Joseph-a-Cotignac.jpg

La Prière du R. P. Jean Jacquinot « Bienheureux le corps, l’âme et le cœur de Saint Joseph ! » :

« Bienheureux le sacré corps de Joseph, le trône vivant du Verbe divin pendant sa minorité sur la terre, le carrosse de gloire de la souveraine Majesté anéantie parmi les créatures, le tabernacle mouvant de la divinité habitante avec les hommes, et l'autel animé de l’Hostie destinée au rachat de l'univers ! Bienheureuses toutes les parties de ce corps virginal, consacrées au service de Jésus et de Marie ! Heureux le sein dans lequel Jésus se vint rendre au sortir de Celui de son immaculée Mère, et où souvent Il prit son repos avec plus de plaisir que dans son berceau, pendant les jours de Son enfance ! Heureux les yeux qui virent le Désiré de toutes les nations, et le Beau des beaux par excellence, que les Anges contemplaient du plus haut de l'empyrée avec des avidités inexplicables ! Heureuses les lèvres qui baisèrent Celui dont les purs esprits n'approchent que les ailes baissées, à force de respect ! Heureuse la langue qui parla souvent à l'Homme-Dieu de qui les entretiens étaient pleins de charmes et de douceur ! Heureuses les oreilles accoutumées aux discours de la Vérité éternelle ! Heureux les bras qui enfermèrent Celui lequel tient toutes choses encloses dans le pourpris de son immensité ! Heureuses les mains qui touchèrent l’Humanité désirée, de laquelle émanaient continuellement des vertus salutaires aux corps et profitables aux âmes ! Heureux les genoux qui soutinrent la parole soutenant et conservant tous les êtres, et à qui les Séraphins tiendraient à honneur de servir de marchepied dans le Ciel. Mais surtout bienheureux le cœur de Joseph, cœur gardé d'une sûre garde, cœur appareillé à toutes les Volontés du Seigneur, cœur portant au mitan de soi la Loi de Dieu, cœur très-haut, dans lequel et par lequel le Tout-Puissant a été exalté ; cœur exempt de péché, cœur embrasé du feu de l’Amour divin dans l'ardeur des saintes contemplations, cœur identifié par affection au Cœur de Jésus et de Marie ! Heureuse encore plus que tout cela sa très-sainte âme, la plus belle que le Créateur ait jamais produite après celle de son Fils et de la Bienheureuse Vierge, âme vraiment heureuse, pour avoir été douée d'un entendement très-éclairé, d'une volonté très-incline au bien, d'une mémoire très-riche, d'un naturel très-bon et d'un esprit excellent ; mais heureuse au dernier point, pour avoir été le ciel de la grâce, le palais des vertus, et le trône de la virginité ! Heureux enfin tout ce qui fut jamais de justesse et de bonne grâce, d'adresse et de force, de douceur et de retenue, de modestie et de pudeur, en la composition extérieure de Joseph, en son port, en ses paroles et en ses mœurs. Heureux tout ce que son corps eut de beauté, son âme de sainteté et son cœur d'amour, puisqu'il servit heureusement au dessein que le Ciel avait eu de toute éternité de le rendre très-digne père du Fils et très-sage époux de la Mère de Dieu ! »

Ainsi soit-il.


R. P. Jean Jacquinot (1605-1653) – « La Gloire de Saint Joseph », pages 75-78, chez Julien Lanier & Cie, 1854