'avait acquise par son Sang, qui l'avait peut-être méritée par quelques bonnes œuvres. Ô Dieu, quel effroyable renversement ! Jésus-Christ emploie les Exemples de son Humilité pour condamner l'orgueil du monde, et l'orgueil du monde condamne les Exemples de l’Humilité du Sauveur. N'est-ce pas en même temps condamner le Mystère de son Incarnation, et comme Remède de notre superbe, et comme Exemple de notre humilité, et en dernier lieu, comme Moyen de notre grâce et de notre salut.

Ainsi soit-il.


R. P. Jacques Biroat (1600-1666) - « La condamnation du monde par le Mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu » dans la Collection intégrale et universelle des Orateurs sacrés de Jacques-Paul Migne, tome II, pages 596, 602, 610, 646, 724 et 741, aux Ateliers Catholiques, 1863